jeudi 8 décembre 2011

billie holiday, frank sinatra, chet baker


i'm a fool to want you
(billie holiday, 1958, from strange fruit)

another classic version, frank sinatra's capitol recording, with gordon jenkins' violins (1957) and a much later reading, by chet baker, in 1987 ...

lundi 5 décembre 2011

riley puckett 1924


rock all our babies to sleep, par riley puckett, le premier yodel officiel de la musique country, qui paraît en 1924, en même temps que les premières chansons sur disque d'emmett miller ...

tommy johnson 1928

cool drink of water blues, une manière follement originale de falsetto/yodel, un blues sublime dont on dit qu'il influença très tôt le jeune jimmie rodgers ...

lee morse, mon amour


j'avais oublié à quel point j'aimais lee morse, ce mélange invraisemblable de vaudeville et de broadway, de ballade jazzy et de country yodel, une petite bonne femme à trois octaves qui a ruiné sa carrière plus vite qu'il ne faut de temps pour l'écrire .... elle a commencé à enregistrer en 1924, ce petit film vitaphone, a million's me, est de 1930 ...

howlin' yodel


deux versions du chef d'oeuvre de howlin' wolf, smokestack lightnin'/d'abord l'original, ensuite la version plus belle encore, de cornelius edwards et butch cage au violon ...

samedi 3 décembre 2011

cliff carlisle, le yodel le plus lyrique ...

... et le plus virtuose

lovesick blues (comment le yodel est entré dans l'histoire ... )


la première version avec yodel (1928) de lovesick blues, celle d'emmett miller, qui inspira à l'évidence hank williams (films d'occasion production)


une belle version live de hank williams (1948)/une version sensuelle (1960) de patsy cline/la version du plus célèbre cow boy noir, charley pride (1969), de loin la plus lyrique et la plus virtuose, avec un yodel étourdissant ...

vendredi 2 décembre 2011

jimmie rodgers/bob wills (1930/1937)

blue yodel number one (t. for texas)/jimmie rodgers (1930)/bob wills and his texas playboys avec tommy duncan (1937)

jeudi 1 décembre 2011

jimmie rodgers 1930

le yodel le plus minimal de l'histoire de la musique ...

sur la télévision

c'est le titre d'un recueil d'articles, principalement sur les séries, que j'ai écrit; il paraît aux éditions capricci ... j'ai devant les yeux le premier exemplaire ... la couverture est d'un vert atroce ... qu'est-ce que ça vaut, ces vieux textes? je n'en ai pas la moindre idée


ballad of a thin man, version noire et rieuse à la fois (stockholm, 4 novembre 2011)

mercredi 30 novembre 2011

diane jewett 1950


diane jewett, une jolie jeune fille oubliée au yodel irrésistible ... juste à sa gauche, la réincarnation d'amy winehouse ...

chris connor/chuck berry


a cottage for sale/écouter aussi sur youtube la version originale de willard robison, celle de peggy lee, celle de mel tormé, celle de jack teagarden aussi, peut-être la plus belle (productions des films d'occasion, envoyées sous le nom de skorecki7)

emmett miller 1936

deux de ses toutes dernières chansons (très rares aussi à trouver)

samedi 26 novembre 2011

no vaudeville (frank sinatra, 1965)

frank sinatra & gordon jenkins/it was a very good year (juillet 1965)

out of vaudeville (frank sinatra, 1962)

all the way/ genius at work in mikado, japan (1962)

out of this world (peggy lee, 1957)

peggy lee avait enregistré he's my man dans the man i love (juillet 1957), son disque où frank sinatra dirigeait l'orchestre ... cette version télé date de novembre 1957

off vaudeville (larry jon wilson, 1970)

from the great film heartworn highways, with very young townes van zandt, guy clark, steve young, david allan coe, steve earle, rodney crowell .... (1970, edited version)

vendredi 25 novembre 2011

beverly kenney

la voix la plus pure, la plus cristalline, la plus parfaite .... éternellement belle, éternellement jeune (elle s'est suicidée en 1960, à trente ans)

mon compteur marque 100.310 ...

