vendredi 1 janvier 2010

best ballad singer ever? re-introducing sweet jimmy durante & gordon jenkins, two of the men who had the biggest influence on frank sinatra

jimmy durante & gordon jenkins/i'll see you in my dreams
nat king cole: la version crooner idéale de stardust
deux chefs d'oeuvre absolus composés et joués en 1995 par le vieux lion du saxophone alto, benny carter, le premier avec peggy lee (qui en a écrit les paroles), le second avec shirley horn (paroles de johnny mercer)

i see you, peggy lee, benny carter, her very last song/ 26 août 1995 (films d'occasion)

shirley horn/a kiss from you (films d'occasion productions)
catholic harmonies by two strange gothic man and wife teams


the innocence misssion: brotherhood of man/ the handsome family: just like tom thumb's blues (best cover ever of a dylan's song)
les versions originales (entre 1928 et 1932) de stardust: par hoagy carmichael lui-même (chanté/parlé), et jean sablon (VF/VO)



lisbonne/salinger, un aller -retour
je reviens de lisbonne, j'ai montré mes films à la cinémathèque devant une vingtaine de spectateurs très attentifs .... merci à luis miguel oliveira et à ses deux collaboratrices .... au même moment, jd salinger mourait ... je suis triste ... les mots me manquent ...
ce que j'ai le plus lu et relu dans ma vie, ce sont les aventures de la famille glass .... from esmé with love & squalor, a perfect day for bananafish et les autres nouvelles de nine stories, franny and zooey, raise high the roofbeam carpenters, seymour, an introduction ... comme je lisais et relisais raymond chandler il y a longtemps .... et comme je n'ai jamais cessé de relire lolita en anglais ... les enfants glass faisaient de la radio-réalité, les parents glass étaient des héros de vaudeville, comme les black minstrels, comme emmett miller, comme charlie chaplin à londres, aussi, le même chaplin qui ravira au jeune salinger la femme de sa vie, la belle oona o'neil (jd salinger insultera plus tard, à coup de lettres rageuses, le "vieil homme dégoûtant" qui lui avait volé sa fiancée, la trop jeune oona ...) ... c'est la fin d'un monde, un monde d'images et de mots, de mots parlés, rimés, et encore parlés.
parler le monde, salinger le faisait mieux que tout le monde, dans la langue la plus ordinairement poétique, la plus ramassée, la plus bavarde qui soit. il faisait en anglais, en américain plutôt, ce que le russe nabokov bricolait au même moment avec des bribes d'anglo-américain de collège, ce que céline faisait également de son côté, avec un côté plus noir mais tout aussi lumineux au fond .... cet ordinaire poétique de la langue américaine, salinger en a fait des énigmes, des bouts rimés, des koans ... on connaît le son de deux mains qui applaudissent, mais il n'est pas important de savoir ce qu'est le son d'une main, une seule ... le plus important est d'imaginer une petite fille qui bouge les lèvres dans le noir sans qu'un seul son ne sorte de sa bouche, répétant à l'infini une seule et même phrase, un mantra gamin pour extraterrestre urbain ... le lecteur finira bien par croire que cette prière là, faite de mots silencieux, lui permet, à elle, à lui, de flotter au dessus du sol et d'entendre voler les poissons, les poissons- banane, les poissons-chat ... et même les poissons-rat.
on garde salinger pour soi, on n'en parle jamais, ni à ses éditeurs, ni à ses amis ... .... en fait chaque lecteur de salinger pense qu'il n'y a que lui pour le lire, il pense qu'il est le seul ... ses lecteurs se comptent un à un, sur les doigts d'une main, sans que ça se sache, sans qu'ils n'en sachent rien, jusqu'à ce que ça fasse des millions de lecteurs uniques, à s'additionner sans jamais se toucher ...
je n'ai parlé de salinger qu'une seule fois, dans un coin perdu de bretagne, il y trente ans, avec deux amis que j'avais alors, pierre trividic et pascale ferran, et je me suis émerveillé tout haut, pour la première et la dernière fois de ma vie, de ce petit miracle: deux autres personnes, deux êtres humains, partageaient mon amour, un amour oblique et frontal à la fois pour les enfants butés et les jeunes adultes de j.d salinger ... c'est tout juste si on ne se récita pas des bribes de phrases tout haut, en plein jour, dans le vent ... des années plus tard, en voyant son premier film, petits arrangements avec les morts, j'ai su que pascale ferran -et pierre trividic qui venait d'en écrire le scénario et les dialogues- seraient parmi les seuls à avoir abordé de front, avec tout le sérieux de l'enfance, l'univers buté des nouvelles bavardes de salinger ...
encore un mot, peut-être le dernier. la religion bouddhiste n'a qu'une importance maniaque, répétitive, décorative, dans les textes de salinger. c'est juste un rituel comme un autre. il y en a de plus bêtes.
et pourtant, je suis passé de ces exercices zen plus pittoresques qu'immatériels, auxquels se livrent ses personnages, franny surtout si je me rappelle bien, à la lectures de vrais contes zen (en anglais aussi, il n'y avait rien en français), avec le même amateurisme enthousiaste dont ses personnages faisaient preuve. les rituels m'intéressant décidément plus que les religions elles-mêmes, je suis passé du bouddhisme zen aux contes hassidiques (martin buber, rabbi nachman .. et même elie wiesel), puis aux délires philosophiques abstraits des soufis de l'islam (ibn' arabi surtout), et enfin, in extremis, aux merveilles d'érudition chrétiennes d'un juriste juif trop peu connu, jacob taubes dont le seul livre (c'était un professeur, un orateur), théologie politique de paul, est devenu mon livre de chevet, malgré une sorte d'hermétisme lacanien qui me séduit plus qu'il ne me rebute. des rituels religieux, je suis passé à un moment aux écrits de leroi-gourhan sur la préhistoire (surtout son petit livre rouge sur la religion des hommes préhistoriques), mais là, je ne suis pas sûr qu'il y ait un rapport avec salinger. encore que ...
post scriptum . cette famille glass, ce mot là, ça tisse quoi? dire d'abord que la célébrité de salinger s'est faite sur un malentendu pré-glass, sur catcher in the rye, sur les gros mots poétiques mais convenus de holden caufield. je ne l'ai jamais vraiment aimé, ce livre là ... trop américain, trop conventionnel, trop doucement décalé, révolté, parlé/parlé/parlé ... avec les glass c'est différent: d'où viennent-ils? où vont-ils? leurs mots sont légers, presque immatériels, d'une pure musicalité de la langue parlée, hors réalisme, hors théâtre, hors cinéma, hors tout -la même immatérialité musicale que celle de l'étranger nabokov dans lolita, celui qui écoute d'une oreille distraite, étrangère, les étudiants, les fillettes, les nymphettes ... et les papillons.

