vendredi 1 janvier 2010
poésie, réalisme, musique: damia/frehel/duvivier
damia/la tête d'un homme (1933), fréhel/pépé le moko (1936)
13 fois one for my baby/and one more for the road
sammy davis jr/11 versions de one for my baby (fred astaire, nat king cole, billy eckstine, vaughn monroe, tony bennett, mel tormé, frankie laine, louis armstrong, dean martin, jerry lewis, sammy davis jr) ....
alex chilton (28/12/50-17/03/10) was a nature boy
alex chilton: there will never be another you/nature boy (+pedro vargas)
nature boy: eden ahbaz explique pourquoi cette chanson qu'il a écrite ...
... lui donne des cauchemars/nat king cole & pat boone chantent nature boy (+ poison ivy) ... ne manque que la fabuleuse version de bobby darin ...
freddy cole, nat's brother/you're nice to be around (films d'occasion)
freddy cole, nat's brother/you're nice to be around (films d'occasion)
portrait of dylan as a crooner and a rocker, atlantic city, 31 janvier 1998: millions miles/tonight i'll be staying here with you/cocaïne/can't wait ... trésors tout juste découverts ... à écouter et réécouter ...
million miles
cocaïne/can't wait
atlantic city, 1998 (suite)
till i fell in love with you/silvio
million miles
cocaïne/can't wait
atlantic city, 1998 (suite)
till i fell in love with you/silvio
THE ART OF SONG (4)
d'où viennent les chansons? de la radio, où dean martin, le crooner absolu n° 2 s'essaye à une imitation époustouflante de bing crosby, le crooner n° 1 ... ou du paradis des chanteuses mortes, celui où se languit la sublime beverley kenney, mélange inédit, inégalé, de peggy lee et de marilyn monroe, suicidée à moins de trente ans d'on ne sait quoi (chagrin d'amour absolu? épisode maniaque abouti? peur panique devant la déferlante rock qui faillit emporter sinatra, avant que les beatles ne l'enterrent définitivement)
dean martin (rare radio recording)/beverly kenney/somewhere along the way (check other films d'occasion versions of this song on youtube: frank sinatra, nat king cole, alex chilton ....)
d'où viennent les chansons? de la radio, où dean martin, le crooner absolu n° 2 s'essaye à une imitation époustouflante de bing crosby, le crooner n° 1 ... ou du paradis des chanteuses mortes, celui où se languit la sublime beverley kenney, mélange inédit, inégalé, de peggy lee et de marilyn monroe, suicidée à moins de trente ans d'on ne sait quoi (chagrin d'amour absolu? épisode maniaque abouti? peur panique devant la déferlante rock qui faillit emporter sinatra, avant que les beatles ne l'enterrent définitivement)
dean martin (rare radio recording)/beverly kenney/somewhere along the way (check other films d'occasion versions of this song on youtube: frank sinatra, nat king cole, alex chilton ....)
...in the street, un film très rare co-signé helen levitt et james agee, merveille d'anonymat new yorkais
in the street (helen levitt, james agee, janice loeb, 1948)... la grande photographe helen levitt a longtemps été l'élève de walker evans...... c'est avec evans que james agee a composé louons maintenant les grands hommes, sublime partition images/mots, d'un lyrisme inouï ...
in the street (helen levitt, james agee, janice loeb, 1948)... la grande photographe helen levitt a longtemps été l'élève de walker evans...... c'est avec evans que james agee a composé louons maintenant les grands hommes, sublime partition images/mots, d'un lyrisme inouï ...
ustad amir khan/ustad vilayat khan
amir khan, greatest 20th century indian singer/vilayat khan, greatest 20th century sitar player ... exceptionnally indulging in singing
harmonies (1): il y a eu darby & tarlton, les louvin brothers, les blue sky boys ... ... ... des tas d'autres jusqu'aux beatles ... et puis les four freshmen, les everly brothers, les beach boys (à suivre)
everly brothers/bye bye love, all i have to do is dream, that'll be the day (1958, 1960)/beach boys/in my room (1964)
the four freshmen/trois fois there's no one but you/frank sinatra & the hi lo's/i'll never smile again (1959.)