... oui, mais 100. 310 quoi?

samedi 19 novembre 2011

zavel kwartin (1874-1952)

un grand cantor ukrainien: des larmes lyriques, oui mais des larmes ...

vendredi 18 novembre 2011

forever young 2011

mark knopfler chante les derniers mots ("may your songs always be sung) à l'adresse de dylan .... beaucoup d'émotion contenue dans ce dernier concert londonien (21 novembre 2011) de la tournée ...

forgetful


la version immaculée d'irene kral

la version originale, absolument sublime de david allyn
la version si douce et si parfaite de chet baker

un certain alain gouvrion ...

... vient de me virer de rolling stone ... plus de chronique ... je ne serais selon lui pas doué pour ce genre d'exercice ... il aurait pu me le dire plus tôt ... l'hypocrisie et la médiocrité sont ce qui me désolent le plus dans ce métier ... je ne m'y ferai jamais ....

love sick 2011

peggy lee 1950


i only have eyes for you, with husband dave barbour

jeudi 17 novembre 2011

lundi 14 novembre 2011

leo fuchs, le fred astaire yiddish

une scène du marieur américain d'edgar g. ulmer

berele chagy


écouter le falsetto fragile et merveilleux de berele chagy, à 1.29 ... on n'en revient pas ... on n'en revient plus ... le plus doux, le plus introverti des grands cantors ...

berele chagy ... en 1919 (les larmes plus plus douces, les plus tristes, les plus anciennes au monde?)

dimanche 13 novembre 2011

september song


il y tant de belles versions de september song ...... frank sinatra évidemment, sarah vaughan avec clifford brown, ella fitzgerald avec paul smith, willie nelson ... , mais la meilleure version, de loin, de september song, c'est celle de jimmy durante (1955) ....
... sauf peut-être cette version oubliée, méconnue, chantée par walter huston, pour lequel kurt weill et maxwell anderson avaient spécialement écrit september song en 1938, pour la comédie musicale knickerbocker holiday...

bouteldja belkacem 1965

le véritable inventeur du raï, avec sa voix fabuleusement éraillée, quelques mois avant son association avec le trompettiste bellemou ... une légende oubliée ...

jeudi 3 novembre 2011

Alter Yechiel Karniol (1855-1928)

extraordinaire agilité vocale chez ce très ancien cantor, peut-être le plus vieux à avoir enregistré ...

yossele rosenblatt, 1929

devant les yeux tristes et éblouis de remords d'Al Jolson, dans the jazz singer, yossele rosenblatt en pleine puissance expressive ... il a été le plus célèbre, et le plus fêté, des grands cantors de l'âge classique ...

mardi 1 novembre 2011

moredechaï hershman 1931


écouter la douceur insensée, sucrée, une douceur de miel, de la voix de hershman ... aucun cantor ne sait plus chanter comme cela, la formule s'est perdue ... trop de morts, trop de désillusion pour que la musique ne s'en aille pas aussi ...

david roitman 1937


avec pierre pinchik, david roitman (1884 - 1943) est sans doute le plus grand cantor dont la voix nous soit parvenue .... admirer le contraste entre la fragilité angélique de son falsetto et sa pleine puissance de ténor d'opéra ... certaines de ses plus belles performances datent d'avant la première guerre mondiale ... écouter, admirer, pleurer ...

dylan/knopfler, 26 octobre 2011


bob dylan dans ses habits de vaudeville, toujours crédible en vieux white minstrel

lundi 31 octobre 2011

d'où vient presley ...


shep fields orchestra, 1937/elvis presley, 1957

dave tarras/naftule brandwein


les deux premiers clarinettistes virtuoses, inventant en même temps le jazz klezmer

vendredi 28 octobre 2011

original black minstrels


bert williams était un amuseur noir qui forçait ses traits pour devenir un blackface, un black minstrel/emmett miller était un blanc de géorgie qui chantait le blues en black minstrel ...
d'où dylan vient-il, hein?

