mardi 15 juin 2010
lundi 7 juin 2010
version originale du texte paru dans GQ (ce sont surtout les trois derniers paragraphes qui ont été coupés, ce que je regrette)
De Columbo à Mad Men : 50 ans de cinéma, de télévision … et de chute libre
Et si on arrêtait de se laisser distraire par les effets modernistes des séries à la mode ? Les Soprano, Six Feet Under, 24 Heures, Dexter, Mad Men… Et si on arrêtait de se contenter de leur effet d'angle opportuniste et superficiel, leur nouveauté déguisée en effet de nouveauté ? Trop d’intelligence tue l’intelligence. Au bout de deux ou trois épisodes, toutes ces séries deviennent lassantes et répétitives. Elles misent à tort et à travers sur la vitesse/cinéma. Elles se veulent ouvertement cyniques, sûres de leur QI, et surtout adultes, alors que tout le charme et la vivacité des séries classiques de l'âge d'or tient dans leur immaturité espiègle, leur refus de grandir. Jamais Don Draper, malgré ses faux airs de Rod Taylor dans les Oiseaux, n’aura l’humanité blessée du flic toqué de Monk. Un millième d’humanité rieuse - la neige qui tombe sur Boston dans Ally McBeal par exemple - suffirait à éclairer les pastiches crispés de Mad Men, à leur insuffler ce rien de vie qui leur manque. L’anti-humanisme surligné des héros datés de Mad Men me crispe à chaque nouvel épisode, meme si j’avoue que je n’arrive pas à les détester autant que je voudrais… Trop de cinéma, ou plutôt d’effet-cinéma - Douglas Sirk, plus qu’Alfred Hitchcock - nous empêche à jamais de jouir de la légèreté/télévision. Si passer à l'âge adulte du feuilleton signifie tourner le dos à l'humanisme espiègle, intense, frondeur de Columbo, pour se laisser aller au kitsch froid des séries contemporaines qui n'ont pour elles qu'une nouveauté glacée, je préfère ralentir et regarder en arrière, les yeux humides d'émotion. Je pleure facilement au cinéma. Et à la télévision, cela va de soi.
A la télé, on oublie vite ce qu’on a aimé. Pas moi. Je n’oublierai jamais le lieutenant Columbo. Il y a plus de trente ans, j’ai été le premier à assigner à Columbo le statut d’alternative un peu triste à un cinéma classique déclinant. C’était dans un article des Cahiers du Cinéma intitulé Contre la Nouvelle Cinéphilie. A l’époque, Serge Daney, futur zappeur télé, s’était bien foutu de ma gueule. A chacun ses erreurs. Sur la télévision et ses feuilletons, j'en connais plus que la plupart des petits malins qui croient repérer plus vite que leur ombre les nouveaux objets non identifiés en forme de séries télé à la mode, ces séries qui sillonnent le ciel des idées courtes sur petit écran. J'en connais plus mais ça ne me sert pas à grand chose. Trop de savoir tue le savoir.
Il y a vingt ans, personne ne s'intéressait aux séries. Il y a cinquante ans, personne ne s'intéressait au cinéma. Eternelle confusion, éternel recommencement. En 1960, à part deux ou trois dizaines de tarés des Cahiers ou de Positif, seuls les prolos fréquentaient les salles de cinéma. Ils ne s'en portaient pas plus mal, les prolos. Les films étaient beaux, on pouvait s'identifier au héros, on rêvait très fort dans le noir. Le quidam n'avait pas de mots pour expliquer l'alchimie d'amour entre les films et lui, mais elle fonctionnait à merveille. On pouvait chasser en paix dans un territoire vierge qui ne s'appelait pas encore le pays de la cinéphilie. Ce qu'on sait moins, c'est qu'à Hollywood, ce beau rêve était déjà en train de s'évanouir. Dès 1958, avec Rio Bravo ou la Mort aux trousses, le post cinéma commençait. Ce qu'on sait encore moins, pour ne pas dire pas du tout, c'est que depuis 1955, avec Hitchcock aux manettes, la série télé à grande diffusion débarquait en Amérique. Autrement dit: en même temps qu'Hitchcock sophistiquait à outrance son cinéma, qu'il le surlignait avec une volupté rageuse et raffinée, Alfred Hitchcock présente inaugurait à la télévision la miniature noir et blanc, celle qui va droit à l'essentiel: deux personnages, trois répliques, un ton drôlatique et inquiétant, et le renoncement définitif à tout effet de signature.
