vendredi 5 novembre 2010

david ackles (1937-1999)/down river/waiting for the moving van/ 1971



à gilles tordjman/et philippe l.

... revu lola montès sur arte ...

... et si c'était l'un des rares films anti-naturalistes réussis? ... la seule définition possible du naturalisme, c'est sans doute dans ce film qui le refuse absolument, qu'on la trouve ... non?

mercredi 3 novembre 2010

A LIRE, à la date du 18 octobre 2010

SUR LA TELEVISION: ne pas oublier averty, chris carter, jean richard, david e.kelley, josy eisenberg .. ... ... c'est le moins qu'on puisse faire...

MAD MEN ou LA PRéVISION DU PASSé

réfléchir sur la musique ne sert à rien ...
(première partie)

SUR LE CINEMA (ET LA PHOTOGRAPHIE)

pour en finir une fois pour toutes avec la politique des auteurs

SUR MICKEY ONE/ET ARTHUR PENN

jeudi 28 octobre 2010

la country est douce, lyrique, si peu prétentieuse (1)... ..

écouter si l'envie est là, sinon arrêter ... arrêter le disque, arrêter la musique ... je ne connais que la country (que j'ai détestée pendant trente ans) que je puisse écouter à tout moment, même quand aucune autre musique ne réussit à passer mes oreilles

dan penn (& spooner oldham)/dark end of the street (original version)

james carr/dark end of the street (la seule vraie version, selon dan penn)

frank black/dark end of the street from (chris carter's underrrated millenium .. ... where hero's name is also ... frank black)

la country est douce, lyrique, si peu prétentieuse (2)

.. .. .. écouter si l'envie est là ... sinon arrêter ... arrêter le disque, arrêter la musique ... je ne connais que la country (que j'ai détestée pendant trente ans) que je puisse écouter à tout moment, même quand aucune autre musique ne réussit à passer mes oreilles ... la country est douce, lyrique ... même chez hoover, willie nelson, ou les autres outlaws



hoover, the first country outlaw/absolute zero (1971/2010)/unwanted outlaw (a lost song) ... ... everybody thought he was dead (with drugs and things) ... he reappeared a few months ago, something of a miracle ... a clumsy old plain miracle ... ... ... ( the lost outlaw album, featuring absolute zero, was recorded in 1971, lost in a dustbin, and reappeareed thanks to kinky friedman's sphincter records in 2002)

la country est douce, lyrique, si peu prétentieuse (3) ... ... elle peut même être noire (1)


charley pride sings hank williams' lovesick blues

stoney edwards/ hank and lefty raised my country soul/ the jimmie rodgers blues

lefty frizzell//i love you a thousand ways/i want to be with you always

hank williams/lovesick blues (thank you mr emmett miller)

jimmie rodgers/waiting for a train

mardi 19 octobre 2010

future islands/little dreamer (an english don van vliet, as you say)


please compare with the real don van vliet/white jam

http://www.musicme.com/Captain-Beefheart/albums/The-Spotlight-Kid---Clear-Spot-0075992624923.html?play=02

la country est douce, lyrique, si peu prétentieuse (4)


floyd tillman (1949)/willie nelson (2008)

floyd tillman/willie nelson & beck /drivin' nails in my coffin
floyd tillman, a great forgotten country stylist (as important as hank williams and lefty frizzell) was the greatest influence ever on willie nelson ... floyd listened to django, and invented a lazy way to sing, sort out of tempo ... willie nelson did exactly the same, including the bending of the notes, and admitted that floyd tillman was his one and only master

la country est douce, lyrique, si peu prétentieuse (5)... ... elle peut même être noire (2)


set me free/curley putman (original version)

set me free//charlie rich (best white version)/joe tex (best black version, a forgotten masterpiece)

deFord bailey, first negro on grand ole opry/pan american blues (1926/1967)

la country est douce, lyrique, si peu prétentieuse (6) ... ... elle peut même être noire (3)


hank williams/ray charles/your cheatin' heart

la country est douce, lyrique, si peu prétentieuse (7) ... ... elle peut même être noire (4)