le retour du white minstrel


cette chanson, romance in durango, n'est vraiment pas ce que dylan a composé de meilleur ... artificielle, faussement enjouée, elle pourrait passer pour un échantillon pris sur le vif de tout ce qu'un chanteur folk américain ne devrait jamais faire ... il y a pourtant là une authenticité, une vérité, une vérité fardée évidemment, qu'on trouve rarement chez lui ... cette vérité là, faite de mensonges superposés qui en viennent à s'annuler, d'où vient-elle?
(à suivre)

white minstrel (suite)


it ain't me babe

it's a hard rain's a gonna fall/never let me go (avec joan jaez)
it takes a lot to laugh, it takes a train to cry

sara/dix chansons en white minstrel (1975)

mardi 25 octobre 2011

new york, juillet 1965


lunatic princess, un inédit sublimement électrique, enregistré en juillet 1965 pendant les sessions de highway 61 revisited (les images sont d'andy warhol)

anvers, 19 octobre 2011


love sick & not dark yet/on voudrait avoir les chansons dans leur totalité, mais tels quels, ces fragments de dylan en crooner sont presque parfaits de lenteur ralentie et de délicatesse enfantine

memphis, 30 juillet 2011


sugar baby, la dernière preuve enregistrée du génie de bob dylan, intact, délicat, fragile

vendredi 21 octobre 2011

dick haymes à hollywood

avec betty grable, le jeune dick haymes ensorcelle le monde ... ce n'est pas mon type d'homme, mais qu'est-ce qu'il chante bien ...

la tendre élégance du plus léger des barytons, dick haymes


moins radical que david allyn ... mais tellement charmant ...

vendredi 14 octobre 2011

peggy lee chante harold arlen


i had a love once, l'une des plus belles chansons de harold arlen (paroles et musique) dans une délicate version chuchotée et fragile, toujours sur le point de s'effondrer du trop d'amour qu'elle porte ...

frank sinatra/david allyn


david allyn/peggy lee


the folks who live on the hill ... david allyn est encore jeune, peggy lee a beaucoup vieilli, les deux versions sont parfaites, immaculées, belles à pleurer ... laquelle aurait choisit jerome kern?

meilleur que johnny hartman?

oui, david allyn est le meilleur crooner baryton de tous les temps ...

jeudi 13 octobre 2011

je ne suis pas allé voir dylan à paris ...

.... il semble qu'il ait été bien meilleur la veille, à lille .... pour le moment les videos sont médiocres, le son est inaudible, impossible de juger ... dans quelques jours peut-être ...
tangled up in blue .... glasgow, le 8 octobre, dans une version bien filmée, bien enregistrée, envahie de rictus/sourires ...


forgetful heart, dans une version apaisée et lyrique, le 10 octobre à manchester ...

vendredi 7 octobre 2011

j'ai décidé aujourd'hui ...

... de réécrire en français, ne serait-ce que pour me retrouver plus souvent en face de moi-même et des quelques idées que je suis encore susceptible d'avoir ...
i see you/peggy lee & benny carter
la toute dernière chanson enregistrée par la plus méconnue des grandes stylistes américaines, trop connue pour être vraiment aimée ...

billie et peggy

don't explain, l'une des plus belles chansons écrites par billie holiday, dans deux versions absolument bouleversantes: par billie elle-même, à la fin de sa courte vie (avec mal waldron au piano); et par la seule chanteuse blanche capable de ralentir encore le tempo, au delà de la douleur, celle que j'aime au delà des mots, mademoiselle peggy lee ....

ne pas oublier la voix ...

.... enfumée de chris connor, la jeune chris connor de 1955.... l'art du sfumato, comme dirait joliment gilles tordjman, c'est elle qui l'incarne le mieux dans ses quatre 25 cm bethlehem ...

chris connor 1954

avec le merveilleux ellis larkins au piano (films d'occasion production)

larry jon wilson

larry jon wilson, grand soulman, grand blues man de georgie, en 2007, trois ans avant sa mort, dans trois chansons sur des prostituées ... la dernière est une version immaculée de san francisco mabel joy, l'une des plus belles chansons de mickey newbury ....

peggy lee 1950

toute jeune, se risquant à se mesurer à un standard de billie holiday, i cover the waterfront, peggy lee prouve avec une folle légèreté qu'elle est la reine de la ballade ... .... triste ou sautillante, elle est la plus éblouissante, la seule dont le jeune sinatra était jaloux ...
qui chante le mieux cette belle chanson de gershwin? ... ... pas sûr que ce soit sinatra ...

mercredi 28 septembre 2011

who was the minstrel man from georgia?

originally, it's emmett miller, a white man performing as blackface all around the south in the early twenties, when vaudeville reigned supreme
.... but it might also be blind willie mc tell, a wandering georgia sweet voiced bluesman and gospel moaner ... or another great plaintive blues serenader, peg leg howell?