everly brothers/bye bye love, all i have to do is dream, that'll be the day (1958, 1960)/beach boys/in my room (1964)
the four freshmen/trois fois there's no one but you/frank sinatra & the hi lo's/i'll never smile again (1959.)
greatest dylan biblical song, the fabulous live version (cardiff, 2000) and the original version (1967), from john wesley harding
the ballad of frankie lee and judas priest/cardiff (2000)/john wesley harding (1967)
bob dylan/to ramona (porstsmouth, 2000)/this version is even better than 64 or 65 versions/if only i'd seen him in 2000, he was so intense
the ballad of frankie lee and judas priest/cardiff (2000)/john wesley harding (1967)
bob dylan/to ramona (porstsmouth, 2000)/this version is even better than 64 or 65 versions/if only i'd seen him in 2000, he was so intense
bob dylan revisited (1981/1983)
bob dylan/i want you (unreleased version, 1981)
bob dylan/blind willie mc tell, variation lyrique et bluesy sur st james infirmary (louis armstrong, 1928) ... c'est un outake d'infidels, 1983
three of the very best versions of the times they are-a-changin'
quest, février 1964/répétitions aux rundown studios (1978)
prague, 1995, la plus belle, la plus étonnante des versions "récentes"
éviter cette version scolaire, boy scout, unplugged, obama/maison blanche (dylan has rehearsed extensively, he hits all the notes, but what's the use?) ... c'est le pire hootenanny jamais vu ...
BONUS SINATRA/MAISON BLANCHE, 1973,bien plus convaincant que la version dylan 2010
frank sinatra (voice), al viola (guitar), white house, 1973/ (and perry como's medley/thank heaven for litlle girls, 1961, just for fun)
quest, février 1964/répétitions aux rundown studios (1978)
prague, 1995, la plus belle, la plus étonnante des versions "récentes"
éviter cette version scolaire, boy scout, unplugged, obama/maison blanche (dylan has rehearsed extensively, he hits all the notes, but what's the use?) ... c'est le pire hootenanny jamais vu ...
BONUS SINATRA/MAISON BLANCHE, 1973,bien plus convaincant que la version dylan 2010
frank sinatra (voice), al viola (guitar), white house, 1973/ (and perry como's medley/thank heaven for litlle girls, 1961, just for fun)
vendredi 25 décembre 2009
jeudi 24 décembre 2009
lundi 21 décembre 2009
new found lovely version of if not for you, tirée d'un fabuleux concert, à newcastle, en 1998 ... qui prouve que la grande période live de dylan ne se résume pas à l'année 2000, mais s'étend bien de 1998... à 2001
BONUS, newcastle 1998
bob dylan/a hard rain's gonna fall (newcastle, 1998)
bob dylan/love minus zero (no limit)/silvio (newcastle, 1998)
bob dylan/gotta serve somebody/rainy day women (newcastle, 1998)
BONUS, newcastle 1998
bob dylan/a hard rain's gonna fall (newcastle, 1998)
bob dylan/love minus zero (no limit)/silvio (newcastle, 1998)
bob dylan/gotta serve somebody/rainy day women (newcastle, 1998)
deux sublimes versions en direct de "things have changed" (2001), la première quand dylan remporte l'oscar de la meilleure chanson (avec mimiques à la chaplin, grimaces à la bogart), la seconde à l'AFI en hommage à michael douglas (sombrero électrique, minimalisme de studio)
bob dylan/things have changed
bob dylan/things have changed
trente ans de distance séparent ces deux versions superbes de restless farewell, le jeune dylan en donne d'abord, pour la télé canadienne, une version immaculée: il a 23 ans, il ne sait pas ce qu'il fait .... cette chanson tirée d'un vieil air irlandais, the parting glass, figurera dans son troisième album, the times they are a-changin, enregistré quelques mois plus tard, dans une version beaucoup moins émouvante .... il rechante ensuite cette chanson pour les 80 ans de sinatra ... faire silence ... écouter
bob dylan/restless farewell (1/02/1964)
bob dylan/restless farewell (19/11/1995)
bob dylan/restless farewell (1/02/1964)
bob dylan/restless farewell (19/11/1995)
lundi 7 décembre 2009
mardi 1 décembre 2009
samedi 28 novembre 2009
frank sinatra & gordon jenkins/the christmas song (1957)
Comment entrer dans le Noël de Bob Dylan ?
