osaka, 12 février 1994
bob dylan/ring them bells (new morning)
bob dylan/ring them bells (dublin, 13 septembre 2000)
lundi 7 décembre 2009
mardi 1 décembre 2009
samedi 28 novembre 2009
frank sinatra & gordon jenkins/the christmas song (1957)
Comment entrer dans le Noël de Bob Dylan ?
C’est un disque crypté, décalé, touffu, contradictoire, sans queue ni tête. Il faut avoir la clé pour y entrer, en tout cas une des clés. La mienne, qui vaut ce qu’elle vaut, est de commencer par la fin. Désorganiser cette trop sage soirée de Noël pour y retrouver la touche de poésie et de tristesse, de mélancolie poisseuse, tenace, qui sont la marque juive de bob dylan. C’est seulement au quatorzième titre de Christmas In The Heart, par ce délicieux Christmas Song signé Mel Tormé (qui introduit au passage Jack Frost, l’elfe de Noël qui est aussi le pseudo de Dylan producteur), que le disque s’est ouvert. Il s’est illuminé, et maintenant presque toutes les chansons m’enchantent et me plongent dans une sorte de retour à l’enfance, une enfance béate et imbécile que je n’avais pas retrouvée depuis longtemps.
Comment en suis-je arrivé là ? Les extraits du disque sur Youtube, sautillants, catastrophiques, plus kitsch qu’une pub Mon chéri, me mettaient dans l’embarras, même si une phrase de I’ll be Home for Christmas ou Have Yourself a Merry Christmas pouvaient à l’occasion avoir la tristesse posée d’un standard. Après écoute répétée, ce disque s’est révélé une merveille d’insolence américaine, bien plus consistante que le médiocre Together Through Life qui n’est au fond qu’un retour tardif et énervé au bayou de Daniel Lanois. Ce que Dylan a cherché à retrouver ici, ce sont ses racines domestiques américaines, celles qui illuminent certains épisodes enneigés d’Ally McBeal ou d’autres séries télé dégoulinantes d’émotion, à coup de flocons de neige et de baisers mouillés. C’est aussi l’art raffiné d’un Frank Sinatra qu’il piste depuis tant d’années qui se retrouve ici. Pas un hasard si le chef d’œuvre Capitol que Sinatra a enregistré avec le grand Gordon Jenkins, A Jolly Christmas From Frank Sinatra, se retrouve pour moitié (six chansons sur douze) repris ici avec une tendresse attentive et un sens ramassé du mélo musical. La voix croassante et usée du vieux Bob n’a pas la fluidité magique de celle de Sinatra mais elle est d’une musicalité étonnante, lyrique, qui rappelle les ballades et les standards que Dylan aime tant chanter (Self Portrait, Bob Dylan, et tant d’autres reprises impromptues de Dean Martin ou Charles Aznavour).
C’est en passant par cette case sentimentale, en empruntant ce chemin délicat des airs éternels d’une Amérique qui n’aime rien tant que se tenir chaud et découper sa dinde en famille, que même les titres trop rapides, ces airs speedés, enjoués, retrouvent au détour d’une énième écoute d’étranges airs de Walt Disney syncopés en yiddisch. Ecoutez Must Be Santa dont Dylan a fait un clip sautillant, chorégraphié grossièrement à coup d’approximations îvres et de déguisements, et dites-moi si ce n’est pas un étrange tube klezmer new age qui vous déboule soudain dans les oreilles, sans s’être annoncé. Dylan a toujours été un provincial décalé, un juif embarassé de lui-même, un chrétien-collage, une aberration. A près de 70 ans, il a enfin réussi à recoller les morceaux. Pleurer à Sinatra n’est pas la chose la plus bête qui soit. A Dylan non plus.