si j.d salinger chantait, il chanterait sans effort (moins, c'est mieux) comme bobby troup, le roi du minimalisme .... ou mieux encore comme sinatra .... deux versions de misty (bobby troup, après my funny valentine , et sinatra, prise inédite tirée de sinatra and strings)
a rare bob dylan film soundtrack song, waitin' for you (2005), written for divine secrets of the ya ya sisterhood (2002)

bonus. bob dylan's happily rocking version of a great grateful dead song, west l.a. fadeaway (jerry garcia/robert hunter), in 1999

... and the original grateful dead version, ten years earlier, in 1989

andrew bird/bob dylan, deux versions de "oh sara"

quelques mots élégants de gilles tordjman dans le webzine pinkushion

Dans un édito de Vibrations paru en mai 2004, titré « L’autisme critique », vous regrettiez que la critique délaisse « le risque et l’ardeur », ne cherche pas « à dire quelque chose du monde ». Force est de constater, en effet, que le discours critique musical met rarement en jeu un point de vue sur le monde, que les grands théoriciens, comme ont pu l’être Serge Daney pour le cinéma, sont rares ... .... À quoi attribuez-vous cette carence ?

Gilles Tordjman:
A une chose toute simple : le manque de générosité, l’absence d’ambition. Daney ne prétendait pas, du moins je crois, se poser en théoricien. Pas plus que l’ami Louis Skorecki. Pas plus, sans doute que l’énigmatique et stimulant Daniel Arasse. Et pourtant, ces gens qui n’étaient ni universitaires, ni théoriciens ont produit des écrits majeurs. Plus encore, ils ont fait une œuvre. Pourquoi ? Parce qu’on y entend, jusque dans leurs faiblesses, le bruit fracassant du désir. Et c’est considérable, le bruit du désir. Il n’est pas obligatoirement envahissant : il peut être discret comme du Morton Feldman, arachnéen comme du Durutti Column. Léger comme les beaux articles de Michèle Bernstein qui ont fait si longtemps, et à eux seuls, l’honneur de Libération.
L’impensé du critique, c’est l’Ange. Une entité intermédiaire entre le Ciel et la Terre ; un passeur. Comment faire dans un temps où il n’y a plus de distinction entre Ciel et Terre, mais où la distinction entre artistes et spectateurs reste si forte qu’on invente des émissions de télé pour convaincre le public que tout le monde peut être artiste, à condition de se plier à l’humiliation générale ? Contre ça, c’est le rôle, ou ça devrait l’être, du critique actuel : dire que tout ne se vaut pas, que le goût est une belle chose mais qu’il faut en accepter la nature discriminante, et qu’enfin tout est à la portée de tout le monde, mais à la seule condition qu’on se donne les moyens d’y parvenir. C’est une ambition modeste, mais cette modestie est devenue folle. Donc la plupart des critiques s’en tiendront à ce qu’on leur demande : aider à faire vendre des marchandises culturelles. Toute autre ambition, tout autre désir, tout pas de côté, sera sévèrement sanctionné, sur l’air bien connu du « on ne vous en demande pas tant ». Or, tous ces autres critiques, tous ces énergumènes qui ont cette vertu spéciale de donner envie se distinguent justement parce qu’ils ont excédé leur pratique, qu’ils ont essayé de dire quelque chose de leur temps. C’est à ça que je pensais dans le texte que vous citez, « l’Autisme critique », en regrettant que la critique musicale n’ait jusqu’à présent produit aucun Daney, aucun Skorecki, aucun Arasse. Résultat, je me suis fait clouer au pilori par des collègues qui s’étaient senti visés et protestèrent de leur bonne foi en disant que leur ardeur à défendre les « musiques du monde » prouvait leur « engagement politique ». Et donc, qu’ils étaient, eux, les plus parfaits représentants d’une critique musicale qui produit de la critique sociale. Vous voyez le niveau.