C’est un disque crypté, décalé, touffu, contradictoire, sans queue ni tête. Il faut avoir la clé pour y entrer, en tout cas une des clés. La mienne, qui vaut ce qu’elle vaut, est de commencer par la fin. Désorganiser cette trop sage soirée de Noël pour y retrouver la touche de poésie et de tristesse, de mélancolie poisseuse, tenace, qui sont la marque juive de bob dylan. C’est seulement au quatorzième titre de Christmas In The Heart, par ce délicieux Christmas Song signé Mel Tormé (qui introduit au passage Jack Frost, l’elfe de Noël qui est aussi le pseudo de Dylan producteur), que le disque s’est ouvert. Il s’est illuminé, et maintenant presque toutes les chansons m’enchantent et me plongent dans une sorte de retour à l’enfance, une enfance béate et imbécile que je n’avais pas retrouvée depuis longtemps.
Comment en suis-je arrivé là ? Les extraits du disque sur Youtube, sautillants, catastrophiques, plus kitsch qu’une pub Mon chéri, me mettaient dans l’embarras, même si une phrase de I’ll be Home for Christmas ou Have Yourself a Merry Christmas pouvaient à l’occasion avoir la tristesse posée d’un standard. Après écoute répétée, ce disque s’est révélé une merveille d’insolence américaine, bien plus consistante que le médiocre Together Through Life qui n’est au fond qu’un retour tardif et énervé au bayou de Daniel Lanois. Ce que Dylan a cherché à retrouver ici, ce sont ses racines domestiques américaines, celles qui illuminent certains épisodes enneigés d’Ally McBeal ou d’autres séries télé dégoulinantes d’émotion, à coup de flocons de neige et de baisers mouillés. C’est aussi l’art raffiné d’un Frank Sinatra qu’il piste depuis tant d’années qui se retrouve ici. Pas un hasard si le chef d’œuvre Capitol que Sinatra a enregistré avec le grand Gordon Jenkins, A Jolly Christmas From Frank Sinatra, se retrouve pour moitié (six chansons sur douze) repris ici avec une tendresse attentive et un sens ramassé du mélo musical. La voix croassante et usée du vieux Bob n’a pas la fluidité magique de celle de Sinatra mais elle est d’une musicalité étonnante, lyrique, qui rappelle les ballades et les standards que Dylan aime tant chanter (Self Portrait, Bob Dylan, et tant d’autres reprises impromptues de Dean Martin ou Charles Aznavour).
C’est en passant par cette case sentimentale, en empruntant ce chemin délicat des airs éternels d’une Amérique qui n’aime rien tant que se tenir chaud et découper sa dinde en famille, que même les titres trop rapides, ces airs speedés, enjoués, retrouvent au détour d’une énième écoute d’étranges airs de Walt Disney syncopés en yiddisch. Ecoutez Must Be Santa dont Dylan a fait un clip sautillant, chorégraphié grossièrement à coup d’approximations îvres et de déguisements, et dites-moi si ce n’est pas un étrange tube klezmer new age qui vous déboule soudain dans les oreilles, sans s’être annoncé. Dylan a toujours été un provincial décalé, un juif embarassé de lui-même, un chrétien-collage, une aberration. A près de 70 ans, il a enfin réussi à recoller les morceaux. Pleurer à Sinatra n’est pas la chose la plus bête qui soit. A Dylan non plus.
C’est un disque crypté, décalé, touffu, contradictoire, sans queue ni tête. Il faut avoir la clé pour y entrer, en tout cas une des clés. La mienne, qui vaut ce qu’elle vaut, est de commencer par la fin. Désorganiser cette trop sage soirée de Noël pour y retrouver la touche de poésie et de tristesse, de mélancolie poisseuse, tenace, qui sont la marque juive de bob dylan. C’est seulement au quatorzième titre de Christmas In The Heart, par ce délicieux Christmas Song signé Mel Tormé (qui introduit au passage Jack Frost, l’elfe de Noël qui est aussi le pseudo de Dylan producteur), que le disque s’est ouvert. Il s’est illuminé, et maintenant presque toutes les chansons m’enchantent et me plongent dans une sorte de retour à l’enfance, une enfance béate et imbécile que je n’avais pas retrouvée depuis longtemps.