young blind willie mc tell/old peg leg howell (baby let me play with your yo yo)
.... and what about white minstrel bob dylan, as much influenced by emmett miller as he was by blind willie mc tell?
.... not forgetting the one and only prince of funk music, james brown, who grew up in miserable augusta, georgia ...?

the meters, total funk 1974

lundi 12 septembre 2011

portsmouth 2000


it's raining italian tears, mexican mandolins, when a hard rain's-a-gonna fall starts ... ... children running all around, nobody listening for real because it's way too painful ... .... what an elegant and stylish way to suffer ... until the ballad of frankie lee and judas priest raises the level so high no human words can describe the joy and fear running through our veins ...

slim harpo 1966

professor longhair 1949

samedi 3 septembre 2011

hollywood funk


slim and slam (from helzapoppin', 1941)

original new orleans funk


eddie bo (1956)/the meters (1968)

the meters (live, 1974)

dimanche 28 août 2011

birth of funk


olympia, paris, 1971

olympia, paris, 1967

samedi 27 août 2011

white funk


white jam/captain beefheart/automne 1971 (films d'occasion production)

best of jazz funk


miles davis 1970

jamaïcan funk


toots and the maytals (1962, 1967)

birth of funk (3)


al green 1972

african funk


e. t. mensah (ghana highlife from the fifties)

where funk came from (1)


si mohammed bel hassan el sudani (marrakech, 1959)

louisiana funk


slim harpo (1960)/robert pete williams (1968)

where funk came from (2)


mississippi bluesman lonnie pitchford playing his own hand made one string guitar, and building a diddley bow (filmed and told by alan lomax)

where funk came from (3)


napoleon strickland (drum and fife band, straight from africa)

jeudi 25 août 2011

gertrud, la fin

remember jim ford ....


... hidden composer of legendary white soul hits (he's supposed to be the real author of bobby gentry's ode to billy joe), and white eyed underground country funk lost crooner

dimanche 7 août 2011

memphis, 30 juillet 2011

most recent and lovely version of dylan's soft tear jerker, sugar baby

samedi 6 août 2011

céline chante


ford + mizoguchi = stavros tornes


karkalou, 1984

1959 (si mohammed bel hassan el sudani, enregistré par paul bowles)

john ford, 1968: "are you growing a moustache?"

john ford on will rogers, on steamboat round the bend .... and on growing a moustache (best cinema lesson ever) ...

greatest crooner ever


al bowlly/my melancholy baby

things have changed, 2001

you'll have to go to 2/08/2011 to get all this fabulous scottish concert (seventeen more songs), which sounds like the rehearsal for an unpublished album, something like BRINGING IT ALL BACK HOME (2), a wild mixture of raw electricity and soft folky ballads ... sounding like nothing ever recorded before, except maybe some of the loudest 1965 live music, played by a wild young bob dylan in newport ...

mercredi 3 août 2011

where the everly brothers came from


no disappointment in heaven/the blue sky boys (1937)/i want to be loved (but only by you) /the bailes brothers (1946)

dylan rencontre dieu, une enquête

Ce disque est sorti le 13 juin 2011. Vous ne le saviez pas et il y a fort à parier que vous n’en entendrez pas parler. Si je n’étais pas là pour radoter dessus, ce serait comme s’il n’existait pas. On le doit aux compilateurs sorciers du label anglais Cherry Red, dans leur section spécifiquement dédiée à la country et au gospel, Righteous/Psalm. Vingt-trois vieilles chansons imprégnées de devotion et de terreur dont Dylan s’est imbibé à mort depuis sa tendre enfance dans son patelin paumé du Minnesota, Hibbing, regroupées ici sous un titre léger et ironique, Touched by the hand of Bob, c’est à dire “l’évangile selon Bob”. Ca en ferait débander plus d’un. Pas moi. Prenons l’une de ces chansons vintage au hasard, par exemple The Wrath Of God par les fabuleux Delmore Brothers (1930/1940), héritiers en subtiles harmonies des rois de la Géorgie blanche, Darby and Tarlton (1928/1930), annonciateurs des Louvin Brothers (1935/1955), des Everly Brothers (1956/1962) et logiquement, glorieux ancêtres en enchevêtrements vocaux des Beatles. Rien que ça? Oui, rien que ça. Cette chanson que chantent Alton et Rabon Delmore, deux frères aux prénoms annonciateurs de désastres bibliques et de sombre mélancolie sudiste, il faut imaginer un Bob Dylan, vintage lui aussi, la chantant de sa voix étranglée de vieux preacher apocalyptique. C’est facile, il y a même un harmonica.

