jeudi 1 octobre 2009

bob dylan/a simple twist of fate (hommage à john hammond, 1975)

d'autres testaments perdus: la plus belle voix juive, la plus belle voix arabe ....

feel like slowly dying in the hot exotic sun that's burning me alive, listening the the heavenly voice of nazam al ghazali, most beautiful and almost heavenly singing ever to come from irak, most melodious voice in the whole arabic world

pierre pinchik/eileh ezk'roh (1930) (films d'occasion productions)
c'était le plus grand cantor de tous les temps ... c'est la plus belle musique juive du monde ...
le dernier texte (remix)
je me rends compte que j'ai écrit à toute vitesse, sans contrôler l'ordre de mes idées, pas moins de sept textes en quelques jours, sept textes directement liés au cinéma ... ... .... ça ne m'était pas arrivé depuis très longtemps ... ... c'est beaucoup ... ... c'est trop ... ....
je les laisse reposer ... ... je les réarrangerais, j'y reviendrais, mais je m'interdis d'en écrire d'autres .... trop, c'est trop .. ... sept, c'est bien, non?
... and now, let's forget about cinema, here comes the good old sweet sound of muuuuuusiiiiiiic ....

bob dylan/down the highway (electric guitar heretic mix, dubbing by sbtasche/ dallas, texas 35 year old living in goa, india)


CROONER CORNER: frankie laine takes lead vocal on a delightful 1944 charles brown trio session ... followed by six or seven of the greatest crooner performances ever
(films d'occasion productions)

charles brown trio & frankie laine/maureen

frank sinatra & axel stordahl/i'll be seeing you (1961)/david allyn & johnny mandel/the folks who live on the hill

shirley horn with benny carter/peggy lee with benny carter (1995)

beverly kenney/i walk a little faster/june christy, they didn't believe me

bing crosby & bob scobey/along the way (1957)

matkich bladi
l'éternel retour de r.h. harris, the loveliest soul voice ever: écoutez les accents de sam cooke, marvin gaye, al green, michael jackson, ils sont tous là, dans cette voix divine, celle d'un homme grassouillet, sans charisme, le seul à savoir dans sa voix de miel que les violons ont toujours raison

r.h. harris & the soul stirrers/i'm still living on mother's prayer (alternate long version, 1950/les films d'occasion productions)
cette voix vient de loin, des black minstrels du 19ème siècle aux fureurs androgynes de prince, en passant par sam cooke, little richard, curtis mayfield, marvin gaye, al green, michael jackson ....
en voici un résumé: rh harris/james brown


rh harris/soul stirrers/silent night (1948)/james brown/try me (1959)
le jeune johnny hartman, léger baryton pas encore sous influence nat king cole, chante what's to become of me, tendance dick haymes ou frank sinatra (1947/films d'occasion production)
bob neuwirth is older than dylan, probably 70 already, not singing much, mostly painting and living from the paintings he sells ... sad story, being eaten alive by bob dylan's shadow ... and bob's horrible selfishness and egocentered way of living and thinking ... and killing people sometimes

bob neuwirth/heroes (1996)


bob neuwirth/lucky too/nashville/beautiful day/cloudy day (1996)

bob neuwirth/annabelle lee (1987-1988)
une très envoûtante, très surprenante, reprise de la plus étrange, la plus poignante, la plus fordienne  chanson des basement tapes

suzzy and maggie roche/clothes line saga 
le retour de dylan, léger comme la danse, léger comme l'oubli

bob dylan/forgetful heart (seattle/washington, 5 octobre 2009)
un très rare clip d'un très jeune kinky friedman

kinky friedman/twinkle (lasso from el paso, 1976)