Comment en suis-je arrivé là ? Les extraits du disque sur Youtube, sautillants, catastrophiques, plus kitsch qu’une pub Mon chéri, me mettaient dans l’embarras, même si une phrase de I’ll be Home for Christmas ou Have Yourself a Merry Christmas pouvaient à l’occasion avoir la tristesse posée d’un standard. Après écoute répétée, ce disque s’est révélé une merveille d’insolence américaine, bien plus consistante que le médiocre Together Through Life qui n’est au fond qu’un retour tardif et énervé au bayou de Daniel Lanois. Ce que Dylan a cherché à retrouver ici, ce sont ses racines domestiques américaines, celles qui illuminent certains épisodes enneigés d’Ally McBeal ou d’autres séries télé dégoulinantes d’émotion, à coup de flocons de neige et de baisers mouillés. C’est aussi l’art raffiné d’un Frank Sinatra qu’il piste depuis tant d’années qui se retrouve ici. Pas un hasard si le chef d’œuvre Capitol que Sinatra a enregistré avec le grand Gordon Jenkins, A Jolly Christmas From Frank Sinatra, se retrouve pour moitié (six chansons sur douze) repris ici avec une tendresse attentive et un sens ramassé du mélo musical. La voix croassante et usée du vieux Bob n’a pas la fluidité magique de celle de Sinatra mais elle est d’une musicalité étonnante, lyrique, qui rappelle les ballades et les standards que Dylan aime tant chanter (Self Portrait, Bob Dylan, et tant d’autres reprises impromptues de Dean Martin ou Charles Aznavour).
C’est en passant par cette case sentimentale, en empruntant ce chemin délicat des airs éternels d’une Amérique qui n’aime rien tant que se tenir chaud et découper sa dinde en famille, que même les titres trop rapides, ces airs speedés, enjoués, retrouvent au détour d’une énième écoute d’étranges airs de Walt Disney syncopés en yiddisch. Ecoutez Must Be Santa dont Dylan a fait un clip sautillant, chorégraphié grossièrement à coup d’approximations îvres et de déguisements, et dites-moi si ce n’est pas un étrange tube klezmer new age qui vous déboule soudain dans les oreilles, sans s’être annoncé. Dylan a toujours été un provincial décalé, un juif embarassé de lui-même, un chrétien-collage, une aberration. A près de 70 ans, il a enfin réussi à recoller les morceaux. Pleurer à Sinatra n’est pas la chose la plus bête qui soit. A Dylan non plus.
(A paraître dans ROLLING STONE)
mercredi 25 novembre 2009
richard hawley: le retour en une (pour gilles tordjman)
je viens enfin de recevoir trueloves' gutter, l'album de richard hawley dont est extraite cette très belle chanson triste, for your lover give some time ... .... c'est superbe, même si tout n'est fait ici que pour servir d'écrin à cette chanson d'amour idéale
je viens enfin de recevoir trueloves' gutter, l'album de richard hawley dont est extraite cette très belle chanson triste, for your lover give some time ... .... c'est superbe, même si tout n'est fait ici que pour servir d'écrin à cette chanson d'amour idéale
dimanche 15 novembre 2009
aucun bon disque dans les années 70/80 à part blood on the tracks, dylan a perdu son chemin .... il le retrouve l'été 1992, avec un disque étrange, minimal, lo fi, enregistré dans son garage, good as i been to you: rien que des reprises accoustiques de vieux blues ou de vieilles rengaines vaguement country ... quelques semaines plus tôt dylan enregistrait avec son vieux copain david bromberg des sessions inédites qui émergent peu à peu et qui devaient faire partie de ce disque .... trop bizarre, il les met de côté .... rappelez-vous, dylan vient d'avoir 50 ans, il invente en douce, dans son coin, un merveilleux folk celtique et arabisant inédit
seems like dylan is inventing a kind of new music here, between early jazz and some strange sydbarretian folk rock, it's a speedy blind willie mc tell to me, a masterpiece in modern archaic music
bob dylan/polly vaughan (david bromberg sessions, 1992)
une autre superbe chanson des mêmes sessions, écrite par david bromberg
bob dylan/catskills serenade (david bromberg sessions, 1992)
seems like dylan is inventing a kind of new music here, between early jazz and some strange sydbarretian folk rock, it's a speedy blind willie mc tell to me, a masterpiece in modern archaic music
