mercredi 18 mai 2011

ballad of a thin man


from the same fabulous dresden concert, may 24, 2000

dis-moi que je rêve, maman ....

"quand j'ai vu dsk à la télévision devant le juge, humilié, à la dérive, je me suis dit: "ça, c'est une leçon de cinéma." ..... la vie est plus forte que la fiction ..." alain cavalier, le figaro, 19 mai 2011
.... ..... preuve qu'on peut être le plus intelligent, le plus fin des cinéastes, et se tromper sur le rapport du réel au cinéma .... dsk à la télé, c'est la preuve que c'est au contraire la fiction qui est plus forte que la vie .... ..... et qu'elle ne fait que signer depuis la destruction des twin towers il y a dix ans, le retour d'une cinéphilie aberrante, compulsive, addictive .... on veut voir et revoir l'homme humilié, les centrales nucléaires explosées, les tours en feu, perdre tout sens du réel, s'abimer une bonne fois pour toutes dans l'aveuglement cinéphile des images ...
personne n'échappe à la cinéphilisation du réel, personne .... ..... il faudrait être un saint (ou un aveugle) pour y échapper.... personne ne peut se passer de la drogue répétitive du réel lyophilisé, de ses boucles hypnotiques, de la lyophilisation cinéphile des images télé ....
la fiction est un cauchemar dont on ne se réveille pas ....
dis-moi que je rêve, maman, dis-moi que je rêve ....

dis-moi que je rêve, maman (2) ....

il est bien évident que l'idée de société du spectacle, aussi simpliste soit-elle, est maintenant dans le domaine public ...
.... celle de cinéphilisation du monde, que je réintroduis ici, dix ans après sa première apparition, est-elle si abstraite que personne ne trouve à y objecter ou à y redire?
.... ou mes neurones, à l'approche dylanienne de mes 70 ans, sont-ils singulièrement explosés?

(ou suffit-il de répéter une dernière fois à la face du monde la prophétie de mac luhan, datée 1964: the medium is the message/le message, c'est le medium?)
".....en réalité et en pratique, le vrai message, c'est le médium lui-même, c'est-à-dire, tout simplement, que les effets d'un médium sur l'individu ou sur la société dépendent du changement d'échelle que produit chaque nouvelle technologie, chaque prolongement de nous-mêmes, dans notre vie.
marshall mc luhan

bootsy's basic funk formula

cannes, vu de loin

comme chaque année je me saoule d'images cannoises sur toutes les chaînes télé .... à quoi ça me sert, direz-vous, moi qui ai le cinéma en horreur?
à rien ... à souffrir ... à m'éloigner encore plus de ce cinéma dont je suis déjà si loin ... à réfléchir dans la douleur?
deux ou trois remarques pour 2011: aucun film ne m'intéresse, ils ont pour seule habileté d'être plus intelligents -pas difficile- que ceux qui écrivent sur eux ... depuis 20 ans qu'ils s'y préparent, les cinéastes savent enfin parler 1000 fois mieux de leurs films que les critiques ...
les films sont livrés avec leur mode d'emploi ... plus de place pour le spectateur, plus de place pour le rêve, plus de place pour le cinéma ....

dégoût de la télévision


toute émotion m'a toujours été familière ....en même temps, toute émotion m'est suspecte .... pourquoi faire se rencontrer l'enfant aux cheveux verts, un losey brechtien de 1948, et le dégoût grandissant devant cette télévision/dsk que je ne peux pas me résoudre à ne pas regarder? ... disons que c'est ma cinéphilie à moi qui tourne en boucle, nauséabonde et fiévreuse ... ou quelque chose comme ça...

bill callahan 2007

hey man, bob dylan will be 70 next tuesday, may 24 ....

"you must be kidding, man .... that's the most depressing thing i've ever heard ..."

After a concert in March 1966, on board a private plane in Lincoln, Nebraska, bound for Denver, the singer told critic Robert Shelton: "I kicked a heroin habit in New York City. I got very, very strung out for a while, I mean really, very strung out. And I kicked the habit."
It has long been conjectured that Dylan suffered from a drug problem in the mid-60s, but the rumours have never previously been substantiated. "Death to me is nothing as long as I can die fast," he told Shelton. "Many times I've known I could have been able to die fast, and I could have easily gone over and done it.
"I'll admit to having this suicidal thing ... but I came through this time."
GUARDIAN, may 23, 2011

dylan/mingus


bob dylan/masters of war (from fabulous dresden concert, may 24, 2000)

fables of faubus (1960)/charles mingus, eric dolphy, ted curson, danny richmond

lundi 16 mai 2011

cannes vu de loin (2)

j'ai lu ce qu'eric neuhoff a écrit sur les dardenne dans le figaro d'aujourd'hui, je n'avais pas mangé, j'ai pourtant tout vomi ... je l'avais vu au club avec beigbeder, il ressemble de plus en plus à un mussolini qui aurait perdu toute sa graisse ... même maigre, ce petit fasciste de salon n'exprime que la haine et le mépris ... je l'aimais mieux quand il travaillait au figaro madame ... ça lui allait tellement bien ...