ne pas oublier ceci, gilles, avec quoi tu ne seras sans doute pas d'accord: si le cinéma s'est enrichi un temps de la réflexion critique, ce n'est pas le cas de la musique (populaire, s'entend): c'est une question d'intelligence des sentiments ... pas de place pour la théorie ... on écoute, on aime, on apprend, on fait éventuellement écouter à d'autres, pour peu qu'on fréquente des autres (ce qui est loin d'être mon cas) ... on bricole des embryons d'idées, des amorces d'archéologie ou de généalogie, on ne va jamais beaucoup plus loin
harry choates (1922-1951), le presley des bayous, créateur cajun de jole blon ... avec la belle johnnie ruth manuel (c'est elle sur la photo)


yes, i love you, 1947 .... vocal and piano by the lovely johnnie ruth manuel , harry choates plays lead guitar in a django reinhardt sort of crazy cajun way ... un miracle d'équilibre sensuel décalé
one of the very best dylan concerts ever, portsmouth 2000 (his best year, anyway)

lovesick

can't wait

to ramona/forever young

gotta serve somebody/mama, you've been on my mind

visions of johanna
quatre nouvelles de jd salinger (fragments inédits)

both parties concerned
I followed her out to the floor, but just as we got there the orchestra got sneaky on us. They started playing Moonlight Becomes You.

bing crosby/moonlight becomes you (the road to morocco, 1942)
It’s old now, but it’s a swell song. I mean it isn’t a bad song. We used to hear it once in a while on the radio in the car or the one at home. Once in a while Ruthie used to sing the words. But it wasn’t so hot, hearing it at Jake’s that night. It was embarrassing. And they must of played eighty-five choruses of it. I mean they kept playing it. Ruthie danced about ten miles away from me, and we didn’t look at each other much. Finally, they stopped. Then Ruthie broke away from me like. She walks back to the table, but she don’t sit down. She just picks up her coat and beats it. She was crying.

blue melody (scratchy needle on a phonograph record.)

“Why you like this little ole boy like you do?” Lida Louise asked Peggy.
“I don’t know,” Peggy said. “I like the way he stands at the blackboard.”
Rudford considered the remark disgusting, but Lida Louise’s threnodic eyes picked it up and looked away with it. She said to Black Charles, “Uncle, you hear what this little ole Margar-reet say?”
“No. What she say?” said Black Charles. He had the cover of his piano raised and was looking for something in the strings—a cigarette butt, perhaps, or the top of a catsup bottle.
“She say she like this ole boy on accounta the way he stands at the blackboard.”
“That right?” said Black Charles, taking his head out of the piano. “You sing somethin’ for these here chillern Lida Louise,” he said.
“Okay. What song they like?…Who stole my cigarettes? I had ‘em right here by my side.”
“You smoke too much. You a too-much gal. Sing,” said her uncle. He sat down at his piano. “Sing ‘Nobody Good Around.’ ”
“That ain’t no song for kiddies.”
“These here kiddies like that kinda song real good.”
“Okay,” said Lida Louise. She stood up, in close to the piano. She was a very tall girl. Rudford and Peggy, already sitting on the floor, had to look way up at her.
“What key you want it?”
Lida Louise shrugged. “A, B, C, D, E, F, F,” she said and winked at the children. “Who cares? Gimme a green one. Gotta match my shoes.”
Black Charles struck a chord, and his niece’s voice slipped into it. She sang “Nobody Good Around.” When she was finished, Rudford had gooseflesh from his neck to his waist. Peggy’s fist was in his coat pocket. He hadn’t felt it go in, and he didn’t make her take it out.