KINKY FRIEDMAN A PARIS

En face de moi, sur la toute petite scène de l’Archipel, il souriait sous son chapeau noir assorti à ses moustaches. Avant même qu’il ait chanté la moindre note, cela tenait du miracle. Voir Kinky Friedman à Paris, qui aurait cru ça possible ? Le légendaire candidat au poste de gouverneur du Texas, mélange de Coluche et de Groucho Marx, l’écrivain-culte des polars à succès hantés par les fantômes de Hank Williams, l’ancienne star de la Rolling Thunder Review (aux côtés de son vieux pote, le minstrel blanc Bob Dylan), et surtout le légendaire chanteur country du Texas, l’auteur de They Ain’t Makin' Jews Like Jesus Anymore (Ils ne font plus de juifs comme Jésus) se tenait à quelques mètres de moi … et il chantait. J’étais heureux comme un enfant, il n’en fallait pas plus à mon bonheur, même si je maudissais intérieurement l’ignorance musicale et la paresse crasse des journalistes parisiens, qui les tenaient éloignés de cette petite scène de rien du tout qui créait l’événement, un événement au moins aussi important que les concerts de Prince au Grand Palais.
Peu de gens savent que le cow boy juif du Texas vaut largement Townes Van Zandt, Willie Nelson, Terry Allen, Joe Ely, Jimmie Dale Gilmore, Guy Clark, Steve Young ...ou même Buddy Holly, tous ceux qui ont fait du Texas l’état qui chante le mieux, et depuis longtemps. Qui le sait, ici ? Il n'y avait dans la salle que des allemands, des hollandais, des américains ... moi qui vais au concert une fois tous les trois ans, j'avais un peu honte d'être français. Mais la musique balaie tout ça, surtout quand elle est douce et sucrée comme celle de Kinky. Autant le personnage est drôle et sévère, rigolard, imposant, autant sa musique est murmurée, fragile, presque féminine. A part ses succès remuants comme Asshole from El Paso, un pastiche endiablé de Okie From Muskogee, la chanson red neck et réac de Merle Haggard, il n’a chanté toute la soirée que des standards country et des ballades, les siennes (Sold American ou Autograph, reprise par Delbert McClinton) ou celles des autres (Woody Guthrie surtout, dont il reprend Pretty Boy Floyd avec une fidélité touchante). Mais c’est avec la jolie ballade de Peter La Farge, The Ballad of Ira Hayes, qu’il est peut-être le plus convaincant : n’insistant jamais sur le pathos des paroles, il la survole du bout des lèvres, du bout de l’âme, lui redonnant toute sa dignité originelle, à la fois subtile et mélodramatique, celle qui décrit la vie d’un Indien de l’Arizona, emporté par la déchéance, la honte et l’alcool après avoir été un combattant héroïque à la bataille d’Iwo Jima. Même si Dylan l’a interprétée avec tendresse, la version de Kinky Friedman est infiniment plus subtile, meurtrie, comme tournée vers l’intérieur. C’est ce mélange intime de burlesque (avec son vieux complice Little Jewford en Harpo Marx écarquillé) et de fragilité mélodique que Kinky sait le mieux communiquer à un public qui l’aime d’amour depuis longtemps. On ne remerciera jamais assez Karel Beer d’avoir bricolé en secret la venue de ce héros américain, comme il l’a fait par le passé avec Guy Clark, Chip Taylor et tant d’autres.
(à paraître dans ROLLING STONE)

lundi 28 septembre 2009

le premier spectateur
c'était il y a longtemps ... plus d'un siècle, c'est beaucoup, c'est peu ... en regard de l'art,de l'art d'usine, c'est infinitésimal ... des gens ont eu peur, un par un ou ensemble, ils ont eu peur ... c'était le premier, les premiers spectateurs de quelque chose qui n'avait pas encore de nom ... ils ont eu peur des premières images qui s'agitaient devant eux: un train, une pirogue, des ouvrières ... ... et puis ce furent des tour des passe passe, des jongleries, des clowneries, des gigotis, des gigotas, des numéros de magiciens, et même des yodels tyroliens passés au brou de noix du mississippi ....... ..
le cinéma forain se faisait dans les foires, on ne connaissait pas le nom des artistes de cirque qui organisaient toutes ces images (lumière, méliès, ce n'était que des noms de code, les plus connus, pour tous les opérateurs qui produisaient tous ces inédits au grand jour), le cinéma forain s'improvisait sous des tentes, des chapiteaux, les mêmes chapiteaux qui parcouraient au même moment l'Amérique pour vendre des élixirs, mettre en scène des cow boys, exhiber des peaux rouges, présenter à des petits blancs ahuris qui n'avaient jamais vu de noirs, des travestis raciaux, ces extraordinaires black minstrels dont emmett miller est le dernier, le dernier à être enregistré et filmé, en tout cas ...

emmett miller (à droite) not his singing yodel, i'm afraid, just his magician's late screaming yodel
et puis, et puis, et puis ... ....
un jour naquirent, sans qu'on même s'en rende compte, des films formatés, muets, parlants, qui racontaient des histoires en une heure trente, des histoires jouées par des acteurs .. .. ... les premiers spectateurs avaient disparu sans même qu'on s'en rende compte ... ... faut-il les faire revenir? sans doute pas .. .. ... mais ce qu'il faut faire revenir, par n'importe quel moyen, c'est l'éblouissement gamin devant les premières images .. .. .. un seul homme a vraiment essayé .. .. il s'appelle werner nekes ...