BONUS R.I.P/SOLOMON BURKE/THE KING OF COUNTRY SOUL

i can't stop loving you (baden baden, 1987)

petit et grand gnawa/nino nino joue du gimbri (2010) / si mohammed bel hassan el sudani (1985)


nino nino s'exerce au sintir, le gimbri gnawa

le dernier des grands gnawas, si mohammed bel hassan el sudani (1985, jmaa el fna), joue kakani bulila ... .... l'autre version

lundi 18 octobre 2010

bob dylan/tangled up in blue ... ... ou le retour du white minstrel (renaldo & clara, 1974)/and dylan's version of yesterday (nashville, 1969)


bob dylan/tangled up in blue ... ... ou le retour du white minstrel (renaldo and clara, un grand film oublié, 1974)

bob dylan's version of the beatles's yesterday (17/2/69, nashville)

jean luc-godard/une femme est une femme (1961)


anna karina, la plus belle invention (avec jp léaud) de jl godard

miles davis/dark magus, live (1974)


là où jimi hendrix n'a jamais été: fureur, électricité, modernité ...

jimi hendrix's most lyrical moment/little wing (olympia, paris, 1968)


miles davis/calypso frelimo (images rares, filmées à montreux, 1973)

MAD MEN ou LA PRéVISION DU PASSé

Quelques mois avant que ne démarre Mad Men, un homme est kidnappé en public. Il s’appelle Roger Thornhill. On le connaît mieux sous son nom d’acteur, Cary Grant. Si tout le monde joue aux correspondances entre Hitchcock et Mad Men, les plus cinéphiles remarquent surtout à quel point Don Draper est le sosie calculé de Cary Grant. Tout le monde semble avoir oublié que, dans la Mort aux trousses, il joue… un publicitaire. Un Madison man comme Don Draper, un mad man. Drôle d’oubli.

Je n’arrive pas à décrocher de Mad Men. Je ne suis pas le seul, mais je dois être l’un des rares à ne pas aimer cette série tout en ne pouvant pas m’en passer. Question de fond, d’authenticité. Un personnage usé par la vie n’est pas forcément authentique. Il n’est pas forcément authentifié par sa souffrance. Dans Mad Men, les secrets de Don Draper, le long suspens qui prépare le spectateur à les recevoir un par un comme autant de délicieuses gifles d’amour, serait plutôt à verser du côté de l’effet vintage, le seul qui compte ici : aimer, souffrir, vieillir, autant d’effets d’usure du visage et du corps du héros -comme on le dit d’une vieille veste en cuir qui s’use jusqu’à acquérir cette patine qui plaît tant, cette patine vintage.

En fait, Mad Men est la première série télé qui consacre la victoire de la télévision en tant qu’art, sa victoire sur le cinéma.

La télévision a gagné, elle s’est substituée mine de rien au cinéma. Cela aura pris une vingtaine d’années, même si cette lente bataille a commencé bien plus tôt, il y a 55 ans exactement, avec les premiers épisodes noir et blanc d’Alfred Hitchcock présente.

A la télé, c’est lui le patron. Le patron dans tous les sens : la bible de Mad Men, le patron sur lequel la série est cousue, ce sont ses films ... ... ...

(A Suivre/

la totalité de cet article paraîtra en janvier 2011 dans GQ.)

PS. dans le numéro de GQ de janvier 2011, on trouvera aussi un article sur Dr House

bob dylan/i don't believe you/1966


1966: les plus belles chansons, les plus belles images (drogues, fatigue, maigreur extrême, génie mélodique, fureur poétique)

bob dylan/i don't believe you (she acts like we never have met)/original version/from another side of bob dylan (1964)/1966 version starts at 2.15

thomas feiner & anywhen/dinah and the beautiful blue


scott walker revisited/a lot of chichis ... and a lot of magic at the same time... c'est le second extrait de the opiates revised que je poste, le disque est une merveille

future islands/little dreamer

a pop version of captain beefheart's early masterpieces
please compare with the real don van vliet/white jam
http://www.musicme.com/Captain-Beefheart/albums/The-Spotlight-Kid---Clear-Spot-0075992624923.html?play=02

peggy lee/there'll be another spring


with george shearing, classic version of peggy lee's most famous composition

ever so slow ... from her last record, one of her final masterpieces

pour en finir avec la politique des auteurs

SUR LE CINEMA (ET LA PHOTOGRAPHIE)
pour en finir une fois pour toutes avec la politique des auteurs