Now, years later, Rudford was making a great point of explaining to me that Lida Louise’s voice can’t be described, until I told him that I happened to own most of her records and knew what he meant. Actually, though, a fair attempt to describe Lida Louise’s voice can be made. She had a powerful, soft voice. Every note she sang was detonated individually. She blasted you tenderly to pieces. In saying her voice can’t be described, Rudford probably meant that it can’t be classified. And that’s true.

a girl i knew

1.
probably for every man there is at least one city that sooner or later turns into a girl. how well or how badly the man actually knew the girl doesn't necessarily affect the transformation. she was there, and she was the whole city, and that was that.
2.
i had a phonograph and two american phonograph records in my room.
.... ....
on one of the records dorothy lamour sang moonlight and shadows, and on the other connee boswell sang

connee boswell/the nearness of you (1940)
(elle chantait where are you? dans la nouvelle de salinger, mais je ne l'ai pas trouvée)
.......
one evening i was in my sitting room, writing a long letter to a girl in pennsylvania, suggesting that she quit school and come to europe to marry me—a not infrequent suggestion of mine in those days. my phonograph was not playing. but suddenly the words to miss boswell’s song floated, just slightly damaged, through my open window:
"where are you?
where have you gone wissout me?
isought you cared about me.
where are you?”
thoroughly excited, i sprang to my feet, then rushed to my window and leaned out.

a young girl in 1942 with no waist at all
Ray put his arm around Barbara’s waist to steady her. She has no waist at all,” said Mrs. Woodruff and looked gently at Ray. “How perfect it must be for you to be out on a night like this with somebody who has absolutely no waist at all.”
where does his falsetto come from: rh harris or brian wilson?

liam hays and plush/take a chance (check lovely new cd, fed)
from adrian martin ("rouge", 2007)
A movie exists only once. Then basta. Seeing it again for pleasure – OK, why not? But the idea of ‘re-evaluating’ a movie is a nonsense, a heresy, a horror. Ban this ‘re-evaluation’ business from your life. If the movie seems not so good the second or the third time around, then tell yourself that you are the one who's wrong.

You can read Louis Skorecki on-line, but that’s nothing like reading him in the newspaper, each day, several days a week. There are people who text each other, over breakfast, with the most outrageous things that Skorecki has just said in his column in the French newspaper Libération, which he has been writing for years. It is literally a column: one long column, hard to cut out successfully, with one small photo always in the same spot in the middle. The page is devoted to television; and Skorecki’s section is titled ‘Le Film’, meaning the film-of-the-day on TV – free-to-air or cable TV. But Skorecki makes a point of returning to certain films, and certain filmmakers again and again, and even recycling his own texts, with only slight changes.
adrian martin ("rouge")
sur eric zemmour
eric zemmour a été mis en cause... ... ici et là, on demande des sanctions... ... il a dit (dans l'émission d'ardisson sur canal plus, ou dans celle de ruquier sur france 2, je ne sais plus, je m'y perd), qu'en banlieue, la plupart des trafiquants sont noirs et arabes... ... il dit ne pas ne regretter ses propos ... ... et pourquoi demanderait-il pardon? .. ... de quoi devrait-il s'excuser? .. .. de parler vrai? ... ... le fait est, tout bêtement, appelons un chat un chat, qu'il a raison... ... je pense comme lui, et moi aussi, je le dis tout haut... que les crétins bien-pensants (ceux qui aiment les noirs et les arabes, mais de très loin) me traitent de raciste, s'ils en ont envie ... ... zemmour est de droite, ça le regarde, ce n'est pas une raison pour demander sa peau ... ... ses propos sont souvent outranciers, parfois naïfs ... ils sonnent aussi très juste de temps en temps .... il peut compter sur ma pauvre voix pour le défendre jusqu'au bout... ...PS. j'ai toujours aimé les petits juifs méchants .. .. même woody allen ...
souvenir de belfort 2009
ce court extrait d'eugénie de franval (sade/skorecki) a été filmé dans la salle de projection, avec un appareil photo, tout comme le second extrait qu'on peut voir dans la colonne de gauche, plus court encore et ... plus personnel (à propos de ce second extrait, lire sur EDF, écrit par jean-pierre oudart il y a plus de trente ans dans les cahiers du cinéma)


eugénie de franval (skorecki, 1974)

j'étais à la master class des frères dardenne....ils ont parlé de charlot, mais pas de peggy lee ... ...