johnny flash (werner nekes)
pas vraiment représentatif de nekes, mais il se fait rare sur youtube: disons surtout qu'il est le seul cinéaste expérimental à avoir travaillé sur la caméra elle même, les focales, les objectifs, s'inspirant même des objets de pré-cinéma qu'il collectionne ... pour essayer de faire de la caméra autre chose que l'objet utilitaire et marchand qu'elle est devenue ... son idée, c'est de revenir à lumière ... et puis de changer de direction, de bifurquer, d'aller ailleurs ...
(à suivre)

le premier white minstrel

portrait de dylan en jeune travesti
on parlait de la grande figure oubliée des travestis raciaux, on évoquait le maître caché du jeune bob dylan, "the minstrel man from georgia", emmett miller ... ... c'était le plus grand des blackface, des black minstrels, ces blancs grimmés grossièrement en noirs, qui rigolaient et chantaient "comme des noirs"... .... .... ...
un jour, il y a plus de trente ans, précisément en 1975, avant de partir sur les routes avec sa troupe bigarrées d'amis, d'amantes, de charlatans, de cracheurs de feu, de violonistes, de danseuses, et même de cow boy juifs (kinky friedman, le plus grand chanteur juif du texas), pour sa toute première rolling thunder revue, dylan a eu une drôle de vision: il a rêvé qu'il était un minstrel, un white minstrel ....
... .... il connaîssait par coeur l'oeuvre complète du blackface emmett miller, celui qui a révélé hank williams à lui-même avec lovesick blues, celui qui a inventé cet étrange yodel sauvage qui a tant impressionné howlin' wolf, captain beefheart -et bob wills, et merle haggard, et lefty frizzell .... .....
... .... mais bob dylan connaisssait surtout bert williams, l'une des premières superstars du cinéma et de la chanson, dès 1912, il savait que c'était un noir qui se grimait ... en noir
... bert williams était célèbre pour cette étrange routine de vaudeville, mais il n'était certainement pas le seul (sammy davis enfant, armstrong jeune homme, et beaucoup d'autres se grossissaient les traits pour paraître plus noirs, pour devenir des nègres plus nègres que les nègres) ......
... .... ... le seul qui a survécu (en films rares, en disques crachottants), le seul qui témoigne de cette préhistoire archaïque des black minstrels, c'est bert williams, le plus célèbre des noirs déguisés en noirs ... ....

bert williams (bande-annonce d'un documentaire fait par des lycéens noirs américains/trop de rap, mais les images de bert williams sont trop rares pour qu'on s'en prive ... écoutez bien: à partir de 1.50, il chante "nobody", l'un de ses tubes)

bert williams/he's a cousin of mine (1906) ... étrangement bert williams, ce célèbre black minstrel noir chante "plus blanc" (comme rudy vallée ou un pré-bing crosby) que le black minstrel blanc emmett miller ... même si sam cooke a repris sa chanson

... .... .... des noirs grimés en noir, ah ah ah ..... ..... l'idée était trop belle, trop conceptuelle, trop poétique, trop fantasmatique, trop allégorique, trop dylanienne en un mot.. ... ... quand l'idée du cirque ambulant de la "rolling thunder revue" lui est venue, quand il s'est décidé de remettre charlie chaplin et le vaudeville à la mode, bob dylan l'a su en un éclair: il allait être le premier chanteur blanc ... à se grimer en blanc ...
(à suivre)

vendredi 25 septembre 2009

dylan, godard .... and me
introduction en anglais ... pourquoi? comme ça, comme une chanson ....
i bet the last modern movie will be a godard movie ... a thousand spliced images for a new century.. i bet the last contemporary song will be a dylan song, a thousand words, a thousand new characters, a new tribe of friends, enemies, new music for centuries to come ...