Le point commun entre Dylan et les frères Delmore, c’est un art déstabilisant du mélange entre des paroles tragiques et une mélodie presque guillerette, le tout étrangement nimbé de sombres pressentiments harmoniques.

Le disque insiste sur l’étrange intimité qui s’est faite depuis les débuts de folksinger du jeune Zimmerman avec les versets de la bible, souvent cités littéralement, qu’il a à l’évidence appris à connaître par la musique gospel plutôt que par l’ancien testament lui-même, même si sa conversion momentanée aux disciples de Jésus Christ (il était devenu un “born again christian”) suggère une étude tardive des textes fondamentaux de la religion chrétienne. On suit presque à la lettre, d’une chanson à l’autre, les incursions dylaniennes dans des thèmes de plus en plus ouvertement religieux, centrés sur ses obsessions du déluge, de la pluie, des inondations, de l’arche de Noé, et surtout de l'Apocalypse, la partie de la Bible dont il s’est le plus souvent inspiré si l’on en croit le spécialiste des rapports entre Dylan et Dieu, Brett Cartwright (The Bible In The Lyrics Of Bob Dylan).

Voilà. L’enquête se termine. On n’en sait pas beaucoup plus. Ne pas oublier de dire qu’on passe ici des plus célèbres exemples de blues religieux (Blind Willie Johnson, Mahalia Jackson, le révérend Gary Davis, Wynonie Harris, les Swan Silvertones) à des chefs d’oeuvre obscurs de la musique religieuse blanche, des grands moments country chantés par Kitty Wells, Reno & Smiley, Porter Wagoner. J’ai une préférence pour l’insituable son aigrelet de Washington Phillips. C’est un disque fascinant, dangereux, mortel, dont on ne sort pas indemne.

(à paraître dans ROLLING STONE)

MEMPHIS, samedi 30 juillet: most recent and lovely version of dylan's soft tear jerker, sugar baby

mardi 2 août 2011

stirling casle, scotland, 2001

drifter's escape
girl from the north country/not dark yet

knockin' on heaven's door
... strangely frenetic concert, from high electricity to quiet laid back singing

BONUS stirling castle, 2001

maggie's farm/you gotta serve somebody

mr tambourine man
i shall be released/don't think twice it's alright
memphis blues again (stuck inside of mobile)/rainy day women
visions of johanna

like a rolling stone/all along the watchtower


tell me that it isn't true
highway 61 revisited
THE TWO ENCORES: blowin' in the wind/cat's in the well
.... four or five more stirling castle songs on youtube, at hollis1960

delia/bob dylan, newcastle 2000/blind willie mc tell, georgia 1930

lundi 25 juillet 2011

the year i was born ...

... in a southern france concentration camp in gürs, fred astaire started singing this song, made famous by frank sinatra's perfect versions ....
.... my father, a clandestine communist around lodz, in poland, who had met my mother in prison, had decided to go
to spain to fight alongside the republicans, in 1936 .... all this i learnt after their death, around 1975 (they were not the speaking kind) thanks to jacqueline kremski, maybe my only mother's friend and confident ...
what is fiction, i wonder ...? ..... THIS is fiction, to me anyway, trying to imagine my very special birth in gürs, while fred astaire was singing this glorious drunkard song ....

.... oh yes, try to imagine fred astaire, dancing and singing one for my baby (and one more for the road) ... the song had been written for him to perform in the movie the sky's the limit (edward h. griffith, 1943) .... words by johnny mercer and music by harold arlen...

sur l'acteur (suite et fin)