bob dylan/polly vaughan (david bromberg sessions, 1992)
une autre superbe chanson des mêmes sessions, écrite par david bromberg
bob dylan/catskills serenade (david bromberg sessions, 1992)
samedi 14 novembre 2009
dimanche 1 novembre 2009
samedi 17 octobre 2009
mercredi 14 octobre 2009
jeudi 1 octobre 2009
bob dylan/positively van gogh (version complète) bob dylan/positively van gogh (1966/denver tapes, version complète) When I'd ask why the painting was deadly Nobody could pick up my sign 'Cept for the cook, she was always friendly But she'd only ask, "What's on your mind?" She'd say that especially when it was raining I'd say "Oh, I don't know" But then she'd press and I'd say, "You see that painting? Do you think it's been done by Van Gogh?" The cook she said call her Maria She'd always point for the same boy to come forth Saying, "He trades cattle, it's his own idea And he also makes trips to the north. Have you ever seen his naked calf bleed?" I'd say, "Oh no, why does it show?" And she'd whisper in my ear that he's a half breed And I'd say, "Fine, but can he paint like Van Gogh?" I can't remember his name he never gave it But I always figured he could go home Til when he'd gave me his card and said, "Save it" I could see by his eyes he was alone. (? I could understand ?) how his four leaf clover Drawn on his calling card showed That it was given back to him a-many times over And it most definitely was not done by Van Gogh. (It was either she or maid?) just to please me Though I sensed she could not understand And she made a thing out of it by saying, "Go easy He's a straight, but he's a very crooked-straight man." And I'd say, "Does the girl in the calendar doubt it? And by the way is it Marilyn Monroe?" But she'd just [speak?] softly and say, "Why you wanna know about it?" And I'd say, "I was just wondering if she ever sat for Van Gogh?" It was either her or the straight man who introduced me To Jeanette, Camilla's friend Who later on falsely accused me of stealing her locket and pen When I said "I don't have the locket" She said "You steal pictures of everybody's mother I know" And I said "There's no locket No picture of any mother I would pocket Unless it's been done by Van Gogh."
le dernier spectateur
1. dire d'abord que j'ai eu tort de regretter trop longtemps ces salles de cinéma hautes en couleur de mon enfance, où les spectateurs se disputaient, souvent bruyamment, à longueur de séances... ... .... je croyais que ce qui avait disparu du cinéma, c'était ce côté hétéroclite, mélangé socialement, du public.... ..... j'avais évidemment tort, le cinéma -art populaire, art d'usine- n'a jamais été fréquenté que par les pauvres gens, il était méprisé par les intellectuels et les bourgeois.... ... ... ... c'est ce cinéma que j'aimais, c'est ce cinéma que j'aime encore.
2. dire ensuite (c'est important) qu'après une courte période intermédiaire où le populo et l'intello se sont mélangés dans les salles, le cinéma a fini par ne plus être fréquenté que par ceux qui ont les moyens de se l'offrir, les bourgeois, les petit-bourgeois surtout, ceux qui savent parler des films ... parler et parler encore, sur le trottoir ou la feuille blanche, mais qui ne savent plus se prendre pour les personnages (toi morgan, moi gabin, moi tarzan, toi jane), qui ne savent plus s'identifier aux héros, qui ne savent plus "vivre les films"...
blossom dearie/old tyme movie love affair (films d'occasion prod)
3. dire aussi qu'une fois le spectateur populaire disparu, il ne restait plus au cinéma en tant qu'art d'usine à s'effacer... s'effacer sur la pointe des pieds... celà fait trente ans ou quarante qu'il s'y efforce ...
4. insister sur une chose qu'on a trop tendance à oublier: les spectateurs font les films, ils les défont aussi ... à force de s'être absentés des salles, ils ont conduit le cinéma en tant qu'art d'usine ... à s'absenter de lui-même
5. ... ... .... c'est l'une des raisons pour lesquelles, sans doute, mon désir de faire des films a presque totalement disparu ... pour qui filmer? ... pour qui?