bob dylan/positively van gogh
ne pas oublier que dans des circonstances mystérieuses, jamais complètement élucidées, la vie de ces deux la a basculé .... pas au même moment mais presque, a la fin des années soixante, leurs vies se sont déchirées, scindées en deux .... .... a quelques mois près, dans un même accident de moto .... vies fracturées, nouvelle identité schizoïde ... un art éclaté, radicalement nouveau se met en place: ni le cinéma, ni la musique ne s'en remettront ... deux maîtres sont en train de naître .... ou plutôt de renaître a l'art et a la vie .... ... ...
... une même méfiance, un dégoût presque pathologique pour les fans, ces groupies envahissants qui les terrorisent, les rapproche encore plus: dylan parle de ces admirateurs puants qui rampent sur le toît de sa maison pour le voir de plus près, godard imagine un personnage homonyme, joué par dutronc (dans sauve qui peut la vie) qu'un admirateur veut enculer...
... et moi, au fait? qu'est ce que je viens faire là-dedans ... disons que j'ai eu longtemps, comme beaucoup, la tentation d'être moi aussi quelque chose comme le dernier cinéaste .... c'était à la fin du siècle dernier, quand je croyais encore réaliser avant l'an 2000 la version définitive de l'escalier de la haine, celle que j'appelais le juif de lascaux ... qui devait être dans ma tête quelque chose comme "le dernier film", un mélange inédit de dodesk'aden et de skorecki/fellini ... en y renonçant, j'ai renoncé aussi à cette ambition puérile .... être le dernier cinéaste ... je laisse cela à godard, à garrel, à tant d'autres qui occupent déjà la place ....
(a suivre.....)
melville et moi (remix)
du temps où j'écrivais au jour le jour sur le cinéma, je n'y allais déjà plus, et parler de vieux films en étant le plus loin possible de cet art industriel qui virait de plus en plus à l'industrie ... produisait des effets, des flashs inédits ailleurs, dans la littérature cinéphile ordinaire ... ... c'est la musique, et elle seule, qui me fait vivre depuis plus de vingt ans ... c'est avec l'expérience sensible (et non plus intellectuelle) de la musique que je me permets d'écrire encore de temps en temps sur le cinéma
j'ai toujours aimé melville -et surtout adoré un flic, son dernier film si maniéré qu'il en devient, paradoxe rarissime, déchirant de vérité.... l'émotion vient pour une fois du trop de mise en scène, d'une sorte d'usure en direct qui se transforme en larmes ... ... ... ... tout ça pour dire que j'ai vu l'autre jour le deuxième souffle à la télé et que je suis passé insensiblement -et en direct- de l'admiration à la détestation... .... .... c'est du cinéma filmé au pire sens du mot, surligné, apprêté, artificiel, distancié, mythologisant, référencé cinéma à tous les étages -et en plus en noir et blanc (en 1966, faut le faire)... ... ... jean renoir au moins (pas mon cinéaste préféré) préférait la vie au cinéma, même dans le cinéma il préférait la vie. ... ... ... dans ce sens là, sa leçon de cinéma accidentel a été bien oubliée (même par pialat, qui le singeait artificiellement) .... .... .... .... si hawks avec rio bravo (1958) était le premier postcinéaste, flamboyant d'humour et de vie, melville avec le deuxième souffle, enterre huit ans plus tard le bébé avec l'eau du bain: plus de vie, plus de larmes, plus de rires, juste des effets-cinéma à en crever ... ... on en est là depuis plus de quarante ans, dans un désespérant sur-place dont personne ne semble se soucier.... .... ....
.. et moi, au fait? qu'est ce que je viens faire là-dedans ... disons que j'ai sans le savoir, du moins sans l'avoir prévu, préparé avec cinéphiles 3 (les ruses de frédéric), et skorecki déménage, le retour à un cinéma plus modeste, plus léger, situé le plus loin possible des sentiers battus du cinéma filmé ... un cinéma pochette-surprise, fidèle à l'appellation originelle des "films d'occasion" ("loin du cinéma productions"), qui dit mieux quelle était mon ambition de producteur .... créer autre chose, ailleurs, qui délaisse le cinéma pour les rires et les larmes enfantines de la vie comme elle va ... ... ... .... .... .... à d'autres maintenant de bricoler, le plus loin possible de ce cinéma plus froid que la mort qui squatte les salles, des films rigolos, sans prétention, pour des spectateurs impatients de naître au grand jour ...
... .... parmi mes amis cinéastes (patrice kirchhofer, stavros tornes, jean-claude biette), et mes copains (jean-claude brisseau, joseph morder, pierre léon, laurent achard, pierre brody, vladimir léon, harold manning ...), l'unanimité est loin d'être faite autour de cette question d'un cinéma modeste à venir -un cinéma personnel, disons ... il y a autant d'opinions que d'individus, ce qui n'est pas plus mal après tout ... signe que cette tribu est vivante, hétéroclite, frondeuse .... et qu'elle pondra des oeufs dont naîtront des films, dont naîtront des films, dont naîtront des films .... ....
(a suivre)
les cinéphiles (le retour de jean)/skorecki,cressolle,abdi (1988)

jeudi 24 septembre 2009

Dylan à 70 ans
(à paraître dans ROLLING STONE)

