dimanche 15 novembre 2009

le secret de dylan, ce modernisme primitif, archaïque, qui n'appartient qu'à lui, tient en trois disques: another side of bob dylan (1964), good as i been to you (1992), "love and theft" (2001)
aucun bon disque dans les années 70/80 à part blood on the tracks, dylan a perdu son chemin .... il le retrouve l'été 1992, avec un disque étrange, minimal, lo fi, enregistré dans son garage, good as i been to you: rien que des reprises accoustiques de vieux blues ou de vieilles rengaines vaguement country ... quelques semaines plus tôt dylan enregistrait avec son vieux copain david bromberg des sessions inédites qui émergent peu à peu et qui devaient faire partie de ce disque .... trop bizarre, il les met de côté .... rappelez-vous, dylan vient d'avoir 50 ans, il invente en douce, dans son coin, un merveilleux folk celtique et arabisant inédit
seems like dylan is inventing a kind of new music here, between early jazz and some strange sydbarretian folk rock, it's a speedy blind willie mc tell to me, a masterpiece in modern archaic music

bob dylan/polly vaughan (david bromberg sessions, 1992)
une autre superbe chanson des mêmes sessions, écrite par david bromberg

bob dylan/catskills serenade (david bromberg sessions, 1992)

samedi 14 novembre 2009

20h/ciné 104, pantin: l'escalier de la haine (1982), le retour des cinéphiles (2008)/j'y serai

dimanche 1 novembre 2009

howlin' wolf reproche à son house de préférer le whisky au blues....

.... puis il chante "down in the bottom" ...

... puis skip james chante devil got my woman, pendant que howlin' wolf s'abime dans l'écoute dépressive de skip james

samedi 17 octobre 2009

bob neuwirth 2009: entre willie nelson, neil young .... ....   et bob dylan

bob neuwirth & the forest rangers/the place i can't afford to go (2009)
un canari, deux canaris

jamais tu ne nous quitteras, petit canari

mildred bailey & ellis larkins/can't we be friends? (1947, new york)
you started something (1947, new york)

mercredi 14 octobre 2009

des nouvelles de giant sand: toujours le désert, les stones, le velvet ...

howe gelbe/napoli (2005)

howe gelb/wild frontier (2007)/increment of love (2008)

jeudi 1 octobre 2009


i don't want to miss mississipi (1946, ellis larkins, piano) ... la chanson de mildred bailey que je préfère

et ... don't take your love from me (1940), la chanson de mildred bailey qu'elle préférait

bob dylan/positively van gogh (version complète) bob dylan/positively van gogh (1966/denver tapes, version complète) When I'd ask why the painting was deadly Nobody could pick up my sign 'Cept for the cook, she was always friendly But she'd only ask, "What's on your mind?" She'd say that especially when it was raining I'd say "Oh, I don't know" But then she'd press and I'd say, "You see that painting? Do you think it's been done by Van Gogh?" The cook she said call her Maria She'd always point for the same boy to come forth Saying, "He trades cattle, it's his own idea And he also makes trips to the north. Have you ever seen his naked calf bleed?" I'd say, "Oh no, why does it show?" And she'd whisper in my ear that he's a half breed And I'd say, "Fine, but can he paint like Van Gogh?" I can't remember his name he never gave it But I always figured he could go home Til when he'd gave me his card and said, "Save it" I could see by his eyes he was alone. (? I could understand ?) how his four leaf clover Drawn on his calling card showed That it was given back to him a-many times over And it most definitely was not done by Van Gogh. (It was either she or maid?) just to please me Though I sensed she could not understand And she made a thing out of it by saying, "Go easy He's a straight, but he's a very crooked-straight man." And I'd say, "Does the girl in the calendar doubt it? And by the way is it Marilyn Monroe?" But she'd just [speak?] softly and say, "Why you wanna know about it?" And I'd say, "I was just wondering if she ever sat for Van Gogh?" It was either her or the straight man who introduced me To Jeanette, Camilla's friend Who later on falsely accused me of stealing her locket and pen When I said "I don't have the locket" She said "You steal pictures of everybody's mother I know" And I said "There's no locket No picture of any mother I would pocket Unless it's been done by Van Gogh."
le dernier spectateur
1. dire d'abord que j'ai eu tort de regretter trop longtemps ces salles de cinéma hautes en couleur de mon enfance, où les spectateurs se disputaient, souvent bruyamment, à longueur de séances... ... .... je croyais que ce qui avait disparu du cinéma, c'était ce côté hétéroclite, mélangé socialement, du public.... ..... j'avais évidemment tort, le cinéma -art populaire, art d'usine- n'a jamais été fréquenté que par les pauvres gens, il était méprisé par les intellectuels et les bourgeois.... ... ... ... c'est ce cinéma que j'aimais, c'est ce cinéma que j'aime encore.
2. dire ensuite (c'est important) qu'après une courte période intermédiaire où le populo et l'intello se sont mélangés dans les salles, le cinéma a fini par ne plus être fréquenté que par ceux qui ont les moyens de se l'offrir, les bourgeois, les petit-bourgeois surtout, ceux qui savent parler des films ... parler et parler encore, sur le trottoir ou la feuille blanche, mais qui ne savent plus se prendre pour les personnages (toi morgan, moi gabin, moi tarzan, toi jane), qui ne savent plus s'identifier aux héros, qui ne savent plus "vivre les films"...