peggy lee chante charlot (
le vagabond, 1915) et la belle et le clochard de disney... il y a un seul charlot mais il y a DEUX sinatra ... le second, c'est peggy lee, la seule à approcher l' aisance du maître
elvis presley, scotty moore, bill black, buddy holly, carl perkins, johnny cash ... and a few others
les films d'occasion présentent i'll be seing you (sinatra, 1961)

a masterpiece of elegance, in singing and in saying goodbye to an old friend, axel stordahl, for his last arrangement of an old sinatra standard he had arranged years ago with tommy dorsey, comes this fabulous "new" version of "i'll be seeing you" .... this was to be frank sinatra's 1961 very last record for capitol (issued in 1962) ... remember all these songs at these two 1961 session were recorded in just one take (at the most, two takes), and that each session lasted hardly more than one hour each ... isn't that class, now?
les films d'occasion présentent le maître de sinatra (et de tous les crooners avant lui), the one and only mister bing crosby

bing crosby/softly as in a morning sunrise (oscar hammerstein jr), cbs radio, 1956 (coffret mosaic)

poésie, réalisme, musique: damia/frehel/duvivier


damia/la tête d'un homme (1933), fréhel/pépé le moko (1936)
de son album le plus sous-estimé (john wesley harding), la plus belle chanson de dylan, la plus apocalyptique, frankie lee and judas priest .... elle vient du plus beau concert de dylan depuis 1966, cardiff, 2000.....


bob dylan/blind willie mc tell (london, 2000, second night)

13 fois one for my baby/and one more for the road



sammy davis jr/11 versions de one for my baby (fred astaire, nat king cole, billy eckstine, vaughn monroe, tony bennett, mel tormé, frankie laine, louis armstrong, dean martin, jerry lewis, sammy davis jr) ....

alex chilton (28/12/50-17/03/10) was a nature boy



alex chilton: there will never be another you/nature boy (+pedro vargas)

nature boy: eden ahbaz explique pourquoi cette chanson qu'il a écrite ...

... lui donne des cauchemars/nat king cole & pat boone chantent nature boy (+ poison ivy) ... ne manque que la fabuleuse version de bobby darin ...


freddy cole, nat's brother/you're nice to be around (films d'occasion)
portrait of dylan as a crooner and a rocker, atlantic city, 31 janvier 1998: millions miles/tonight i'll be staying here with you/cocaïne/can't wait ... trésors tout juste découverts ... à écouter et réécouter ...

million miles


cocaïne/can't wait
atlantic city, 1998 (suite)

till i fell in love with you/silvio
the art of song (6)/ country crooner, or just plain old ... crooner?

bob dylan/tomorrow is a long time (witmark demo,1962)
(check wembley 1987 version on youtube, the best "recent" one)
réponse à une enquête (quel bilan tirez-vous de la décennie 2000?)

pierre (léon), françois (gabai) et lucille (hadjihalovic) parlent d'amour et de cinéma (cinéphiles 2 -eric a disparu, 1989)
THE ART OF SONG (4)
d'où viennent les chansons? de la radio, où dean martin, le crooner absolu n° 2 s'essaye à une imitation époustouflante de bing crosby, le crooner n° 1 ... ou du paradis des chanteuses mortes, celui où se languit la sublime beverley kenney, mélange inédit, inégalé, de peggy lee et de marilyn monroe, suicidée à moins de trente ans d'on ne sait quoi (chagrin d'amour absolu? épisode maniaque abouti? peur panique devant la déferlante rock qui faillit emporter sinatra, avant que les beatles ne l'enterrent définitivement)


dean martin (rare radio recording)/beverly kenney/somewhere along the way (check other films d'occasion versions of this song on youtube: frank sinatra, nat king cole, alex chilton ....)
...in the street, un film très rare co-signé helen levitt et james agee, merveille d'anonymat new yorkais