le cinéma, contrairement à ce qu'on croit en général, tend tout entier vers l'anonymat ... c'est là son stade ultime, son lieu idéal, sa perfection ... la photo, plus encore, est l'endroit où tout doit tendre vers la transparence et l'anonymat, comme dans de vieilles cartes postales
ou des photos trouvées dans une poubelle ... de tout ça, voici la preuve en images: le plus beau du cinéma classique (ford, mizoguchi), le plus beau de la photo (helen levitt), le plus beau tout court (charlie chaplin, quelques mois avant qu'il ne devienne charlot) et un film oublié, anonyme, signé à trois (james agee, helen levitt, janice loeb), en hommage évident à walker evans et charlie chaplin ... ...
(A SUIVRE)


james agee/helen levit/janice loeb/in the street (1948)/first part

helen levitt/photographies noir et blanc .. .. et couleur

charlie chaplin's first film (1914) ... before charlot's invention

mizoguchi kenji/élégie d'osaka (1936)

john ford/judge priest (1934)

james agee/helen levitt/janice lobe/in the street (second part)

en souvenir de james agee (le meilleur critique de cinéma de l'ère classique), helen levitt, walker evans (le meilleur de la photographie), john ford, kenji mizoguchi (le meilleur du cinéma) ... et charlot (le meilleur ... )


réfléchir sur la musique ne sert à rien ... .... il suffit d'écouter, c'est tout ... ...

réfléchir sur la musique ne sert à rien ... théoriser, non plus ... suffit juste d'écouter, de comparer, d'aimer, d'apprendre au fur à à mesure des mois et des années -ça vient tout seul, remarquez- comment tout ça s'emboîte, comme ça se constitue ... ça vient tout seul, ces associations musicales, historiques, mélodiques ... ... j'ai pressenti depuis longtemps, par exemple, que si les beatles venaient en partie des everly brothers, les everly des louvin brothers, les louvin de darby & tarlton (1929/1930), celà devait vouloir dire que les beatles procédaient, d'une manière ou d'une autre, de ce fabuleux duo oublié de géorgie, darby & tarlton .... ...

au hasard, ou presque: darby & tarlton (little ola)/beatles/here comes the sun
à la différence de la photographie, du cinéma, de la télévision, autant de formes d'expression qui s'accomodent très bien d'hypothèses théoriques, de paris risqués, de contre-hypothèses (comme la critique radicale de la
politique des auteurs), la musique populaire s'échaffaude à l'écoute, disque après disque, chanson après chanson ... c'est une histoire, une généalogie, une architecture -en aucun cas une matière à théoriser ... ... ... aimer, écouter, écouter encore, de la manière la plus hasardeuse, la plus aléatoire possible ... ... laisser filer le silence ... .... réécouter: seul le plaisir, seule la sensation immédiate importent .. ...
les mélodies se suivent, se catapultent, se ressemblent: on réfléchit sans même le vouloir, on découvre des pistes sans même les chercher .... dylan a-t-il trouvé telle mélodie dans un vieux morceau de jazz de 1928, ou dans son adaptation country, presque aussi vieille?


where does bob dylan's blind willie mc tell come from?/earliest dylan's electric version (1983)/louis armstrong's st james infirmary(1928)/also check prairie lullaby jimmie rodgers' country version (1930)

... ... plus on écoute des chansons, plus les repères vacillent: blanc ou noir? blues ou country? vaudeville ou music hall? ... ... plus les repères vacillent, plus la sensation se dénude, plus on repère sans même y réfléchir toutes les erreurs répétées depuis un siècle et demi par les spécialistes (ceux qui n'ont pas, qui n'ont plus le temps d'écouter de la musique) , et plus la connaissance (acumulative, généalogique, historique ...) devient consistante, réelle ... ainsi du phénomène très étrange des black minstrels, pas seulement ces blancs du sud grimés grossièrement en noirs, mais plus étrange encore, ces noirs grimés ... en noirs ... ... ... poésie désuète, expressionisme primitif, racisme désamorcé ... où est-on? et quel rapport entre bert williams, le premier black minstrel noir dont on peut encore écouter les disques, le premier à avoir enregistré (vers 1895) ... et le jeune louis armstrong qui s'est aussi essayé à cette carricature de noir (et parfois, en même temps, de jeune et joli travesti)

bert williams (1917)/louis armstrong (1930)
ah oui, j'oubliais: écouter si ça vient ... écouter si l'envie est là ... sinon arrêter ... arrêter le disque ... arrêter la musique ...