Il les a presque, le vieux con. L’heure du bilan? Pourquoi pas†? Bob Dylan n’a jamais bien chanté, que ce soit clair entre nous. Il peut Ítre criard et inspirÈ en studio (comme lors des sessions new yorkaises de Highway 61 Revisited, l’ÈtÈ 1965 -je le sais, j’y Ètais), et c’est ‡ peu prËs tout. Il se lasse trop vite de ses propres chansons, ne sachant que les rÈarranger, les triturer, les dÈmolir pour les rendre mÈconnaissables (et souvent inaudibles). On trouve des choses extraordinaires enregistrÈes en concert sur youtube, mais pour une belle chanson, il y en a une centaine d’inÈcoutables. A part quelques concerts fulgurants, droguÈs, sous acide ou hÈroÔne (ou ce que vous voulez, vous avez le choix), donnÈs en 1966 (et le miracle toujours inexplicable de l’annÈe 2000 -une vraie Èpiphanie- o_ il n’a livrÈ en concert que des chefs d’œuvre d’Èquilibre et d’Èmotion), bob dylan chante toujours comme un pied (ou un canard, ou ce que vous voulez). Je l’ai encore vÈrifiÈ en 2003, lors de deux concerts ‡ Hambourg dans une toute petite salle (moins de 1800 personnes chaque soir ‡ tout casser), c’Ètait une horreur, et mÍme ‡ vingt mËtres de lui, avec une sono impeccable, je n’ai presque reconnu aucune chanson.
Tout Áa pour dire que depuis quelques mois, le vieux Dylan m’Èpate de nouveau†: il retrouve le sens de la mÈlodie, chuchotÈe, chantÈe, grommelÈe, lui qui avait perdu depuis des annÈes ce sens de la mÈlodie, la mÈlodie originelle de ses chansons en tout cas, ‡ force de les dÈmembrer, de les dÈtourner, de les massacrer. Quelques chansons live sur you tube tÈmoignent de cette nouvelle Èpiphanie, de cet art retrouvÈ d’inventer sur place, en direct, une Èmotion toute bÍte, faite de notes et de mots. Il gigote mÍme ‡ la guitare de temps en temps comme le clone de Little Richard qu’il Ètait ‡ quinze ans, ses genoux redevenant par miracle pris dans une danse de saint gui guillerette, Èpileptique, communicative et nerveuse. Regardez le chanter sur youtube il y a un mois _ (le 2 juillet exactement) l’une des nouvelles chansons de son dernier disque, la sublime This Dream of You (http://www.youtube.com/watch?v=VVhWDvgAjjo), il y a deux versions du mÍme concert, prÈfÈrez celle l‡, postÈe par expecting34, l’image est rudimentaire mais le son est remarquable pour une fois, presque un son de studio), Áa vous donnera une idÈe. Je suis s°r que son disque de chansons de NoÎl, dont se moquent ‡ l’avance les puristes, sera une merveille cristalline et mercuriale. Les AmÈricains sont trËs forts sur les chansons avec rennes, hotte remplie de cadeau, neige Ètincelante, ferveur familiale. Ils ont un sens de l’Èquilibre et du bonheur, eux. AprËs tout, c’est le grand Irving Berlin, l’analphabËte ‡ l’accent yiddish du shtetl, qui a Ècrit en 1940 White Christmas, la chanson la plus vendue des tous les temps. Ecoutez les versions de Sinatra, Presley ou Bing Crosby si vous ne me croyez pas. Et celles de Presley, des Drifters, de Charlie Parker, ou mÍme de Tony Bennett. C’est une sacrÈe belle chanson, si vous voulez mon avis. Vous ne le voulez pas†? Trop tard, vous l’avez.

ethel waters: sex, rape and other things ...

sa mère a douze ans quand elle accouche d'ethel, le père, blanc, est l'homme qui l'a violée... mieux que bessie smith, ethel waters annonce billie holiday (et lee wiley)

ethel waters/bread and gravy (1939)/films d'occasion prod
heavily sexual double entendre bluesy ballad (written by the one and only hoagy carmichael)

ethel waters/supper time (1933)
sur une musique et des paroles pré-strange fruit d'irving berlin (mon homme a été lynché, faut mettre le dîner...), ethel waters devient en 1933 la première superstar noire ...