PS. mon ami patrice kirchhofer, cinéaste expérimental qui bricole depuis toujours dans sa cuisine des films pour personne, n 'a pas ce problème ... l'abrutissement du spectateur, son absence, ou même sa mort avérée, ne l'affectent pas ... celà ne modifie en rien son désir de filmer... je l'envie énormément ...
1. dire d'abord que j'ai eu tort de regretter trop longtemps ces salles de cinéma hautes en couleur de mon enfance, où les spectateurs se disputaient, souvent bruyamment, à longueur de séances... ... .... je croyais que ce qui avait disparu du cinéma, c'était ce côté hétéroclite, mélangé socialement, du public.... ..... j'avais évidemment tort, le cinéma -art populaire, art d'usine- n'a jamais été fréquenté que par les pauvres gens, il était méprisé par les intellectuels et les bourgeois.... ... ... ... c'est ce cinéma que j'aimais, c'est ce cinéma que j'aime encore.
2. dire ensuite (c'est important) qu'après une courte période intermédiaire où le populo et l'intello se sont mélangés dans les salles, le cinéma a fini par ne plus être fréquenté que par ceux qui ont les moyens de se l'offrir, les bourgeois, les petit-bourgeois surtout, ceux qui savent parler des films ... parler et parler encore, sur le trottoir ou la feuille blanche, mais qui ne savent plus se prendre pour les personnages (toi morgan, moi gabin, moi tarzan, toi jane), qui ne savent plus s'identifier aux héros, qui ne savent plus "vivre les films"...
blossom dearie/old tyme movie love affair (films d'occasion prod)
3. dire aussi qu'une fois le spectateur populaire disparu, il ne restait plus au cinéma en tant qu'art d'usine à s'effacer... s'effacer sur la pointe des pieds... celà fait trente ans ou quarante qu'il s'y efforce ...
4. insister sur une chose qu'on a trop tendance à oublier: les spectateurs font les films, ils les défont aussi ... à force de s'être absentés des salles, ils ont conduit le cinéma en tant qu'art d'usine ... à s'absenter de lui-même
5. ... ... .... c'est l'une des raisons pour lesquelles, sans doute, mon désir de faire des films a presque totalement disparu ... pour qui filmer? ... pour qui?
PS. mon ami patrice kirchhofer, cinéaste expérimental qui bricole depuis toujours dans sa cuisine des films pour personne, n 'a pas ce problème ... l'abrutissement du spectateur, son absence, ou même sa mort avérée, ne l'affectent pas ... celà ne modifie en rien son désir de filmer... je l'envie énormément ...
deux ou trois choses que je sais sur bert williams ...
... né aux antilles en 1874, arrivé à new york à l'âge dix ans (il y meurt en 1922), le grand black minstrel NOIR bert williams a été une très grande vedette du vaudeville (sous le chapiteau, à broadway, mais aussi au cinéma)... ... .... w c fields, qui l'adorait, disait de lui qu'il était "l'homme le plus drôle qu'il ait jamais vu de sa vie ... ... mais aussi le plus triste." ... écouter "nobody", c'est constater que son style est étrangement plus proche des premiers crooners blancs, qui l'ont suivi (comme bing crosby) que du style nègre si bien imité par emmett miller, le grand black minstrel BLANC ....
bert williams/orginal version of "nobody" (1913)
bing crosby singing bert williams' early hit, "nobody", in an early thirties philco radio time program ... song starts only at 3.21, after the minstrel jokes (told with al jolson)
PS. j'ai mis longtemps à me faire à la drôle de voix trafiquée d'emmett miller, à son yodel hurleur pré-howling wolf, à sa voix sous influence georgienne d'extraterrestre déguisé en nègre,
emmett miller/i ain't got nobody (films d'occasion productions)
.. ... à ce son étrange, à ces jazzmen déplacés (emmett miller devait sonner bien plus "country" en vérité)....
je mettrais bien plus longtemps, des années sans doute, à me faire à l'art inédit, oublié, de bert williams, ce noir grimmé en noir... .... à noter que pour bert williams, il y a trois cd indispensables sous label archeophone, des savants fous doublés de mélomanes qui ont su restituer avec amour le son ... des cylindres ... certaines chansons qu'on n'avait plus écoutés depuis 1900 ....