... ou chercher ailleurs, plus loin, dans les ragas minimalistes et rauques des frères dagar, une dynastie de chanteurs qui remonte au XVème siècle ... ou dans les chants religieux d'un berbère aveugle, le très grand rais hadj omar ouahrouch ... ou dans la plus grande voix du monde arabe, celle du très regretté nazem el ghazali, encore vénéré en égypte, au koweït, en irak (son pays) ...


nazem el ghazali/les 45 dernières secondes sont inoubliables
.. .. ..
écouter si l'envie est là ... sinon arrêter ... arrêter le disque ... arrêter la musique ... je ne connais que la country (que j'ai détestée pendant plus de trente ans) que je puisse écouter à tout moment, même si aucune autre musique ne réussit à passer mes oreilles ... la country est douce, lyrique, et si peu prétentieuse ... elle est universelle, non?


blaze foley's original version of if i could only fly/merle haggard's interpretation

ne pas oublier averty, chris carter, jean richard, david e.kelley, josy eisenberg .. ... ... c'est le moins qu'on puisse faire...

la télé, ça va, ça vient... je l'aime en vrac depuis quelques dizaines d'années ... ... j'aime les séries bien sûr, mais aussi les somptueuses variétés d'averty, les feuilletons syriens, les émissions littéraires de dumayet, un james dean théâtral oublié en noir et blanc, les everly brothers en direct à la télé américaine, un matin de 1955 ... la liste pourrrait ne jamais s'arrêter ... je pense que le plus beau de la télé, c'est ce qui ne s'exporte pas ...
ce ne sont pas les séries qui sont importantes, en tout cas pas tant que ça, mais par exemple, pour la france, un génie méconnu, torturé, bafoué, humilié, oublié, comme jean-christophe averty, dont rien, même pas les variétés filmées, le merveilleusement kitsch dalida idéale,
les shows de grands crooners (montand, sablon, salvador), les directs somptueux d'antibes, les dadaïsteries ... ne s'est jamais exporté ... d'averty, hors de france, rien n'existe ... ... comme par ailleurs, la télé ne fonctionne qu'à l'oubli (c'est sa nature profonde), même en france, où on l' empêche de travailler depuis vingt ans, il n'existe plus ... ... cet homme de télé, qui vaut vingt godard, n'existe plus ... ni lui, ni ses chansons, ni son jazz, ni ses images, n'existent plus ...
à part une belle compilation de chansons d'yves montand, filmées plus classiquement qu'il n'est possible de l'imaginer par averty (une compil qui a disparu de youtube deux jours après que je l'eut collée ici -ceux qui ont regardé vite ont vu toute la beauté de ce crooner français oublié, montand, et du respect d'averty pour lui), et à part ces malicieux raisins verts que je glisse ici, en douce (et des extraits de dvd/melody nelson/dalida idéale)- à part ça, il n'y a rien, rien, rien ...


notez que chris carter, considéré à l'apparition d'
x files comme le nouveau hitchcock, a disparu du paysage télé dès l'échec de sa seconde série, millenium (une merveille méconnue de délire psychotique) ... regardez en vite fait quelques minutes du pilote pour vous en fairee une idée ... une idée avant la poubelle, avant l'oubli


