jeudi 14 mai 2015

dylan, 29 avril 2015, autumn leaves/les feuilles mortes


LOUIS SKORECKI'S LE JUIF DE LASCAUX, (2013-2015), bande annonce (1)


musique: whispering jack smith

i love john ford


vu la première moitié de wagonmaster et la première moitié de pauline à la plage... le ford est évidemment un chef-d’œuvre sans doute l'un des plus films les plus curieux au monde (Eisenstein l'adorait) - et ce qui ne gâche rien, c'est le pilote de l'une des plus belles séries des temps héroïques du début de la télé, wagon train... le rohmer aussi est magnifique, langoureux, distingué, vulgaire, un vrai film de fille... tout comme la collectionneuse qui passait juste après, ce film sublime dont un ami disait que c'était l'histoire de deux pré-bobos dandys qui passaient leur temps à renifler le cul d'une fille, un boudin surexcité/surexcitant aux allures de légume, qui répondait au nom improbable d'haydée politoff ... ces deux rohmer teenage , je les adore ...

sugar baby, the very last great dylan song (2002)

I've got my back to the sun '/cause the light is too intense
I can see what everybody in the world is up against
Can't turn back/ you can't come back/ sometimes we push too far
One day you'll open your eyes and you'll see where we are
Sugar baby get on down the road/ you ain't got no brains nohow
You went years without me/ might as well keep goin' now
Some of these bootleggers/ they make pretty good stuff
Plenty of places to hide things here/ if you want to hide them bad enough
I'm staying with Aunt Sally/ but you know she not really my aunt
Some of these memories/ you can learn to live with and some of'em you can't
Sugar baby get on down the line/ you ain't got no brains nohow
You went years without me/ might as well keep goin' now
The ladies down in Darktown/ they're doin' the Darktown strut
Y'always got to be prepared/ but you never know for what
There ain't no limit to the amount of trouble women bring
Love is pleasing/ love is teasing/ love not an evil thing
Sugar baby get on down the road/ you ain't got no brains nohow
You went years without me/ might as well keep goin' now
Every moment of existence/ seems like some dirty trick
Happiness can come suddenly/ and leave just as quick
Any minute of the day/ the bubble can burst
Try to make things better/ for someone sometimes
you just end up makin' it thousand times worse
Sugar baby get on down the road/ you ain't got no brains nohow
You went years without me/ might as well keep goin' now
Your charms have broken many a heart/ and mine is surely one
You got a way of tearin' the world apart/ love, see what you've done
Just as sure as we're livin'/ just as sure as you're born
Look up, look up/ seek your maker/ for Gabriel blows his horn
Sugar baby, get on down the line/ you ain't got no sense nohow
You went years without me/ might as well keep goin' now
(from "love and theft", 2002)

bob dylan as jean renoir's creature?




dans son film sublime pour la télévision (le testament du dr cordelier), jean renoir donne à bob dylan, plusieurs dizaines d'années plus tard, l'occasion de mettre ses pas dans ceux de hyde/jean-louis barrault ....

samedi 7 mars 2015

skorecki 1982/ l'escalier de la haine (le rat conteur) //// c'est la toute première version filmée, le brouillon primitif du JUIF DE LASCAUX

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eugénie de franval (1973-1974)


il semblerait que la cinémathèque, en l'occurence serge toubiana lui-même, se soit engagé à tirer une copie "restaurée" de ce film (le brouillon du JUIF DE LASCAUX, trente ans plus tôt)qu'on ne peut plus projeter nulle part (il faut un projecteur double bande, ou pire encore, un appareil qui lise le 16mm/magnétique couché)

LOUIS SKORECKI'S LE JUIF DE LASCAUX, (2013-2015), bande annonce (2)


la musique est celle du film: i woke up one morning in may, l'un des deux seuls titres enregistrés par le cajun de la louisianne, didier hébert, le 10 décembre 1929, à la nouvelle orléans ....

le juif de lascaux (première version du premier scénario (1991-2005)

1.
Lascaux n'était pas son vrai nom. D'abord, c'était DE Lascaux, Juif de Lascaux exactement. Drôle de nom,drôle de rencontre. Rencontre avec qui, d'abord? Avec moi évidemment. Pourquoi "évidemment"? Parce que.
Dire que ma vie fut changée par cette rencontre est un euphémisme. Depuis que je connais Juif de Lascaux, je ne suis plus le même. Avant, j'étais insouciant, léger, inconsistant. Je flottais aau dessus de moi-même comme un nuage, mon propre nuage. Où j'allais m'importait peu, je ne savais même pas que j'y allais. Disons que je passais ma vie à battre des oeufs en neige comme d'autres, les enfants, les saints, battent des mains au moindre bruissement d'ailes du premier ange qui passe. C'est joli ce que je viens d'écrire, vous ne trouvez pas? C'est assez pour aujourd'hui, non?

2.
Juif, il ne l'était pas. Enfin, je pense qu'il ne l'était pas. La thèse d'un Lascaux juif avait circulé un temps, véhiculée en particulier par Goyave de St André, une mauvaise langue qui prétendait que non seulement Juif de Lascaux n'était pas noble, mais qu'il avait usurpé à la fois son nom et le titre de Comte de Lascaux. Selon Goyave, il s'appelait en réalité Suif de Laakov (ou Levi de Laakov) et venait d'un village reculé d'Ukraine ou de Pologne. Comment il avait réussi à fuir les hordes de nazis qui déferlaient comme des Huns sur les autres membres de sa tribu, resterait toujours un mystère. Comment il avait réussi à changer de nom et à s'imposer aussi vite à la bonne société française était une énigme au moins aussi secrète pour ceux qui répandaient ces rumeurs sur lui, en premier lieu pour Goyave de St André. Jaloux, Goyave? Evidemment.