ne pas oublier que la musique, pour moi, ce sont les disques, et rien d'autre .... .
avec archeophone, la bibliothèque sonore a reculé d'un coup, d'un seul, de vingt ans...
mais pour "entendre" ces disques, il faut du temps ... on n'écoute pas impunément, en quelques secondes, vingt ans de musique inédites à nos oreilles ... c'est de la sf ... c'est très étrange, vraiment très étrange ...
celà fait 2/3 ans que j'écoute bert williams, et je commence à peine à habituer mes oreilles (formatées pour reconnaître des musiques seulement à partir de 1927), à ces chansons étrangement désuètes de bert williams, des chansons de 1905 ou 1907 (sans compter les autres rééditions d'archeophone, qui commencent à vers.... 1885, ou quelque chose comme ça): on est là dans un monde ancien, oublié, inécouté, radicalement nouveau, définitivement incompréhensible et sans doute pour toujours travesti à nos oreilles...
... né aux antilles en 1874, arrivé à new york à l'âge dix ans (il y meurt en 1922), le grand black minstrel NOIR bert williams a été une très grande vedette du vaudeville (sous le chapiteau, à broadway, mais aussi au cinéma)... ... .... w c fields, qui l'adorait, disait de lui qu'il était "l'homme le plus drôle qu'il ait jamais vu de sa vie ... ... mais aussi le plus triste." ... écouter "nobody", c'est constater que son style est étrangement plus proche des premiers crooners blancs, qui l'ont suivi (comme bing crosby) que du style nègre si bien imité par emmett miller, le grand black minstrel BLANC ....
bert williams/orginal version of "nobody" (1913)
bing crosby singing bert williams' early hit, "nobody", in an early thirties philco radio time program ... song starts only at 3.21, after the minstrel jokes (told with al jolson)
PS. j'ai mis longtemps à me faire à la drôle de voix trafiquée d'emmett miller, à son yodel hurleur pré-howling wolf, à sa voix sous influence georgienne d'extraterrestre déguisé en nègre,
emmett miller/i ain't got nobody (films d'occasion productions)
.. ... à ce son étrange, à ces jazzmen déplacés (emmett miller devait sonner bien plus "country" en vérité)....
je mettrais bien plus longtemps, des années sans doute, à me faire à l'art inédit, oublié, de bert williams, ce noir grimmé en noir... .... à noter que pour bert williams, il y a trois cd indispensables sous label archeophone, des savants fous doublés de mélomanes qui ont su restituer avec amour le son ... des cylindres ... certaines chansons qu'on n'avait plus écoutés depuis 1900 ....
ne pas oublier que la musique, pour moi, ce sont les disques, et rien d'autre .... .
avec archeophone, la bibliothèque sonore a reculé d'un coup, d'un seul, de vingt ans...
mais pour "entendre" ces disques, il faut du temps ... on n'écoute pas impunément, en quelques secondes, vingt ans de musique inédites à nos oreilles ... c'est de la sf ... c'est très étrange, vraiment très étrange ...
celà fait 2/3 ans que j'écoute bert williams, et je commence à peine à habituer mes oreilles (formatées pour reconnaître des musiques seulement à partir de 1927), à ces chansons étrangement désuètes de bert williams, des chansons de 1905 ou 1907 (sans compter les autres rééditions d'archeophone, qui commencent à vers.... 1885, ou quelque chose comme ça): on est là dans un monde ancien, oublié, inécouté, radicalement nouveau, définitivement incompréhensible et sans doute pour toujours travesti à nos oreilles...
d'autres testaments perdus: la plus belle voix juive, la plus belle voix arabe ....
feel like slowly dying in the hot exotic sun that's burning me alive, listening the the heavenly voice of nazam al ghazali, most beautiful and almost heavenly singing ever to come from irak, most melodious voice in the whole arabic world
pierre pinchik/eileh ezk'roh (1930) (films d'occasion productions)
c'était le plus grand cantor de tous les temps ... c'est la plus belle musique juive du monde ...
feel like slowly dying in the hot exotic sun that's burning me alive, listening the the heavenly voice of nazam al ghazali, most beautiful and almost heavenly singing ever to come from irak, most melodious voice in the whole arabic world
pierre pinchik/eileh ezk'roh (1930) (films d'occasion productions)
c'était le plus grand cantor de tous les temps ... c'est la plus belle musique juive du monde ...