ça va plus vite encore qu'au temps des chefs d'oeuvre jetables du grand cinéma classique ... .... j'ai vu mc carey à la cantine du studio, en 1964, accompagné d'un jeune
executive qui m'a dit à l'oreille: on lui laisse un bureau, il nous a quand même fait gagner beaucoup d'argent, mais il ne tournera plus jamais ... ... avoir réalisé les plus gros succès du box office (les films chantants du curé bing crosby, sans oublier elle et lui et tant d'autres merveilles) ne lui servait à rien -deux échecs, et sa carrière était finie ... ... c'est plus rapide encore à la télé, et la disparition de chris carter (assortie de l'amnésie associée à son nom: il a aussi disparu des mémoires) le prouve de manière absurde et atroce ....
jean-christophe averty, chris carter, je vous aime, je pense à vous ... ...
je pense à toi aussi, formidable jean richard, merveilleux vaudevillien français dont le corps et les jambes sont l'adn du music hall ... toi qui a égalé harry baur et pierre renoir dans la seule interprétation possible de maigret ... à moitié paralysé, tu es même devenu le seul maigret envisageable: à la fois bavard et muet, intelligent et physique, cérébral et corporel, sosie étrange et inattendu de la créature impossible de simenon ... quand il fait gris, jean richard, tu es le soleil de mes jours ... ...

je ne t'oublie pas, david, mon david e. kelley chéri ... celui qui a eu, au moins autant que chris carter, le télé-monde dans ses mains pendant plusieurs années avec des succès prodigieux en forme de feuilletons d'amour surréalistes et populaires .. ... rappelez-vous la grâce étrange des créatures d'ally mc beal, dont on s'est peut-être lassé ... sauf qu'on ne se lasse jamais tout à fait de l'amour pour des êtres difformes, inadaptés, psychotiques ... ou pour des crapauds d'un vert décidément trop vif ... rappelez vous the practice, ce pré-mad men d'une intelligence trop douce, trop fordienne pour une époque pas encore prête à tant de ciné-raffinements .. ... rappelez vous surtout des deux feuilletons bunueliens qui bouclent provisoirement un parcours sans faute: boston public (madame crochet au lycée), boston justice (star trek obèse chez les avocats) .. ... surtout ne jamais oublier que l'invention de kelley (qui suit de près celle du bochco de NYPD Blue), à savoir l'éclatement d'une série en myriades de personnages tout aussi importants les uns que les autres ... a été raflée, intellectualisée, par les petits malins de the wire à force d'effets de docu-fiction sordides ... ... mais où est passé l'enchantement kelleyien du monde? où sont passées ses fééries quotidiennes en forme de feuilletons dadas?

je n'oublie ni l'attraction désespérée qu'exerçait sur moi aujourd'hui madame, et l'amour que j'éprouvais chaque jour pour les gens qui venaient m'y parler, à moi, en direct, ni tel chef d'oeuvre oublié de lire, c'est vivre de dumayet, surtout telle émission fabuleuse de culture et d'intelligence, consacrée au gog et magog de martin buber ... et je regarde encore le dimanche matin l'émission juive, tellement raffinée, du rabbin josy eisenberg (islam, qui précède, est souvent d'une rigidité et d'une lourdeur insupportables)... .... et l'émission orthodoxe des chrétiens orientaux, tellement belle et inattendue ...
je n'oublie pas que j'ai commencé à écrire sur aujourd'hui madame ou ces émissions religieuses du dimanche matin il y a plus de trente ans dans les cahiers du cinéma où j'avais imposé qu'on parle des films à la télévision, ce qui ne s'était JAMAIS fait ... ... l'ami biette et l'ami daney, comprenant la liberté de ton qu'on gagnait à s'éloigner du cinéma/cinéma, vinrent vite m'y rejoindre ... ....
je n'oublie pas que c'est lefort (et pas daney ... comprenne qui pourra) qui m'invita à devenir pigiste à libération avec cette même chronique sur les petits formats, les émissions délaissées, inattendues, comme celle de l'après-midi ou du dimanche matin ...
jean-christophe averty, chris carter, jean richard, david e. kelley, josy eisenberg, pierre dumayet, je vous aime, je pense à vous ... ...

