vendredi 7 décembre 2007

hey louis, what is exactly the question?

(YOU TALK TO HER) SHE'S YOUR LOVER NOW
(BLONDE ON BLONDE, outtakes)

la plus belle chanson de dylan, et de loin, j'en suis de plus en plus sûr.



now you stand here expectin' me to remember/somethin' you forgot to say
..........................
please tell that/to your friend in the cowboy hat/you know he keeps on sayin'/ev'rythin' twice to me
...............

yes, you/you just sit around and ask for ashtrays/can't you reach?

translate it in french, si vous voulez, everything will be lost, it will sound like hugues auffray (french crétin number two) and pierre delanoë (french sacem salopard number one and crétin number one de la french chansonnette).

comme le disait plus haut le jeune eric, avant qu'il ne devienne idiot et ne change d'avis, LA PEAU DOUCE est vraiment le seul bon truffaut (avec quelques moments éblouissants de léaud et de ses deux anglaises siamoises et jamesiennes), mais là n'est pas la question.
elle est où la question alors?
les films sont-ils fait pour se voir une ou plusieurs fois?
et si on les revoit, pourquoi se sent-on si souvent autorisé à les "réévaluer" (quel sale mot, soit dit en passant)?
j'ai tout appris du cinéma entre 1960 et 1966, quand il n'était pas encore légitime de s'y intéresser, et quand ce "cinéma" était si peu balisé qu'il était passionnant et AVENTUREUX de passionner pour lui ....
j'ai cru ensuite, avec la télé et les salles d'art et d'essai et les cinémathèques que la réévaluation était passionnante.
je n'y crois plus du tout.
c'est même l'une de mes seules CERTITUDES, l'une de mes seules idées.
que d'autres y croient aussi, ou comprennent cette idée ou pas, je m'en fous.
je suis juste triste de ne voir PERSONNE y réagir sur mon blog, mon non-blog si vous voulez.

comme je suis triste aussi de ne voir quasiment personne réagir aux deux versions de SEND IN THE CLOWNS par sinatra, aux versions sublimes de ONE FOR MY BABY, aux merveilles tardives de peggy lee, et aux clips que je bricole avec chino: carlos do carmo, dan penn, dick curless, emmett miller, butch cage ...
marre de ces non-réactions en chaîne, j'ai intallé un compteur qui me rassure: 70 visiteurs par jours, 40 nouveaux chaque jour, six minutes de moyenne par visiteur sur le site, trois japonais, dix américains, des portugais, des brésiliens..
je sais que la musique s'écoute, ce n'est pas fait pour les échanges d'idées, les commentaires, les théories ...
n'empêche, tout ça me donne le blues ...

9 commentaires:

Zorro a dit…

Skorecki, t’es injuste ou capricieux (ben oui, on se tutoie maintenant)…
Premièrement : depuis que je lis ce blog, j’ai acheté un album de Bonnie Prince Billy (Summer in the Southeast) ; je commence (enfin !) à m’intéresser de près à Bob Dylan ; j’ai téléchargé sur mon ordi la vidéo un peu effrayante de « Et Maintenant » ; j’ai essayé de comprendre ce qu’étaient exactement ces blancs qui chantent grimés en noirs (le nom me revient plus – mais j’ai rien trouvé de probant, à dire vrai) ; je suis toujours là entre deux insomnies, serait-ce pour une vidéo en passant (il est 4h du mat, là, mon grand !); et je te cite même dans mon non-livre en cours (« A la lecture de ce livre, mais je pense aussi au blig de Skorecki , il apparaît que nous sommes quelques-uns à tourner autour d’une même ambition poétique » etc… - le livre en question étant David Markson, Arrêter d’Ecrire), ce qui te fera peut-être une belle jambe dans les manuels scolaires des prochains siècles (euh, bon… je promets rien non plus).
Pour préciser ce dernier point, comme je l’ai déjà écrit ici, je ne sais plus où ni sous quel pseudo, je te prends au mot. Ceci n’est pas un blog, un blig si tu veux, je dirais un long poème lyrique. Y rajouter systématiquement serait redondant et faiblard, et pour le coup, tiendrait du Lagarde et Michard genre “quand Valéry dit « ce toit tranquille » etc… il parle de la mer“. Mon cul ! Quand Valéry dit “ce toit tranquille“, il dit “ce toit tranquille“ (André Breton a très bien expliqué ça).
Deuxièmement : L’Education Sentimentale est un livre qui change suivant les différents âges de la vie auxquels tu le lis. Il doit y avoir des exemples semblables au cinéma.
Troisièmement : il est nécessaire en la matière d’atteindre sa vitesse de croisière (j’en connais qui, à 10 ans, trouvaient Jeanne Mas sophistiquée – bon ben, aujourd’hui ils préfèrent Marlene Dietrich, disons… Mais non je ne parle pas du tout de moi !).
Quatrièmement : il y a de mauvais films que j’aime pour de bonnes raisons (La Route de Madison du non-cinéaste Eastwood, par exemple, parce qu’il me fait pleurer) – ou l’inverse (la dernière fois, il y a 10 ans, que j’ai vu La Vie est Belle, j’étais alors en pleine rupture – j’aurais étranglé Capra de mes mains s’il avait été à portée) – ou des “téléfilms“ qui valent toute l’œuvre de tel cinéaste (je pense aux Années Sandwiches, et j’avais été si heureux de te lire là-dessus dans Libé – comme une rencontre).
Cinquièmement : ça veut dire quoi « bon », « mauvais » ? Je m’enthousiasme volontiers du moindre détail, « y’a pas d’hélice, hélas, c’est là qu’est l’os » (La Grande Vadrouille).
Sixièmement : oui, quand même, Les Deux Anglaises et le Continent.
Septièmement : merde… mais pourquoi je me justifie !
ps : L’auteur de ce trop long message décline toute responsabilité s’il s’avérait que ces quelques plumes d’octets fassent déborder le vase et que le blig bugge (parce qu’on est précautionneux, en plus).