On l’a aussi oublié mais avant de créer LA Law ou NYPD Blue, Steven Bochco s’est fait la main comme rafistoleur de scripts sur Columbo. C’est lui qui a formé le seul auteur de la télé, David E. Kelley. C’est lui qui l’a initié aux personnages multiples, à cette étrange démocratisation du héros par le nombre. Dès Ally McBeal ou Practice, Kelley donna ainsi un coup d’accélérateur à la banalisation héroïque des personnages, les habilla en douce de cette couche de surréalisme onirique qui suffit à faire scintiller le réel. Il les fit basculer du côté de Frank Capra ou de la Nuit du Chasseur. Je n’en suis toujours pas revenu. Je n’en reviendrai jamais.
Comme Columbo, Star Trek marque à jamais l’imaginaire des débuts de la télévision. A ce titre, le capitaine Kirk (William Shatner) est aussi important que Chaplin dans le Kid. Ou que Gentleman Jim (Errol Flynn) chez Walsh. Et ce n’est pas un hasard si David E. Kelley boucle sa longue série de feuilletons sucrés/salés par un hommage inattendu à l’homme par qui la science-fiction a envahi l’Amérique. Les acteurs de Practice ayant eu le culot de demander une augmentation, Kelley les mit tous à la porte du jour au lendemain, liquida la série, et la transforma en un drôle de spin off, Boston Justice, suite improbable de son chef d’oeuvre universitaire méconnu, Boston Public. Contrairement à Mad Men, il faut au moins une vingtaine d’épisodes de cette série énigmatique pour décider si on l’aime ou pas. Pas d’effet de répétition ou de variation sur un thème unique comme dans les Soprano, il faut en passer par la dure loi du feuilleton (suivre, douter, aimer, s’étonner, décrocher, douter encore, aimer de nouveau …) pour apprécier in extremis la recette expérimentale à laquelle Kelley nous accommode au fur et à mesure. Pour une fois, c’est nous qui sommes devenus le sujet de l’expérience.
Personnage imbitable, serré dans un corset, incapable de plaider, aussi grotesque qu’Orson Welles dans Falstaff, l’ex héros de Star Trek campe un avocat improbable, lamentable, irréaliste, qui finit par se marier sans conviction avec l’autre avocat de la série, James Spader (oui, oui, l’androgyne héros de Sexe, Mensonges et Video, le premier film de Soderberg). Sur quelle planète a-t-on atterri ? De quels improbables mutants Kelley finit-il par nous régaler? Entre la complicité rieuse avec l’inspecteur Columbo, cet amour instantané que provoque le personnage, et le doute qui se saisit de nous à chaque nouveau mauvais coup du capitaine Kirk, réincarné malgré lui en avocat ringard et mégalo, le fossé n’est peut-être pas si profond que ça. Au fond, c’est toujours la même chanson. En musique, on appelle ça une boucle.