samedi 16 octobre 2010


johnny cash/bob dylan/i walk the line (perfect everly brothers style harmony)/johnny cash & june carter cash/it ain't me babe (dylan must have loved this sweet version, everly harmony style)

georgia tom (thomas a. dorsey)/levee bound blues/henry sims/farewell blues

by the same man who composed precious lord, a legend, a forgotten genius of hokum blues and gospel (films d'occasion productions)

by charley patton's violonist, a great forgotten swinging early blues

jeudi 14 octobre 2010

arthur penn/mickey one



le second extrait, un peu flou, est avec hurd hatfield

SUR MICKEY ONE

Arthur Penn n'aura réalisé qu'un seul bon film, et un très bon, un de ceux que l’ami Daney qualifiait de grand film malade, et qui valent des centaines de films trop bien portants, conformes à l’avance à l’idée qu’on se fait d’eux. Il s’appelle Mickey One, et il est inoubliable. Excessif, stylisé, raté, fellinien, lyrique, irrégulier, Mickey One ne se laisse pas oublier. Des années plus tard, il cogne encore à la porte de la mémoire. Par sa sublime bande-son d’abord : Eddie Sauter/Stan Getz à la musique, excusez du peu, c’est le classique et le baroque qui se conjuguent en un seul jet, un seul; on n’en revient pas. Ghislain Cloquet à la photo, autrement dit le noir et blanc immaculé d’un temps où les gris aussi, toute la gamme des gris, existaient. Un scénario qui fait intimement corps avec ses acteurs (ou l’inverse, on ne sait plus). Et tant de choses encore, indicibles. Mickey One est un appel pressant à la paranoïa, ou plutôt un appel de la paranoïa, brûlant, fiévreux, qui squatte le temps d'un film le corps d'un acteur de stand up en train de devenir fou (Warren Beatty dans son meilleur rôle). Qu’est ce qui l’agite, Mickey? Est-il vraiment poursuivi (à certains moments, on en doute) par la maffia (en la personne du mystérieux Hurt Hatfield -1918-1998-, le génial acteur du Portrait de Dorian Gray d'Albert Lewin, et surtout du Journal d'une femme de chambre, l’un des chefs d’œuvre américains de Jean Renoir).

Rarement symptômes, disons ceux de Lenny Bruce ou de Phil Spector pour aller vite, auront été aussi bien incarnés. La violence rentrée, la haine de soi, la peur de soi … tout est dans Mickey One. Est-ce vrai ? Je n’en sais rien, mais tout être humain un tant soit peu honnête (qui n’a pas trop peur de lui-même) s’y reconnaîtra.

PS. Arthur Penn a fait treize films. Oubliez les douze autres. Oubliez le Gaucher (1958), son premier long métrage torturé de tics Actor’s Studio, avec un Paul Newman médiocre et épileptique. Oubliez Miracle en Alabama (1962), mélo hyperréaliste tout aussi bourré de tics expressionistes. Oubliez la Poursuite impitoyable (1966). Oubliez le trop célèbre Bonnie and Clyde (1967), trop long clip plein de poses et de langueur. Oubliez Alice’s Restaurant (1969), avec le pitoyable Arlo Guthrie, qui si mal vieilli, Little Big Man (1970), avec le médiocre Dustin Hoffman, ou Night Moves (1975), ou Missouri Breaks (1976), ou Georgia (1981), ou encore Target (1985). Oubliez tous ces films trop théâtraux, trop travaillés, trop préparés, pour ne retenir d’Arthur Penn que cet étrange Mickey One, OVNI américain à l’allure d’expérimentation Nouvelle Vague, dont la version finale semble avoir été littéralement massacrée à sa sortie, en1965.

PS 2. Ecoutez les deux inédits d’un maître oublié du rockabilly, Billy Lee Riley, qui vient de mourir, parus chez Bear Family. C’était l’une des idoles de Dylan, qui avait repris son très actuel Reposession Blues, et qui l’avait encouragé à remonter sur scène. Ecoutez aussi le dernier Robert Wyatt, For The Ghosts Within. Sa version de What a wonderful world est une merveille absolue.