Hyppogriffe a dit…

Déprime pas, Louis, c'est ça internet : des mini-bouteilles à la mer. On finit par s'y faire. Il est normal que venant de "Libé" tu aies l'impression d'avoir sauté d'une fourmillère en plein désert.
Pour ma part, ton idée me botte, même si j'ai l'impression d'avoir été un sacré petit con quand j'aimais Tarkovski, Greenaway ou je ne sais qui, à 17 ans.
"Réévaluer", c'est bon pour les boursicoteurs de la presse ciné, avec leurs nuées de petites étoiles (selon Frodon, il y aurait huit à dix "chefs-d'oeuvres" par mois si l'on en croit sa colonne dans les "Cahiers").
Tu es injuste : je t'avais répondu. Je t'avais dit que c'était soi-même qu'il fallait réévaluer tout le temps, pas les films?
Bien à toi,

Griffon

skorecki a dit…

merci de ces deux commentaires patients, qui sont pour moi des "encouragements à continuer" (désolé, i can't find better words ...).
merci l'ami zorro de te rappeler des années sandwich (pour les BLACK MINSTRELS, sois patient, il n'y a qu'un disque, à réécouter souvent tant son étrangeté est déconcertante, c'est le cd d'EMMETT MILLER, le titre est qq chose comme black mintrel from georgia, chez sony/columbia, et aussi, moi aussi j'adore LA ROUTE DE MADISON, for exactly the same reasons as you ...

et prend ton temps si tu veux (ré) écrire, l'intensité de tes mots -ou celle de philippe l., ou celle de ce fou de sinatra dont j'ai oublié le nom qui m'a fait redécouvrir des trésors cachés du plus grand chanteur de tous les temps, eh oui, c'est comme ça ...)
bon vent (j'essayerais de trouver le livre dont tu parles mêe si les mots et moi (eh oui), ça fait deux ....

Fell a dit…

(YOU TALK TO HER) SHE'S YOUR LOVER NOW
(BLONDE ON BLONDE, outtakes)

la plus belle chanson de dylan, et de loin, j'en suis de plus en plus sûr.

Hier soir je l'ai écoutée deux fois...ouais deux fois. Je crois ma toute première fois avec dylan. J'en suis sûre même. Merci Louis. J'ai acheté i'm not there... j'ai écouté cat power mais j'accroche pas trop. Ni les autres. Reste plus qu'à m'aventurer.

skorecki a dit…

aïe aïe aïe
my personnal favorites: (à part coffret, best of,bootlegs officiels ou pirates etc....): BLO0NDE ON BLONDE, BRINGING IT ALL BACK HOME, JOHN WESLEY HARDING, et les deux derniers, MODERN TIMES et celui d'avant.
bon courage, c'est une jungle, il y a à prendre partout (SHE'S YOUR LOVER NOW se trouve, je crois, sur BOOTLEGS, 183, c'est à vérifier ...)

http://cfouchet.nonutc.fr/films/ a dit…

merci pour send ine the clowns en hat à gauche

skorecki a dit…

avez-vous écouté les TROIS VERSIONS?

Christophe a dit…

non, juste une.
mais je ne connaissais pas la chanson.

Courbevoix a dit…

ben, je pense comme vous pour truffaut, cinéaste approximatif, radin et mysogine . j'ai toujours en mémoire deneuve se faisant baiser dans la sirène du mississipi et dans le dernier métro, à dix ans de distance, le même plan, le même mépris de la femme et de l'amour.
quand à dylan, cette manière unique de tutoyer la mémoire musicale populaire américaine ne finit pas de m'impressionner
et bien votre intervention à libé, j'achète plus depuis l'arrivée de l'autre zombie collabo, joffrin.


" invraisemblable ou pas, crois-moi, c'est la vérité -et il n'y en a pas deux ..."