.... .... oui, l'exercice des ruses de frédéric (cinéphiles 3), a été profitable ... c'est même cet exercice-là qui me fait (re) poser cette éternelle question de l'acteur: en gros je reproche à pialat/cassavettes depuis vingt ou trente ans, eux qui sont pourtant cinéastes doués (pas géniaux auteurs comme fassbinder, mais celui là, y'en a qu'un et il clôt -avec moullet/brisseau- l'époque heureuse et mystérieuse du cinéma d'auteur), je leur reproche d'avoir TOUT sacrifié à l'acteur roi, à ses mimiques, à ses grimaces, à ses chutes de rein, ou à ses chutes dans l'escalier, bref tous ces accidents divins dont se régalait le père renoir ...
quant aux émules de pialat/fassbinder, soit 75 % du cinéma dit "d'auteur", vous imaginez d'ici la radicale médiocrité du programme ...
oui, l'exercice des
ruses de frédéric (cinéphiles 3), et dans une moindre mesure celui de skorecki déménage aussi, a été profitable car il m'a permis d'inventer, sans avoir à le programmer, sans même le préméditer, un non-jeu d'acteur paradoxalement émouvant, qui passe par l'improvisation et la lecture .... ....
skorecki déménage
.... .... autrement dit, il m'a fait découvrir que le cinéma, même par le trou de la serrure, pouvait encore survenir, dramatiquement drôle comme un rire d'enfant ....
le cinéma sera toujours un mystère, de celà je me réjouis ... et je m'interdis plus désormais de laisser (sur)venir de désir d'en (re)faire ....

dimanche 17 juillet 2011

fassbinder 1969

just to remind idealist fools who still believe in auteur theory that the man who definitly killed the concept, becoming at the same time the very last auteur of cinema (without ever thinking of being one), is the one and only rainer werner fassbinder, a modern john ford with his troupe of actors, his lyricism, his staff, his modern theatrical genius, his very few words of explanation ... and his early death ...

a short clip with footage from berlin international film festival in 1969 .... rainer werner fassbinder's first film l'amour est plus fort que la mort/love Is colder than death, starring ulli lommel had it's premiere in berlin .... 40 years later, lommel's first film as a director, absolute evil had it's premiere at berlin and this video was shown before the film ....

les autres dylan habitent au 27 juin (et 25, 28)

most OF THE OTHER DYLAN VIDEOS live on june 25 and june 27/28

samedi 16 juillet 2011

l'acteur ne fait pas le cinéma

..... en réponse à un ou deux "lecteurs" distraits ou surcinéphilizés, je reformule la question: pourquoi un ulmer bâclé, mal joué, est -il sublime (baroque mal fagotté, ou quoi?) et pourquoi y a t-il tant de cinéma là dedans, et RIEN là où c'est techniquement mieux joué, de nos jours, à la télé ou au cinéma?
....je reformule aussi ma réponse, qui vaut ce qu'elle vaut, qui vaut ce que je vaux: le jeu des acteurs, quoi qu'on en pense, a toujours eu très peu à voir avec l'essence du cinéma, du temps où le cinéma était cet art d'usine qu'on tant et tant aimé .... c'est à dire que les acteurs, en tant qu'ils sont dirigés, n'ont rien, ou presque rien, à voir avec ce qui faisait les grands films ... welles étant une exception grandiose et aberrante ....


le foie gras mortel d'akim tamiroff dans mr arkadin/confidential report( (orson welles) .... (vienna or yiddish poland as seen through welles' theatrical baby eyes .... )
le cinéma était, est, et restera ... un mystère .... un accident industriel dû à des magiciens inconséquents, inconscients, salariés au mois pour la plupart ....
suis-je plus clair, oui ou non?

le cinéma doit-il à tout prix être mal joué?


the naked dawn/le bandit (arthur kennedy/allan dwan, 1953)
sous le pseudo de nina et herman schneider, se cache julian halevy zimet, scénariste marxiste et verbeux, mis sur la liste noire du sénateur mc carthy .... le film est sublime ... arthur kennedy, qui a été finement dirigé par minnelli, n'a jamais été aussi mauvais ... tournage trop rapide ... ou bêtise d'ulmer? ou quoi?

voici maintenant quelques minutes d'un feuilleton anglais (merci à kapellmeister), mille fois mieux joué que le bandit, avec un sens de l'intelligiblité plus technique que les vieux codes de jeux hollywoodiens ne le permettaient ... qu'est-ce que celà prouve?
.... à y réfléchir deux fois, celà prouve que TOUS les faiseurs de films des années 2000, (sauf skorecki dans cinéphiles 3/les ruses de frédéric) à l'imitation servile de cassavettes et pialat, ne se sont essayés qu'à diriger les acteurs ... regardez le bandit: il ne sert à rien de bien jouer (ou de mal jouer), seul importe de retenir le secret perdu du cinéma ... vous avez dit "perdu"? ... ... eh oui, connard, j'ai dit perdu ... .... ....