Et si on arrêtait de se laisser distraire par les effets modernistes des séries à la mode ? Les Soprano, Six Feet Under, 24 Heures, Dexter, Mad Men… Et si on arrêtait de se contenter de leur effet d'angle opportuniste et superficiel, leur nouveauté déguisée en effet de nouveauté ? Trop d’intelligence tue l’intelligence. Au bout de deux ou trois épisodes, toutes ces séries deviennent lassantes et répétitives. Elles misent à tort et à travers sur la vitesse/cinéma. Elles se veulent ouvertement cyniques, sûres de leur QI, et surtout adultes, alors que tout le charme et la vivacité des séries classiques de l'âge d'or tient dans leur immaturité espiègle, leur refus de grandir. Jamais Don Draper, malgré ses faux airs de Rod Taylor dans les Oiseaux, n’aura l’humanité blessée du flic toqué de Monk. Un millième d’humanité rieuse - la neige qui tombe sur Boston dans Ally McBeal par exemple - suffirait à éclairer les pastiches crispés de Mad Men, à leur insuffler ce rien de vie qui leur manque. L’anti-humanisme surligné des héros datés de Mad Men me crispe à chaque nouvel épisode, meme si j’avoue que je n’arrive pas à les détester autant que je voudrais… Trop de cinéma, ou plutôt d’effet-cinéma - Douglas Sirk, plus qu’Alfred Hitchcock - nous empêche à jamais de jouir de la légèreté/télévision. Si passer à l'âge adulte du feuilleton signifie tourner le dos à l'humanisme espiègle, intense, frondeur de Columbo, pour se laisser aller au kitsch froid des séries contemporaines qui n'ont pour elles qu'une nouveauté glacée, je préfère ralentir et regarder en arrière, les yeux humides d'émotion. Je pleure facilement au cinéma. Et à la télévision, cela va de soi.
A la télé, on oublie vite ce qu’on a aimé. Pas moi. Je n’oublierai jamais le lieutenant Columbo. Il y a plus de trente ans, j’ai été le premier à assigner à Columbo le statut d’alternative un peu triste à un cinéma classique déclinant. C’était dans un article des Cahiers du Cinéma intitulé Contre la Nouvelle Cinéphilie. A l’époque, Serge Daney, futur zappeur télé, s’était bien foutu de ma gueule. A chacun ses erreurs. Sur la télévision et ses feuilletons, j'en connais plus que la plupart des petits malins qui croient repérer plus vite que leur ombre les nouveaux objets non identifiés en forme de séries télé à la mode, ces séries qui sillonnent le ciel des idées courtes sur petit écran. J'en connais plus mais ça ne me sert pas à grand chose. Trop de savoir tue le savoir.
Il y a vingt ans, personne ne s'intéressait aux séries. Il y a cinquante ans, personne ne s'intéressait au cinéma. Eternelle confusion, éternel recommencement. En 1960, à part deux ou trois dizaines de tarés des Cahiers ou de Positif, seuls les prolos fréquentaient les salles de cinéma. Ils ne s'en portaient pas plus mal, les prolos. Les films étaient beaux, on pouvait s'identifier au héros, on rêvait très fort dans le noir. Le quidam n'avait pas de mots pour expliquer l'alchimie d'amour entre les films et lui, mais elle fonctionnait à merveille. On pouvait chasser en paix dans un territoire vierge qui ne s'appelait pas encore le pays de la cinéphilie. Ce qu'on sait moins, c'est qu'à Hollywood, ce beau rêve était déjà en train de s'évanouir. Dès 1958, avec Rio Bravo ou la Mort aux trousses, le post cinéma commençait. Ce qu'on sait encore moins, pour ne pas dire pas du tout, c'est que depuis 1955, avec Hitchcock aux manettes, la série télé à grande diffusion débarquait en Amérique. Autrement dit: en même temps qu'Hitchcock sophistiquait à outrance son cinéma, qu'il le surlignait avec une volupté rageuse et raffinée, Alfred Hitchcock présente inaugurait à la télévision la miniature noir et blanc, celle qui va droit à l'essentiel: deux personnages, trois répliques, un ton drôlatique et inquiétant, et le renoncement définitif à tout effet de signature.
On l’a aussi oublié mais avant de créer LA Law ou NYPD Blue, Steven Bochco s’est fait la main comme rafistoleur de scripts sur Columbo. C’est lui qui a formé le seul auteur de la télé, David E. Kelley. C’est lui qui l’a initié aux personnages multiples, à cette étrange démocratisation du héros par le nombre. Dès Ally McBeal ou Practice, Kelley donna ainsi un coup d’accélérateur à la banalisation héroïque des personnages, les habilla en douce de cette couche de surréalisme onirique qui suffit à faire scintiller le réel. Il les fit basculer du côté de Frank Capra ou de la Nuit du Chasseur. Je n’en suis toujours pas revenu. Je n’en reviendrai jamais.