samedi 14 mai 2011

bukka white/howlin' wolf


bukka white laughs and sings his old rap/blues, howlin' wolf encourages him, alan lomax films the whole thing in a fake juke joint around newport ... (1966)

entre sylvia scarlett et yentl


entre cukor et singer/streisand, la jeune molly picon se déguise et chante en yiddish (joseph green, pologne/USA, 1936)

samedi 7 mai 2011

molly picon 1936


molly picon (מאָלי פּיקאָן; february 28, 1898 – april 6, 1992) was the most famous yiddish speaking actress ... on a very old photograph, taken before i was born, my mother looks somewhat like her ... on an even older photograph my father looks like gary cooper in a fritz lang thriller ... what a couple that would be: molly picon and gary cooper, speaking and kissing in yiddish ...

i'm always chasing rainbows


mandy patinkin/harry nillson (& gordon jenkins)...these two beautiful men have more judy garland in themselves than judy ever had ...

april in taïwan


sugar baby/old time minstrel lovely slow version

dimanche 1 mai 2011

Isaac Bashevis Singer/Bob Dylan, une histoire d’amour

Quel rapport entre Isaac Bashevis Singer et Bob Dylan? Le premier a eu le prix Nobel, le second a failli l’avoir, c’est ça ? Ah non, pas du tout. C’est plus simple et plus tordu à la fois. Disons qu’ils occupent ma tête à plein temps, et en même temps. Il n’y a de place pour rien d’autre. Je lis et relis les nouvelles de Singer, surtout celles qui se passent au lendemain de la guerre dans les cafeterias des quartiers juifs de New York, où on ne parle que le yiddish, un invraisemblable yiddish mélangé de polonais et d’américain; en même temps, je ne cesse d’écouter et de réécouter les fabuleux concerts piratés de Dylan, surtout ceux de l’année 2000, merveilles inaccessibles dont la seule clé d’entrée sur youtube s’appelle aujourd’hui hollis1960 (dépechez vous d’aller y voir avant que le web sheriff de Sony/youtube en interdise l’accès, ce qui ne saurait tarder …). Pour le moment, il m’est impossible de penser à Dylan sans penser à Singer, ou de lire Singer sans entendre l’impossible voix nasale de Dylan.
Savoir que Dylan est né juif dans un patelin perdu des montagnes du Minnesota ne me sert pas à grand chose. Outre qu’il n’a pas eu d’éducation religieuse, il s’est publiquement converti au christianisme, et a même été chanter pour le pape, ce qui ferait ricaner Isaac Singer, qui se moque souvent dans ses textes des juifs polonais convertis, mais ni l’époque, ni le pays (la Pologne sous les nazis) n’ont grand chose à voir avec l’Amérique d’aujourd’hui. Je pourrais ne pas finir mon histoire et me contenter de penser qu’ils m’occupent la tête en même temps, un point c’est tout. Mais ce n’est pas suffisant pour l’obsessionnel que je suis. Il doit bien y avoir autre chose. En lisant encore, en écoutant davantage, je crois que j’ai trouvé : dans la musique des mots d’Isaac Bashevis Singer, dans celle du converti Dylan, quelque chose d’identique passe quand même. Pour Singer, c’est évident, c’est la mixture du yiddish et de l’anglais qui a une magie simple et pittoresque à la fois, un truc que n’importe qui peut comprendre. A écouter le Dylan de 2000, surtout celui du concert du 25 septembre à Portsmouth, on est bien obligé de constater que ce sont des larmes juives qui sortent de sa bouche. Des hoquets, des gémissements, des frémissements. Allez directement écouter sa version de Frankie Lee and Judas Priest de Portsmouth, on dirait qu’un diable, un lutin (un dibbuk, dans la langue de Singer) a pris possession de son corps.
frankie lee and judas priest (portsmouth, 25 septembre 2000)
PS. Si ces histoires juives un peu tarabiscotées vous passent par dessus la tête, et si vous préférez les histoires de crooners, de vrais crooners, procurez vous au plus vite New in Town/Glad to be There (GAMBIT/distribution Socadisc), qui réunit en un seul cd les deux somptueux albums qu’Ed Townsend a enregistré en 1960 avec l’un des meilleurs arrangeurs de Sinatra, Nelson Riddle. Tout y est, cordes, volupté, économie, standards susurrés …. Sans oublier l’essentiel: une voix à faire chavirer les filles, ou les garçons qui n’ont pas perdu leur cœur de fille. Un détail, qui compte : Ed Townsend était noir.

zelig & czarna

ten years before he died, here's what isaac singer had to say: "at its best, art can be nothing more than a means of forgetting the human disaster for a while ...
i am still working hard to make this "while" worthwile" ( july 6, 1981)
isaac bashevis singer venait de la même voïvodie, la même province de pologne que celle de mes parents, nés à peu près en même temps que lui (mais morts beaucoup plus tôt) ... le plus important, c'est qu'ils parlaient le même yiddish, ils le parlaient avec le même accent ... je me dis que zelig et czarna devaient avoir les mêmes souvenirs que lui ... mêmes souvenirs, mêmes histoires, mêmes odeurs, même yiddish ... je me souviens que la machine à coudre de mon père, à paris, était une singer ... ce petit bonhomme là parle pour eux, qui ont si peu parlé ...
(je me lasse pas de voir et de revoir ce petit film, d'écouter l'accent rusé, criard, fatigué, d'isaac singer, et je ris à chaque fois tout haut de ses réponses aux journalistes, des réponses qui rendraient les plus savoureux dialogues de woody allen d'une lourdeur de béton armé)

jeudi 28 avril 2011

hank williams revisited


house of gold .... a great hank willams religious song, two lovely and very different versions: bob dylan's rare 1989 interpretation, and the secret sisters' recent one

" invraisemblable ou pas, crois-moi, c'est la vérité -et il n'y en a pas deux ..."