in the street (helen levitt, james agee, janice loeb, 1948)... la grande photographe helen levitt a longtemps été l'élève de walker evans...... c'est avec evans que james agee a composé louons maintenant les grands hommes, sublime partition images/mots, d'un lyrisme inouï ...
THE ART OF SONG (1)
frank sinatra (mikado, 1942)/fred astaire (the sky's the limit, réalisation: edward h. griffith, 1943)/one for my baby (and one more for the road), the ultimate saloon song, the perfect crooner lament (harold arlen/johnny mercer)


ustad amir khan/ustad vilayat khan


amir khan, greatest 20th century indian singer/vilayat khan, greatest 20th century sitar player ... exceptionnally indulging in singing
harmonies (1): il y a eu darby & tarlton, les louvin brothers, les blue sky boys ... ... ... des tas d'autres jusqu'aux beatles ... et puis les four freshmen, les everly brothers, les beach boys (à suivre)


everly brothers/bye bye love, all i have to do is dream, that'll be the day (1958, 1960)/beach boys/in my room (1964)

the four freshmen/trois fois there's no one but you/frank sinatra & the hi lo's/i'll never smile again (1959.)
greatest dylan biblical song, the fabulous live version (cardiff, 2000) and the original version (1967), from john wesley harding


the ballad of frankie lee and judas priest/cardiff (2000)/john wesley harding (1967)

bob dylan/to ramona (porstsmouth, 2000)/this version is even better than 64 or 65 versions/if only i'd seen him in 2000, he was so intense


BOB DYLAN A TOKYO: SHELTER FROM THE STORM, NOUVELLE VERSION, 13 MARS 2010 (et une version de travail, enregistrée à tokyo en février 2010)
soixante ans avant la version de bob dylan, voici celle de frank sinatra: aisance, splendeur, décontraction, télévision, éternité

have yourself a merry little christmas (the frank sinatra show, 1950)

bob dylan revisited (1981/1983)


bob dylan/i want you (unreleased version, 1981)

bob dylan/blind willie mc tell, variation lyrique et bluesy sur st james infirmary (louis armstrong, 1928) ... c'est un outake d'infidels, 1983
three of the very best versions of the times they are-a-changin'
quest, février 1964/répétitions aux rundown studios (1978)

prague, 1995, la plus belle, la plus étonnante des versions "récentes"

éviter cette version scolaire, boy scout, unplugged, obama/maison blanche (dylan has rehearsed extensively, he hits all the notes, but what's the use?) ... c'est le pire hootenanny jamais vu ...
BONUS SINATRA/MAISON BLANCHE, 1973,bien plus convaincant que la version dylan 2010


frank sinatra (voice), al viola (guitar), white house, 1973/ (and perry como's medley/thank heaven for litlle girls, 1961, just for fun)

vendredi 25 décembre 2009

deux chefs d'oeuvre absolus composés et joués en 1995 par le vieux lion du saxophone alto, benny carter, le premier avec peggy lee (qui en a écrit les paroles), le second avec shirley horn (paroles de johnny mercer)

benny carter/peggy lee/i see you

benny carter/shirley horn/a kiss from you

jeudi 24 décembre 2009

bob dylan and david bromberg (guitar, dobro) try a great alternate country version of "if not for you"

bob dylan,david bromberg if not for you (1970)

bob dylan, george harrison(répétion du concert pour le bangla desh, 1970)/if not for you
bob dylan/if not for you (2002)
essai d'ouverture (première partie), luc moullet (1988): du génie comique à l'état pur et simple
frank sinatra en direct, il y a presque cinquante ans: grâce, élégance, perfection

frank sinatra/the second time around (sydney, 2/12/1961)

lundi 21 décembre 2009

new found lovely version of if not for you, tirée d'un fabuleux concert, à newcastle, en 1998 ... qui prouve que la grande période live de dylan ne se résume pas à l'année 2000, mais s'étend bien de 1998... à 2001

BONUS, newcastle 1998

bob dylan/a hard rain's gonna fall (newcastle, 1998)

bob dylan/love minus zero (no limit)/silvio (newcastle, 1998)

bob dylan/gotta serve somebody/rainy day women (newcastle, 1998)
à quelques mètres de quelques centaines de japonais amoureux, frank sinatra s'envole vers le ciel ...