orson welles talks about alain cavalier

SKORECKI TALKS ABOUT PATER:
le film d'alain cavalier n'a qu'un équivalent au cinema: filming othello, un film oublié en forme de testament minuscule bricolé à partir de ses dialogues d'ivrogne shakespearien avec micheál macliammóir(1899-1978), l'un de ses plus anciens amis, celui qui joue iago dans l'othello original ... .... .... ils parlent, ils boivent, ils mangent, ils théorisent ce qui reste de la vie (et du cinéma); pas grand chose, mais ce "quelque chose" est sacrément vivant dans les yeux du vieux welles ... orson welles inventait en direct, sans en avoir l'air, un art absolu de la mise en scène .... une manière de dire en passant, sans insister: regardez le magicien que je suis, le plus fort du vieil hollywood ... .... je met bout à bout deux plans tournés à un an de distance, et vous n'y voyez que du feu ... .... non, ce n'est pas de la magie, j'ai juste fait le raccord sur la bouteille de vin qu'on buvait il y a un an ... ...
il y a dans pater, ce filming lindon rigolo, politique, bavard, gourmand, et surtout dans la dernière séquence, une scène deux fois filmée, la seconde fois en champ contre champ, une rigueur de moine .... l'anti-roi bégue, en somme ...
cette virtuosité modeste, bricolée, est la seule leçon de cinéma qui me fasse venir les larmes aux yeux, car il s'agit d'un art d'usine, celui qui en principe n'existe plus ...
If we do meet again, why we shall smile/If not, why then this parting was well made (brutus à cassius dans jules césar .... )

ORSON WELLES TALKS ABOUT FILMING OTHELLO:
I have done a great deal of that editing, while I am filming. I visualize the editing, while I am filming. When I change that idea, it is a deliberate change. It is a difference that is bigger than I'd like to admit, and I do admit it, because actors teach you so much. The scenery, the smell of a thing, when you come on a set in the morning, whether it's OTHELLO, or a modern story. If you have a master plan for what your going to do, exactly where the camera is going to be, exactly what the scene is supposed to state, if you are locked into that, you are depriving yourself of the divine accidents of moviemaking. Everywhere there are beautiful accidents. The actors say something in a different way than you ever dream it could be said. She looks differently, there's a smell in the air, there's a look that changes the whole resonance of what you expected. Then, there are the true accidents, and my definition of a film director is the man who presides over accidents, but doesn't make them.

I'm going to stop just here, not only because our time is almost up, but because at this point in the discussion, the Boston film buffs veered away from the subject of OTHELLO. If I've evaded any of their questions, or any of yours, it's not by design. Maybe I should have read into the record some of the things the critics have said against OTHELLO. You might have found that informative. I would have found it depressing. I'm very much afraid that under the banner of fair play, and the interest of what's called a balanced judgment, I couldn't have resisted reading you some of the good stuff as well. Anyway it's an argument that still goes on and on. I spared you both sides of it, and I don't know if I was mistaken. Maybe an anthology of critical reviews might have been rewarding, but after all this is supposed to be my voice on the subject, so that's what you've had. I've tried to be as candid as I can. You won't have expected me to be objective. I started by calling this a conversation, but I'm afraid what you've had is mostly a scrambled, disjointed series of notes. I've been coming at our subject from every conceivable direction of the compass, and I might have put a better shape to this if I had relentlessly pursued a single theme, but that would have neglected all the other themes. I just don't know. In trying to say too much, I may have said too little.
othello, pure genius of light and theatre, and love ....