Comme Columbo, Star Trek marque à jamais l’imaginaire des débuts de la télévision. A ce titre, le capitaine Kirk (William Shatner) est aussi important que Chaplin dans le Kid. Ou que Gentleman Jim (Errol Flynn) chez Walsh. Et ce n’est pas un hasard si David E. Kelley boucle sa longue série de feuilletons sucrés/salés par un hommage inattendu à l’homme par qui la science-fiction a envahi l’Amérique. Les acteurs de Practice ayant eu le culot de demander une augmentation, Kelley les mit tous à la porte du jour au lendemain, liquida la série, et la transforma en un drôle de spin off, Boston Justice, suite improbable de son chef d’oeuvre universitaire méconnu, Boston Public. Contrairement à Mad Men, il faut au moins une vingtaine d’épisodes de cette série énigmatique pour décider si on l’aime ou pas. Pas d’effet de répétition ou de variation sur un thème unique comme dans les Soprano, il faut en passer par la dure loi du feuilleton (suivre, douter, aimer, s’étonner, décrocher, douter encore, aimer de nouveau …) pour apprécier in extremis la recette expérimentale à laquelle Kelley nous accommode au fur et à mesure. Pour une fois, c’est nous qui sommes devenus le sujet de l’expérience.
Personnage imbitable, serré dans un corset, incapable de plaider, aussi grotesque qu’Orson Welles dans Falstaff, l’ex héros de Star Trek campe un avocat improbable, lamentable, irréaliste, qui finit par se marier sans conviction avec l’autre avocat de la série, James Spader (oui, oui, l’androgyne héros de Sexe, Mensonges et Video, le premier film de Soderberg). Sur quelle planète a-t-on atterri ? De quels improbables mutants Kelley finit-il par nous régaler? Entre la complicité rieuse avec l’inspecteur Columbo, cet amour instantané que provoque le personnage, et le doute qui se saisit de nous à chaque nouveau mauvais coup du capitaine Kirk, réincarné malgré lui en avocat ringard et mégalo, le fossé n’est peut-être pas si profond que ça. Au fond, c’est toujours la même chanson. En musique, on appelle ça une boucle.
vendredi 7 mai 2010
un nouveau titre, rarissime, de beverly kenney
beverly kenney/THE SURREY WITH A FRINGE ON TOP (very rare version) (1958)/elle s'est suicidée à 28 ans, elle chantait trop bien, trop juste, pour notre monde injuste, triste, désaccordé
samedi 1 mai 2010
suivre brigitte ollier, sur la piste des photos couleur de doisneau, sans cesser de penser à jane bowles
http://voyages.liberation.fr/voir-et-lire/doisneau-en-amerique
bob dylan/just like tom thumb's blues (prague, 11 juin)/what good am i? (linz, autriche, 12 juin)/blowin' in the wind (belgrade 6 juin)
9 juin/bratislava (slovaquie)/highway 61
mercredi 28 avril 2010
c'était comment brive? chaleureux, presque planant .... comme ce très beau texte signé pierre léon

Skorecki déménage est un film primitif, un burlesque plus proche des Lubitsch allemands que des Charlot, mais d’une drôlerie juive aussi extravagante. Un slapstick politique géant, joué avec une ferveur, une énergie, une confiance aveugle dans sa propre vitesse — sa fuite en avant. Il incendie tous les ponts et se jette dans la vraie tragédie, celle des hommes ridicules. Les gags s’accumulent et se bousculent dans une répétition effrayante, des gags sinistres, mélangeant les humiliés avec les offenseurs, les victimes avec les bourreaux, et personne n’y gagne de beau rôle. Pas de rôle du tout, en réalité. Pas de rôle, dans le sens “registre” du mot — ou bien alors dans celui, médiéval, de “rouleau” — c’est la Torah, un récit infini à la Gertrud Stein.