frank sinatra/all the way (tokyo, 1962)
deux sublimes versions en direct de "things have changed" (2001), la première quand dylan remporte l'oscar de la meilleure chanson (avec mimiques à la chaplin, grimaces à la bogart), la seconde à l'AFI en hommage à michael douglas (sombrero électrique, minimalisme de studio)

bob dylan/things have changed
deux versions limpides de "moonlight in vermont": avant que la famille sinatra ne les enlève de youtube, profitez de cette perfection sans âge ...

frank sinatra, nelson riddle/moonlight in vermont (1958)

frank sinatra/moonlight in vermont (mikado, japon, 1962)
dylan in nashwille skyline style, new looks, new voice, and sort of strange stereophonic warholian multiples

bob dylan/living the blues (1969)
when crooner number one (bingcrosby) meets crooner number two (frank sinatra) in 1957, they choose a kurt weil song

bing crosby, frank sinatra/september song
retour de cette version magique (minneapolis, 1995) d'une des chansons les plus étranges, my back pages, tirée d'un disque définitivement insituable, another side of bob dylan

BONUS VERSION OF MY BACK PAGES/new haven (novembre, 1999)

peut-être la seule trace filmée de la grande irene kral, morte trop jeune: qui chante aussi juste aujourd'hui?

irene kral/forgetful (1963)
trente ans de distance séparent ces deux versions superbes de restless farewell, le jeune dylan en donne d'abord, pour la télé canadienne, une version immaculée: il a 23 ans, il ne sait pas ce qu'il fait .... cette chanson tirée d'un vieil air irlandais, the parting glass, figurera dans son troisième album, the times they are a-changin, enregistré quelques mois plus tard, dans une version beaucoup moins émouvante .... il rechante ensuite cette chanson pour les 80 ans de sinatra ... faire silence ... écouter

bob dylan/restless farewell (1/02/1964)

bob dylan/restless farewell (19/11/1995)
le disciple de woody guthrie, james talley, chante "the song of chief joseph", une saga lyrique digne du meilleur dylan

james talley, migrant jesse sawyer/song for shiloh
the alternate sinatra (1)

frank sinatra/misty (alternate take from "sinatra and strings", 21/12/1961)

frank sinatra/once i loved you (alternate from "jobim sessions", 1967
bob dylan/saint augustin: essai en berbéritude savante

bob dylan/i dreamed i saw saint augustine (merano, 7 juillet 1992)

lundi 7 décembre 2009

osaka, 12 février 1994

bob dylan/ring them bells (new morning)

bob dylan/ring them bells (dublin, 13 septembre 2000)
souvenir de belfort 2009

les cinéphiles (le retour de jean)/skorecki,cressole,abdi (1988)

mardi 1 décembre 2009

two lovely versions of a sentimental countryish tune (from nashville skyline), the 2005 version has all the words


bob dylan/tell me that it isn't true (2000/2005)

samedi 28 novembre 2009


frank sinatra & gordon jenkins/the christmas song (1957)




Comment entrer dans le Noël de Bob Dylan ?

C’est un disque crypté, décalé, touffu, contradictoire, sans queue ni tête. Il faut avoir la clé pour y entrer, en tout cas une des clés. La mienne, qui vaut ce qu’elle vaut, est de commencer par la fin. Désorganiser cette trop sage soirée de Noël pour y retrouver la touche de poésie et de tristesse, de mélancolie poisseuse, tenace, qui sont la marque juive de bob dylan. C’est seulement au quatorzième titre de Christmas In The Heart, par ce délicieux Christmas Song signé Mel Tormé (qui introduit au passage Jack Frost, l’elfe de Noël qui est aussi le pseudo de Dylan producteur), que le disque s’est ouvert. Il s’est illuminé, et maintenant presque toutes les chansons m’enchantent et me plongent dans une sorte de retour à l’enfance, une enfance béate et imbécile que je n’avais pas retrouvée depuis longtemps.
Comment en suis-je arrivé là ? Les extraits du disque sur Youtube, sautillants, catastrophiques, plus kitsch qu’une pub Mon chéri, me mettaient dans l’embarras, même si une phrase de I’ll be Home for Christmas ou Have Yourself a Merry Christmas pouvaient à l’occasion avoir la tristesse posée d’un standard. Après écoute répétée, ce disque s’est révélé une merveille d’insolence américaine, bien plus consistante que le médiocre Together Through Life qui n’est au fond qu’un retour tardif et énervé au bayou de Daniel Lanois. Ce que Dylan a cherché à retrouver ici, ce sont ses racines domestiques américaines, celles qui illuminent certains épisodes enneigés d’Ally McBeal ou d’autres séries télé dégoulinantes d’émotion, à coup de flocons de neige et de baisers mouillés. C’est aussi l’art raffiné d’un Frank Sinatra qu’il piste depuis tant d’années qui se retrouve ici. Pas un hasard si le chef d’œuvre Capitol que Sinatra a enregistré avec le grand Gordon Jenkins, A Jolly Christmas From Frank Sinatra, se retrouve pour moitié (six chansons sur douze) repris ici avec une tendresse attentive et un sens ramassé du mélo musical. La voix croassante et usée du vieux Bob n’a pas la fluidité magique de celle de Sinatra mais elle est d’une musicalité étonnante, lyrique, qui rappelle les ballades et les standards que Dylan aime tant chanter (Self Portrait, Bob Dylan, et tant d’autres reprises impromptues de Dean Martin ou Charles Aznavour).
C’est en passant par cette case sentimentale, en empruntant ce chemin délicat des airs éternels d’une Amérique qui n’aime rien tant que se tenir chaud et découper sa dinde en famille, que même les titres trop rapides, ces airs speedés, enjoués, retrouvent au détour d’une énième écoute d’étranges airs de Walt Disney syncopés en yiddisch. Ecoutez Must Be Santa dont Dylan a fait un clip sautillant, chorégraphié grossièrement à coup d’approximations îvres et de déguisements, et dites-moi si ce n’est pas un étrange tube klezmer new age qui vous déboule soudain dans les oreilles, sans s’être annoncé. Dylan a toujours été un provincial décalé, un juif embarassé de lui-même, un chrétien-collage, une aberration. A près de 70 ans, il a enfin réussi à recoller les morceaux. Pleurer à Sinatra n’est pas la chose la plus bête qui soit. A Dylan non plus.
(A paraître dans ROLLING STONE)