le dernier texte (remix)
je me rends compte que j'ai écrit à toute vitesse, sans contrôler l'ordre de mes idées, pas moins de sept textes en quelques jours, sept textes directement liés au cinéma ... ... .... ça ne m'était pas arrivé depuis très longtemps ... ... c'est beaucoup ... ... c'est trop ... ....
je les laisse reposer ... ... je les réarrangerais, j'y reviendrais, mais je m'interdis d'en écrire d'autres .... trop, c'est trop .. ... sept, c'est bien, non?
... and now, let's forget about cinema, here comes the good old sweet sound of muuuuuusiiiiiiic ....
bob dylan/down the highway (electric guitar heretic mix, dubbing by sbtasche/ dallas, texas 35 year old living in goa, india)
je me rends compte que j'ai écrit à toute vitesse, sans contrôler l'ordre de mes idées, pas moins de sept textes en quelques jours, sept textes directement liés au cinéma ... ... .... ça ne m'était pas arrivé depuis très longtemps ... ... c'est beaucoup ... ... c'est trop ... ....
je les laisse reposer ... ... je les réarrangerais, j'y reviendrais, mais je m'interdis d'en écrire d'autres .... trop, c'est trop .. ... sept, c'est bien, non?
... and now, let's forget about cinema, here comes the good old sweet sound of muuuuuusiiiiiiic ....
bob dylan/down the highway (electric guitar heretic mix, dubbing by sbtasche/ dallas, texas 35 year old living in goa, india)
CROONER CORNER: frankie laine takes lead vocal on a delightful 1944 charles brown trio session ... followed by six or seven of the greatest crooner performances ever
(films d'occasion productions)
charles brown trio & frankie laine/maureen
frank sinatra & axel stordahl/i'll be seeing you (1961)/david allyn & johnny mandel/the folks who live on the hill
shirley horn with benny carter/peggy lee with benny carter (1995)
beverly kenney/i walk a little faster/june christy, they didn't believe me
bing crosby & bob scobey/along the way (1957)
(films d'occasion productions)
charles brown trio & frankie laine/maureen
frank sinatra & axel stordahl/i'll be seeing you (1961)/david allyn & johnny mandel/the folks who live on the hill
shirley horn with benny carter/peggy lee with benny carter (1995)
beverly kenney/i walk a little faster/june christy, they didn't believe me
bing crosby & bob scobey/along the way (1957)
l'éternel retour de r.h. harris, the loveliest soul voice ever: écoutez les accents de sam cooke, marvin gaye, al green, michael jackson, ils sont tous là, dans cette voix divine, celle d'un homme grassouillet, sans charisme, le seul à savoir dans sa voix de miel que les violons ont toujours raison
r.h. harris & the soul stirrers/i'm still living on mother's prayer (alternate long version, 1950/les films d'occasion productions)
r.h. harris & the soul stirrers/i'm still living on mother's prayer (alternate long version, 1950/les films d'occasion productions)
cette voix vient de loin, des black minstrels du 19ème siècle aux fureurs androgynes de prince, en passant par sam cooke, little richard, curtis mayfield, marvin gaye, al green, michael jackson ....
en voici un résumé: rh harris/james brown
rh harris/soul stirrers/silent night (1948)/james brown/try me (1959)
en voici un résumé: rh harris/james brown
rh harris/soul stirrers/silent night (1948)/james brown/try me (1959)
bob neuwirth is older than dylan, probably 70 already, not singing much, mostly painting and living from the paintings he sells ... sad story, being eaten alive by bob dylan's shadow ... and bob's horrible selfishness and egocentered way of living and thinking ... and killing people sometimes
bob neuwirth/heroes (1996)
bob neuwirth/lucky too/nashville/beautiful day/cloudy day (1996)
bob neuwirth/annabelle lee (1987-1988)
bob neuwirth/heroes (1996)
bob neuwirth/lucky too/nashville/beautiful day/cloudy day (1996)
bob neuwirth/annabelle lee (1987-1988)
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" invraisemblable ou pas, crois-moi, c'est la vérité -et il n'y en a pas deux ..."