blossom dearie/old tyme movie love affair (films d'occasion prod)
3. dire aussi qu'une fois le spectateur populaire disparu, il ne restait plus au cinéma en tant qu'art d'usine à s'effacer... s'effacer sur la pointe des pieds... celà fait trente ans ou quarante qu'il s'y efforce ...
4. insister sur une chose qu'on a trop tendance à oublier: les spectateurs font les films, ils les défont aussi ... à force de s'être absentés des salles, ils ont conduit le cinéma en tant qu'art d'usine ... à s'absenter de lui-même
5. ... ... .... c'est l'une des raisons pour lesquelles, sans doute, mon désir de faire des films a presque totalement disparu ... pour qui filmer? ... pour qui?
PS. mon ami patrice kirchhofer, cinéaste expérimental qui bricole depuis toujours dans sa cuisine des films pour personne, n 'a pas ce problème ... l'abrutissement du spectateur, son absence, ou même sa mort avérée, ne l'affectent pas ... celà ne modifie en rien son désir de filmer... je l'envie énormément ...
le nouveau dylan, 15 chansons de noël ... très kitsch
span class="Apple-style-span" style=" font-weight: bold; font-family:Arial;font-size:19px;">bob neuwirth/i don't think of her at all: plus de treize ans avant dylan, son faux frère le précède dans l'accordéon valse/blues ....
deux ou trois choses que je sais sur bert williams ...
... né aux antilles en 1874, arrivé à new york à l'âge dix ans (il y meurt en 1922), le grand black minstrel NOIR bert williams a été une très grande vedette du vaudeville (sous le chapiteau, à broadway, mais aussi au cinéma)... ... .... w c fields, qui l'adorait, disait de lui qu'il était "l'homme le plus drôle qu'il ait jamais vu de sa vie ... ... mais aussi le plus triste." ... écouter "nobody", c'est constater que son style est étrangement plus proche des premiers crooners blancs, qui l'ont suivi (comme bing crosby) que du style nègre si bien imité par emmett miller, le grand black minstrel BLANC ....

bert williams/orginal version of "nobody" (1913)

bing crosby singing bert williams' early hit, "nobody", in an early thirties philco radio time program ... song starts only at 3.21, after the minstrel jokes (told with al jolson)
PS. j'ai mis longtemps à me faire à la drôle de voix trafiquée d'emmett miller, à son yodel hurleur pré-howling wolf, à sa voix sous influence georgienne d'extraterrestre déguisé en nègre,

emmett miller/i ain't got nobody (films d'occasion productions)
.. ... à ce son étrange, à ces jazzmen déplacés (emmett miller devait sonner bien plus "country" en vérité)....
je mettrais bien plus longtemps, des années sans doute, à me faire à l'art inédit, oublié, de bert williams, ce noir grimmé en noir... .... à noter que pour bert williams, il y a trois cd indispensables sous label archeophone, des savants fous doublés de mélomanes qui ont su restituer avec amour le son ... des cylindres ... certaines chansons qu'on n'avait plus écoutés depuis 1900 ....
ne pas oublier que la musique, pour moi, ce sont les disques, et rien d'autre .... .
avec archeophone, la bibliothèque sonore a reculé d'un coup, d'un seul, de vingt ans...
mais pour "entendre" ces disques, il faut du temps ... on n'écoute pas impunément, en quelques secondes, vingt ans de musique inédites à nos oreilles ... c'est de la sf ... c'est très étrange, vraiment très étrange ...
celà fait 2/3 ans que j'écoute bert williams, et je commence à peine à habituer mes oreilles (formatées pour reconnaître des musiques seulement à partir de 1927), à ces chansons étrangement désuètes de bert williams, des chansons de 1905 ou 1907 (sans compter les autres rééditions d'archeophone, qui commencent à vers.... 1885, ou quelque chose comme ça): on est là dans un monde ancien, oublié, inécouté, radicalement nouveau, définitivement incompréhensible et sans doute pour toujours travesti à nos oreilles...
bob dylan & the band/i'm in the mood for love (basement tapes, 1967)
il y a 40 ans, dylan faisait plus beau et plus kitsch que son disque de noël, dont les premiers titres sur youtube sont décourageants

bob dylan/belle isle (self portrait, 1969)
bill evans corner

lucy reed & bill evans/inchworm (1955/films d'occasion)

bill evans & monica zetterlund/some other time (1965)
blossom dearie/once upon a summertime/1966 (films d'occasion production)
sea of love/original doo wop version (phil phillips) and original reggae version (the heptones)
mildred bailey et ellis larkins/i'll close my eyes (version trio, version orchestre, 1947)
ce qui monte doit descendre/irrésistible ethel waters ...

ethel waters/what goes up must come down (new york, 27 mars 1939)
bob dylan/billy 4 (deux prises alternatives enregistrées à mexico)

" invraisemblable ou pas, crois-moi, c'est la vérité -et il n'y en a pas deux ..."