scott walker déconstruit sinatra (someone who cared, 1973), tout en annonçant le sfumato mélancolique de richard hawley

mercredi 25 novembre 2009

richard hawley: le retour en une (pour gilles tordjman)

je viens enfin de recevoir trueloves' gutter, l'album de richard hawley dont est extraite cette très belle chanson triste, for your lover give some time ... .... c'est superbe, même si tout n'est fait ici que pour servir d'écrin à cette chanson d'amour idéale

dimanche 15 novembre 2009

le secret de dylan, ce modernisme primitif, archaïque, qui n'appartient qu'à lui, tient en trois disques: another side of bob dylan (1964), good as i been to you (1992), "love and theft" (2001)
aucun bon disque dans les années 70/80 à part blood on the tracks, dylan a perdu son chemin .... il le retrouve l'été 1992, avec un disque étrange, minimal, lo fi, enregistré dans son garage, good as i been to you: rien que des reprises accoustiques de vieux blues ou de vieilles rengaines vaguement country ... quelques semaines plus tôt dylan enregistrait avec son vieux copain david bromberg des sessions inédites qui émergent peu à peu et qui devaient faire partie de ce disque .... trop bizarre, il les met de côté .... rappelez-vous, dylan vient d'avoir 50 ans, il invente en douce, dans son coin, un merveilleux folk celtique et arabisant inédit
seems like dylan is inventing a kind of new music here, between early jazz and some strange sydbarretian folk rock, it's a speedy blind willie mc tell to me, a masterpiece in modern archaic music

bob dylan/polly vaughan (david bromberg sessions, 1992)
une autre superbe chanson des mêmes sessions, écrite par david bromberg

bob dylan/catskills serenade (david bromberg sessions, 1992)

samedi 14 novembre 2009

20h/ciné 104, pantin: l'escalier de la haine (1982), le retour des cinéphiles (2008)/j'y serai

dimanche 1 novembre 2009

howlin' wolf reproche à son house de préférer le whisky au blues....

.... puis il chante "down in the bottom" ...

... puis skip james chante devil got my woman, pendant que howlin' wolf s'abime dans l'écoute dépressive de skip james

samedi 17 octobre 2009

bob neuwirth 2009: entre willie nelson, neil young .... ....   et bob dylan

bob neuwirth & the forest rangers/the place i can't afford to go (2009)
un canari, deux canaris

jamais tu ne nous quitteras, petit canari

mildred bailey & ellis larkins/can't we be friends? (1947, new york)
you started something (1947, new york)

mercredi 14 octobre 2009

des nouvelles de giant sand: toujours le désert, les stones, le velvet ...

howe gelbe/napoli (2005)

howe gelb/wild frontier (2007)/increment of love (2008)

" invraisemblable ou pas, crois-moi, c'est la vérité -et il n'y en a pas deux ..."