lundi 21 septembre 2009

deux ou trois idées sur les derniers films que j'ai vus à la télé
de temps en temps je laisse la télé venir à moi ... l'autre jour j'ai vu la moitié de nosferatu dans une copie toute neuve (d'une beauté éblouissante, mais qui n'apporte rien, elle tendrait même plutôt à "esthétiser" le film un peu trop), et hier j'ai revu le grand sommeil en v.f... bogart est évidemment obscène, mais il passe mieux en français que prévu, comme une sorte de jeune robert dalban qui ferait les grimaces de dylan mieux que dylan ... la voix de bacall est correctement grave, j'avais oublié que cette jeune juive chantait si bien ... sinon, comme chacun l'a remarqué, c'est une comédie loufoque déguisée en detective story ... hawks est familier de ce genre d'inversion ... il l'a déjà dit lui-même souvent ...
à propos d'inversion, je jeune héros de nosferatu est décidément un "inverti", comme on le disait des efféminés d'hier ... c'est un travelo très réussi, aux fesses correctement rebondies, et sa femme est tout aussi correctement masculine ... celà a-t-il un rapport avec le vampirisme? ... je n'en sais rien, mais celà a évidemment un rapport avec les penchants sexuels du jeune murnau ...
ps. je n'aime pas beaucoup le muet (sauf chaplin évidemment) et hawks m'a toujours semblé un peu raide, un peu froid (sauf quand il prend gary cooper, aux beaux yeux de biche si féminins -ou angie dickinson, ou encore paula prentiss, si masculines, pour leur mettre dans les bras un rougissant john wayne ou un maladroit rock hudson)
(à suivre)
modestie/orgueil (post scriptum)
20 ans déja que le désir de filmer m'a quitté ... plus exactement, c'est la necessité d'ajouter un mauvais film de plus à tous les films médiocres qui se faisaient qui m'est apparue ridicule... .... je me suis interdit de filmer, je me suis privé du plaisir de faire des films ... cinq ou six ans plus tard, j'ai ressenti un drôle de truc: il m'a semblé que chacune de mes petites chroniques au jour le jour valait un film ... orgueil? sans doute ... j'ai pensé, je le pense encore, que j'étais le seul a penser encore le cinéma ... en particulier parce que je n"y allais plus ... c'est du dehors, le plus loin possible du cinéma, que je parlais encore des films, ceux du passé, ceux du présent ........
.... il y a deux ou trois ans, en refaisant sans trop de conviction un petit film (cinéphiles 3/les ruses de frédéric), je pensais juste à faire le moins mal possible .... modestie? manque d'illusions? comme vous voulez ... ... c'est en voyant ce film terminé que j'ai compris que c'était mieux que ca ... j'en étais très fier, j'en suis encore très fier ... ... modestie ou orgueil, appelez ca comme vous voulez ... .... j'ai juste eu l'impression que quelque chose de vivant (la même chose dont j'étais fier dans mes chroniques de libé), un cinéma modeste et rigolo, était revenu ... orgueil? modestie? à vous de voir ...
pourquoi je suis content de cinéphiles 3 (et dans une moindre mesure du retour des cinéphiles, et de skorecki déménage)
1. les acteurs n'y jouent pas dans la triste tradition pialat/cassavettes ... comment font-ils? à vous de deviner ... sans le préparer, sans le savoir, j'ai travaillé à une nouvelle manière de dire des dialogues ... ... je ne disais pas autre chose dans mes chroniques, je ne cherchais pas autre chose
2. les enfants ne jouent pas comme ailleurs .... ils sont une des vérités inattendues de ces films
3. ni C3 (les ruses de frédéric), ni le retour des cinéphiles, ni skorecki déménage, n'a comme unique sujet -au contraire de 99% des films qui se font en france- le cinéma ... ces trois films montrent des corps parlants, ils les exhibent, ils les trimballent .... disons qu'ils sontà la fois straubiens ... et enfantins
4. je n'ai pas ressenti le besoin de mettre en scène skorecki déménage, raphaël girault l'a fait à ma place ... la réalisation n'est rien, seul le film compte ...
5. j'ai fait ces trois films en deux ans ... je croyais être sans désir de cinéma, je croyais filmer à la vitesse d'un escargot sous anxyolitique, en vérité je n'ai jamais fait autant de films en si peu de temps ... aller vite ou lentement, quelle importance ....
(à suivre)

" invraisemblable ou pas, crois-moi, c'est la vérité -et il n'y en a pas deux ..."