Of course, my film did not do justice to the play. It is my film and it is Shakespeare's play. No film, indeed no stage production could ever do true justice to that play. No actor ever did full justice to the part. I ask myself now, if I've done justice here in my own movie. I don't mean in the value I may sometimes rather coyly have placed upon it. I just mean this discussion. Now, let's try to sum it up. First, how the picture was made. That story you remember. An Italian producer dreaming of Verdi's OTELLO, and neglecting to mention that he was about to go into bankruptcy, stranded our whole company in a small town off the coast of Africa. With a little money of my own, all I had and absolutely no costumes whatsoever, we improvised our way for awhile, then stopped for awhile and I had to go to work as an actor in other films, in order to earn enough to continue with my own. That went on and on, and repeated itself several times, and it meant that OTHELLO was made so to speak, on the installment plan. This and other circumstances did impose a method and style of shooting, which was contrary to what had been carefully planned. For a description of the finished result, I brought you those critical appreciations, that correspond fairly closely to my own ideas. Some thoughts on the interpretation have come from a couple of the leading actors, with some additions of my own. All judgments having been avoided, I leave you with this confession. This hasn't been as easy as I might have wished. Their are too many regrets, there are too many things I wish I could have done over again. If it wasn't a memory, if it was a project for the future, talking about OTHELLO would have been nothing but delight. After all, promises are more fun than explanations. In all my heart, I wish that I wasn't looking back on OTHELLO, but looking forward to it. That OTHELLO would be one hell of a picture. Goodnight.

www.ubu.com/film/welles_oneman.html
(the one man band, un beau documentaire sur les "inédits" de welles, ses farces et ses facéties, avec oja kodar en madame loyal)

summer 1997

Tough Mama
Meat shakin’ on your bones
I’m gonna go down to the river and get some stones
Sister’s on the highway with that steel-drivin’ crew
Papa’s in the big house, his workin’ days are through
Tough Mama
Can I blow a little smoke on you?

tough mama / from planet waves (1973)/Hershey, USA, 13 august 1997

Dark Beauty
Won’t you move it on over and make some room?
It’s my duty to bring you down to the field where the flowers bloom
Ashes in the furnace, dust on the rise
You came through it all the way, flyin’ through the skies
Dark Beauty
With that long night’s journey in your eyes

Sweet Goddess
Born of a blinding light and a changing wind
Now, don’t be modest, you know who you are and where you’ve been
Jack the Cowboy went up north
He’s buried in your past
The Lone Wolf went out drinking
That was over pretty fast
Sweet Goddess
Your perfect stranger’s comin’ in at last

Silver Angel
With the badge of the lonesome road sewed in your sleeve
I’d be grateful if this golden ring you would receive
Today on the countryside it was a-hotter than a crotch
I stood alone upon the ridge and all I did was watch
Sweet Goddess
It must be time to carve another notch

I’m crestfallen
The world of illusion is at my door
I ain’t a-haulin’ any of my lambs to the marketplace anymore
The prison walls are crumblin’, there is no end in sight
I’ve gained some recognition but I lost my appetite
Dark Beauty
Meet me at the border late tonight

BONUS SUMMER 1997, when dylan was still young and rocking


you ain't goin' nowhere/silvio

(Hershey, USA, 13 august 1997

ROCKING BONUS 2000

leopard skin pill box hat (september 24, 2000)

stockholm, 2007

when the deal goes down .... stockholm 2007 ...., listen to the other fabulously lyrical and almost liquid stockholm 2007 songs on june 27, 23h59

mercredi 13 juillet 2011

the saga of anatahan

la voix off du film, celle qui raconte les évènements d'un ton las, usé par la vie, c'est celle du vieux joseph von sternberg... .... .... telle que je l'ai entendue en 1964, une dizaine d'année à peine après le tournage de ce film/testament sublime, vain, oublié ... ...

the saga of anatahan (joseph von sternberg, 1953)
.... dans une île perdue du pacifique, un groupe de japonais croit que la guerre continue, des années après la défaite du japon .... à l'époque, après une fantaisie inutile, jet pilot, sternberg ne tournait plus ... il avait abandonné le cinéma ... vieux, vaniteux, prétentieux, il m'avait montré une porte sculptée de ses vieilles mains tremblotantes en me disant: "voilà ma nouvelle oeuvre, la dernière ....." ... anatahan est sculpté comme une vieille porte ... ... joseph von sternberg avait construit une jungle de studio .... dans une jungle réelle, sur une île perdue ... .... sa volonté de contrôle était absolue: il avait tout signé: la photo, les décors, le montage, le maquillage, les costumes, le scénario ... c'est un film de pur cinéma, de pure magie .... on peut dire que c'est son plus beau film .... on peut aussi dire que c'est son seul film ...

" invraisemblable ou pas, crois-moi, c'est la vérité -et il n'y en a pas deux ..."