Qu’est-ce que ça veut dire, de perdre sa place dans la communauté ? Comment faire pour que cette communauté ne se débarrasse pas de vous (en appelant les “encombrants”, puisqu'il est question de meubles et d'immeuble dans cette comédie minimale), alors que vous êtes certain qu’en procédant de cette façon elle signe son arrêt de mort ? Le tout agit ici sans métaphore aucune — depuis 1987, le journal Libération (c’est de ça que ça parle, et de Louis Skorecki, qui le quitte en même temps qu'il en est quitté), physiquement installé dans un garage, s’est peu à peu rangé des voitures, il n’a plus aucun soucis à se faire. Il n’a donc plus besoin de son dernier tireur imprévisible. Alors Skorecki s’en va — je veux dire l’acteur Skorecki —, il arrache l'affiche des Cinéphiles (ceux de 1989), fouille les poubelles à la recherche de cartons, va et vient, arpente les couloirs obliques et les gens le regardent comme un Diogène privé de son tonneau. D’ailleurs : encore un peu, et il va trouver un carton assez grand pour se coucher dedans, à la cloche de l'art.
à lire sur le blog de pierre léon http://le-blob.blogspot.com/2010/04/brives-louis-s.html
(photo: sylvain marchou)
http://www.brivemag.fr/?p=31801LOUIE LOUIE par adrian martin et guillaume ollendorff
"A movie exists only once. Then basta. Seeing it again for pleasure – OK, why not? But the idea of ‘re-evaluating’ a movie is a nonsense, a heresy, a horror. Ban this ‘re-evaluation’ business from your life. If the movie seems not so good the second or the third time around, then tell yourself that you are the one who's wrong".
You can read Louis Skorecki on-line, but that’s nothing like reading him in the newspaper, each day, several days a week. There are people who text each other, over breakfast, with the most outrageous things that Skorecki has just said in his column in the French newspaper Libération, which he has been writing for years. It is literally a column: one long column, hard to cut out successfully, with one small photo always in the same spot in the middle. The page is devoted to television; and Skorecki’s section is titled ‘Le Film’, meaning the film-of-the-day on TV – free-to-air or cable TV. But Skorecki makes a point of returning to certain films, and certain filmmakers again and again, and even recycling his own texts, with only slight changes.
mardi 27 avril 2010
columbo vs don draper (fragments)
Il y a vingt ans, personne ne s'intéressait aux séries. Il y a cinquante ans, personne ne s'intéressait au cinéma. Eternelle confusion, éternel recommencement. En 1960, à part deux ou trois dizaines de tarés des Cahiers, de Positif, de Présence du cinéma, seuls les prolos fréquentaient les salles de cinéma. Ils ne s'en portaient pas plus mal, les prolos. Les films étaient beaux, on pouvait s'identifier au héros, on rêvait très fort dans le noir. Le quidam n'avait pas de mots pour expliquer l'alchimie d'amour entre les films et lui, mais elle fonctionnait à merveille. On pouvait chasser en paix dans un territoire vierge qui ne s'appelait pas encore le pays de la cinéphilie. Ce qu'on sait moins, c'est qu'à Hollywood, ce beau rêve était déjà en train de s'évanouir. Dès 1958, avec Rio Bravo ou la Mort aux trousses, le post cinéma commençait. Ce qu'on sait encore moins, pour ne pas dire pas du tout, c'est que depuis 1955, avec Hitchcock aux manettes, la série télé à grande diffusion débarquait en Amérique. Autrement dit: en même temps qu'il sophistiquait à outrance son cinéma, qu'il le surlignait avec une volupté rageuse et raffinée, Alfred Hitchcock présente inaugurait la miniature noir et blanc, celle qui va droit à l'essentiel: deux personnages, trois répliques, un ton drôlatique et inquiétant, et le renoncement définitif à tout effet de signature.
(fragments d'un texte, à paraître dans quelques semaines dans GQ)
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" invraisemblable ou pas, crois-moi, c'est la vérité -et il n'y en a pas deux ..."