3.
Ai-je dit à quel point Juif de Lascaux prenait soin de son apparence? Jamais un faux pli à ses vêtements qui n'ait été soigneusement calculé, ou une ride au coin de ses lèvres qui n'ait été entretenue. Rouges, les lèvres? Evidemment. Il était comme ça, Juif. Rouge de la bouche aux cheveux. Tout rouge? Oui.
Ses amis l'appelaient Dorian Le Gris parcequ'il exigeait de son miroir qu'il lui rappelle que sans faire le moindre effort, il était le maître des lieux. Les lieux, quels lieux? Les siens, les miens,ceux que dans le beau monde, on ne prend même pas la peine de nommer. On dit "le monde", c'est tout.

4.
J'étais arrivé le premier ce jour là. Au café où Juif et ses amis se réunissaient, il n'y avait encore personne. Le soir n'était pas tombé, moi non plus. Je tenais encore sur mes jambes, je pouvais examiner de près la place de chacun.Chaque place vide était déjà pleine de la personne qui allait précisément l'occuper. Grenadine, Bleuette, Myrtille, chacune des femmes du juif exhalait par avance son parfum entêtant. Curieusement, aucun de ces parfums ne se mélangeait jamais à un autre. Mais les femmes du juif se mélangeaient-elles? Même si elles occupaient chaque soir la même place, elles s'ignoraient absolument, attendant chacune de son côté que Juif veuille bien lui faire la conversation. Leur faisait-il autre chose? Il est trop tôt pour le dire. Disons qu'il les courtisait à sa manière, toute juive en somme.
Et les hommes? Combien étaient-ils? Il est aussi trop tôt pour le dire. Disons qu'ils le courtisaient chacun à sa manière, toute juive en somme.
C'était une drôle de compagnie, c'est tout ce qu'on peut dire. Pour l'instant, c'est tout.

5.
Juif de Lascaux n'avait que 35 ans mais il avait déjà vécu plusieurs vies. Comment est-ce possible? C'est possible, c'est tout. Question de vitesse? Ah non, vraiment pas. Dédoublement de la personnalité? Mieux que ça. Disons que Juif mernait sept ou huit vie parallèles en même temps. Comment faisait-il? Il le faisait, c'est tout. Ca lui venait tout seul. Il était né comme ça, avec ce curieux pouvoir qui lui avait été donné comme un prénom en plus ou une seconde religion. Il faisait avec, c'est tout. Certaines de ses vies (conducteur de calèche à Izmir, vendeur de journaux au Caire, professeur d'anglais à mi-temps à Asmara) n'avaient pas plus d'intérêt que ça. Elles étaient presque monochromes à force d'ennui. D'autres vies lui avaient laissé de sérieux souvenirs. Elles le submergeaient de temps en temps sans prévenir. Son cerveau s'y était fait. Lui aussi.
Il avait été écrivain de science-fiction, cette vie là le ravissait souvent à lui-même. Des lambeaux de vie, des lambeaux de texte lui soufflaient au visage très tôt le matin. Avait-il été un grand écrivain seulement? Il aimait à penser que oui. Il avait été délirant, prophétique, défoncé du matin au soir. Il avait aimé ça.Il se rappelait avoir aimé ça.

6.
Il avait écrit un livre qui portait son nom, à un article près. Le livre s'appelait LE juif de Lascaux, ce qui ne sonne pour le moins pas pareil. Ca ne veut pas non plus tout à fait dire la même chose. LE JUIF DE LASCAUX, contrairement aux autres livres de Juif de Lascaux,n'était pas un livre de science-fiction à proprement parler. Un vrai livre de science-fiction n'est jamais comme un autre, objectera-t-on,ce qui n'est pas faux. Disons alors plus simplement que ce lIvre là ne resseblait à rien.Plutôt que de l'anticipation, c'était comme un bond en arrière dans le temps,un retour aux sources les plus archaïques de son imaginaire torturé. Comment retourner en arrière, au rouge cuisant des origines? Comment se retrouver nu, sans rien pour se cacher des autres et du monde? Comment remonter aux temps d'avant le temps? Pour Juif de Lascaux,ce livre était une fantaisie pré-civisationnelle qui ne ressemblait à rien de balisé, rien de connu. Pour lui aussi, pour lui surtout, c'était un saut absolu et sans espoir de retour dans l'inconnu. "Rien de connu", c'est ce que les critiques auraient écrit s'ils avaient lu le livre, mais voilà, il n'était jamais paru. On raconte que le manuscrit avait été détruit à Saragosse, un soir de Sabbath. Des fragments furent retrouvés des années plus tard du côté de Buenos Aires (Borges en eût une copie très abimée, dit-on). Tout ça avait-il existé? Cerains soirs, Juif en doutait. Mais il doutait de tout ces soirs là, même de lui-même. Et s'il n'était qu'une pure fiction? Il frissonna et se rendormit.Je décidais de faire de même.

7.
Retenez ce chiffre, "sept".Si vous l'oubliez, vous prenez un grand risque. Lui ne vous oubliera pas. Sept hommes échevelés le regardaient derrière les buissons. Il était nu, il était roux, il avait honte. La fille était à peine plus vêtue que lui. L'avait-elle vu? Il jurerait qur lui si on lui demandait.
Il avait trop froid pour penser. Dieu que la fille était belle. Elle était de leur clan, c'est sûr. Le clan de la caverne, le clan de la grotte. Il était juif mais il avait oublié ce que celà voulait dire. Comment était-il arivé là? Sur quel engin spatial, quel rêve inopiné? Quelle était cette caverne? Qui étaient ces hommes? Où était-il?

" invraisemblable ou pas, crois-moi, c'est la vérité -et il n'y en a pas deux ..."