(A paraître dans Rolling Stone)

best dylan this year?/don't think twice, it's alright/(stuck inside of mobile with the) memphis blues again (orlando, 10 octobre 2010)


jeudi 7 octobre 2010

thomas feiner & anywhen/all that numbs you/lovely neurasthenic ballad, somewhere between richard hawley, bill callahan/smog and young scott walker


the opiates (2001)/remixed and re- released a the opiates revised (2008)

best beefheart blues song ever (white jam)?

http://www.musicme.com/Captain-Beefheart/albums/The-Spotlight-Kid---Clear-Spot-0075992624923.html?play=02

this here is captain beefheart's most curious, raw and authentic blues song, a hidden treasure, buried in the spotlight kid ...
it's called white jam and it's like the very first blues ever recorded
.... a sweet conventional pop song at first, suddenly moving into archaic falsetto/blues territory ... this sweet, under-rated song is packed full of wonderful imagery ... you have to realise that "white jam" means semen (english word for "sperme"), and then it all somewhat falls into place .... now, try and work out what "flowers and yams" are .... (this is the only way to listen to the song/i made a clip/youtube refused it)

original stack'o lee blues/long "cleve" reed & harvey hull (1927, chicago)/beefheart before beefheart ... rock and roll before rock and roll

mardi 5 octobre 2010

best dylan this year?/cold irons bound/to ramona, august 14, 2010/jackson/wyoming




hollis brown/ballad of a thin man (august 21, monterey)/also check other jackson/wyoming great songs, kansas city, bumbershoot, carcassonne ...

best dylan this year? ain't talkin'/lyon/20 juin 2010

phosphorescent sings bob dylan (tomorrow is a long time)/copenhague, 20 septembre 2010


matthew houck: tant de musicalité, toute simple, dans la voix ....

tomorrow is a long time, v.o de dylan (décembre 1962/witmark demos)/version de presley, 1967, la préférée de dylan ... on peut éventuellement écouter sur youtube la "jolie" version de nick drake ...

vendredi 1 octobre 2010

sweet story of a song: charley patton/moon going down (1930)/howlin' wolf/crying at daybreak (1950)/butch cage/c. edwards/smokestack lightnin'(1960)



charley patton sang and composed it first/howlin' wolf adapted it twice (this is the first version)/but i believe the more recent sixties version by butch cage and clarence edwards to be in fact ... the older one, the first one, the dancing hypnotic string band archaic original version

and now, here's ice cream for crows
.... captain beefheart's ultimate 1982 version of charley patton/howlin' wolf/butch cage/clarence edwards' kind of archaic jumping and dancing blues

le dernier des grands gnouas: si mohammed bel hassan el sudani (jma el fnaa, 1982)

... suite de la petite histoire du blues qui précède: si mohammed/1982 est évidemment plus proche de charley patton/1930 que de howlin' wolf/1950, butch cage-clarence edwards/1960, ou encore captain beefheart/1982 ...

cette musique est celle d'un maître, un vrai .... cet enregistrement très rare est un trésor pour l'humanité ... si mohammed a eu deux maîtres, houate et klimba .... ils sont morts au milieu des années 50 .... aucun n'a été enregistré ... baqbou a tout appris d'el ayachi, qui a été l'élève de si mohammed ....je raconterai un jour son histoire ... pour la seconde fois

al green/eli's game (1972): sweet masterpiece in strange falsetto funk style, curtis mayfied's way



when john ford goes vaudeville, playin' black and white minstrel with stepin fetchit and will rogers in the sweet and lazy "judge priest"(1934)



la seule chose qui compte, c'est l'art de la paresse et du vaudeville (ou comment pêcher un gros poisson-chat plutôt que condamner un noir dégingandé qui parle comme le blackface emmett miller)

john ford talks about his best film, steamboat 'round the bend (1935, with the great will rogers)


écouter les grimaces, les silences, les emportements d'une autre époque du vieux john ford (ce qui reste du cinéma quand il ne reste rien, ce sont les trois films -doctor bull (1933), judge priest (1934), steamboat 'round the bend (1935)- qu'il tourna avec will rogers)

mardi 28 septembre 2010

bert williams (1919)/sweet original black minstrel (a black man ... disguised as a black man)


c'est un terrible et fabuleux anachronisme: depuis que le label "archeophone" a ressorti les disques de bert williams (les premiers datent de 1901), avec un extraordinaire travail de restauration sonore des cylindres originaux, on sait enfin comment sonnait le premier black minstrel enregistré: charmant, désuet, poignant ... plus insituable qu'emmett miller, ce petit blanc de géorgie grimé en noir, véritable inventeur (avec sa version originale de lovesick blues copiée par hank williams) de la country music et du rock originel, le style archaïque de bert williams, un noir grimé en noir, représente la préhistoire des blackface ... il faudra des années pour se faire à cette musique oubliée, pour que nos oreilles se fassent à elle ... on s'y met ... doucement ... doucement ...

emmett miller/he's a blues singer from alabama/jimmie rodgers/blue yodel n° 1/ sweet black and white original country music


skip james/devil got my woman (1966, howlin' wolf is listening, then leaves impatiently)/sweetest of sweet blues (filmed in newport by alan lomax)


angry howlin' wolf explains what the blues is to angry and drunk son house, then he sings meet me at the bottom/son house explains what the blues is, then he sings levee camp blues (1966)

the sweetest of all delicate crooners:ukulele ike (cliff edwards)/oh honey, it's so funny (1935)

al bowlly/melancholy baby (1930)/sweet british prince of crooners from greece and lebanon


al bowlly was born in 1899 in lourenço marques, in the then portuguese colony of mozambique, to greek and lebanese parents who met en route to australia and moved to south africa ... he was brought up in johannesburg .... his success was mainly in great britain, where he was killed by a parachute mine in 1941

lee morse/a million me's (1930)/sweet mixture of styles (ballad, jazz, yodel, country, torch, screen queen) for a sweet new re-definition of music


lee morse (1897_1954) was a beautiful woman who invented a whole new bizarre style ... she did wonders on screen and in vaudeville ... her only problem was that she drank too much ... it ruined her life and her career

sweet arthur "big boy" crudup/that's alright mama/sweet "harmonica" frank floyd (three songs from german tv)/the real birth of rock and roll


charlie rich/renée (sweet forgotten country soul ballad by the silver fox)/films d'occasion production

hoover/absolute zero/sweet forgotten country rebel


sweet forgotten country genius, the very first real outlaw, recorded around 1950/first real punk of country music (thanks to kinky friedman's sphincter records who re-released this lost treasure)/films d'occasion production

darby and tarlton/sweet white blues, sweet harmony, sweet slide guitar, sweet yodel


travelin' along/little ola (1929/1930)/films d'occasion production... ... great harmony, fabulous yodel ..... they influenced everybody, from the louvin brothers to the everly brothers, the beatles, and bob dylan too

lundi 13 septembre 2010

bob dylan + billie holiday = karen dalton


"my favorite singer in the place was karen dalton... ... karen had a voice like billie holiday and played guitar like jimmy reed... i sang with her a couple of times." (bob dylan)

bob dylan/strange, mysterious, almost mystical variations on lay, lady, lay

the good ones/invura yaranka geyi (out on "dead oceans", november 9, 2010)


le disque s'appelle kigali y'izahabu, c'est une merveille de blues ethnique réellement lo fi, produite par ian brennan, à paraître début novembre ...

revu la fin de deux hommes dans manhattan à la télé

... c'est d'une étrangeté sidérante, de l'anti-melville à peine contrôlé, une mixture de polar amateur, pré-rohmer, post-huston, avec des ombres ahuries et des cernes noircies échappées de nosferatu qui passent sur le visage de l'acteur melville ...

... à y réfléchir un peu (disons deux ou trois jours, aucun cinéaste ne mérite plus), il faudrait dire que melville est le premier des grands maniéristes (avec michael powell, évidemment)..... que ce soit à travers l'amateurisme pré-nouvelle vague de deux hommes dans manhattan ou dans le professionalisme glaçant du cercle rouge, tout est sujet à faire des citations, du pastiche (comme chez godard), et surtout des manières ... .... c'est celà, et rien d'autre qui rend melville si sinistrement contemporain .... .... il faudrait en dire plus sur le maniérisme, qui a contaminé l'ensemble du cinéma depuis une vingtaine d'années, et qui se glissait déjà, mine de rien chez les grands classiques (hawks/rio bravo, hitchcock/marnie, ford/la prisonnière du désert, il y a un demi-siècle), mais ça me fatigue d'avance ... .... ... .... ceci dit, j'aime toujours beaucoup certains films de melville, et avant tout son tout dernier, un flic, le plus mortellement pastel, le plus mortel aussi.

" invraisemblable ou pas, crois-moi, c'est la vérité -et il n'y en a pas deux ..."