C’est un disque crypté, décalé, touffu, contradictoire, sans queue ni tête. Il faut avoir la clé pour y entrer, en tout cas une des clés. La mienne, qui vaut ce qu’elle vaut, est de commencer par la fin. Désorganiser cette trop sage soirée de Noël pour y retrouver la touche de poésie et de tristesse, de mélancolie poisseuse, tenace, qui sont la marque juive de bob dylan. C’est seulement au quatorzième titre de Christmas In The Heart, par ce délicieux Christmas Song signé Mel Tormé (qui introduit au passage Jack Frost, l’elfe de Noël qui est aussi le pseudo de Dylan producteur), que le disque s’est ouvert. Il s’est illuminé, et maintenant presque toutes les chansons m’enchantent et me plongent dans une sorte de retour à l’enfance, une enfance béate et imbécile que je n’avais pas retrouvée depuis longtemps.
Comment en suis-je arrivé là ? Les extraits du disque sur Youtube, sautillants, catastrophiques, plus kitsch qu’une pub Mon chéri, me mettaient dans l’embarras, même si une phrase de I’ll be Home for Christmas ou Have Yourself a Merry Christmas pouvaient à l’occasion avoir la tristesse posée d’un standard. Après écoute répétée, ce disque s’est révélé une merveille d’insolence américaine, bien plus consistante que le médiocre Together Through Life qui n’est au fond qu’un retour tardif et énervé au bayou de Daniel Lanois. Ce que Dylan a cherché à retrouver ici, ce sont ses racines domestiques américaines, celles qui illuminent certains épisodes enneigés d’Ally McBeal ou d’autres séries télé dégoulinantes d’émotion, à coup de flocons de neige et de baisers mouillés. C’est aussi l’art raffiné d’un Frank Sinatra qu’il piste depuis tant d’années qui se retrouve ici. Pas un hasard si le chef d’œuvre Capitol que Sinatra a enregistré avec le grand Gordon Jenkins, A Jolly Christmas From Frank Sinatra, se retrouve pour moitié (six chansons sur douze) repris ici avec une tendresse attentive et un sens ramassé du mélo musical. La voix croassante et usée du vieux Bob n’a pas la fluidité magique de celle de Sinatra mais elle est d’une musicalité étonnante, lyrique, qui rappelle les ballades et les standards que Dylan aime tant chanter (Self Portrait, Bob Dylan, et tant d’autres reprises impromptues de Dean Martin ou Charles Aznavour).
C’est en passant par cette case sentimentale, en empruntant ce chemin délicat des airs éternels d’une Amérique qui n’aime rien tant que se tenir chaud et découper sa dinde en famille, que même les titres trop rapides, ces airs speedés, enjoués, retrouvent au détour d’une énième écoute d’étranges airs de Walt Disney syncopés en yiddisch. Ecoutez Must Be Santa dont Dylan a fait un clip sautillant, chorégraphié grossièrement à coup d’approximations îvres et de déguisements, et dites-moi si ce n’est pas un étrange tube klezmer new age qui vous déboule soudain dans les oreilles, sans s’être annoncé. Dylan a toujours été un provincial décalé, un juif embarassé de lui-même, un chrétien-collage, une aberration. A près de 70 ans, il a enfin réussi à recoller les morceaux. Pleurer à Sinatra n’est pas la chose la plus bête qui soit. A Dylan non plus.
(A paraître dans ROLLING STONE)
mercredi 25 novembre 2009
richard hawley: le retour en une (pour gilles tordjman)
je viens enfin de recevoir trueloves' gutter, l'album de richard hawley dont est extraite cette très belle chanson triste, for your lover give some time ... .... c'est superbe, même si tout n'est fait ici que pour servir d'écrin à cette chanson d'amour idéale
je viens enfin de recevoir trueloves' gutter, l'album de richard hawley dont est extraite cette très belle chanson triste, for your lover give some time ... .... c'est superbe, même si tout n'est fait ici que pour servir d'écrin à cette chanson d'amour idéale
dimanche 15 novembre 2009
aucun bon disque dans les années 70/80 à part blood on the tracks, dylan a perdu son chemin .... il le retrouve l'été 1992, avec un disque étrange, minimal, lo fi, enregistré dans son garage, good as i been to you: rien que des reprises accoustiques de vieux blues ou de vieilles rengaines vaguement country ... quelques semaines plus tôt dylan enregistrait avec son vieux copain david bromberg des sessions inédites qui émergent peu à peu et qui devaient faire partie de ce disque .... trop bizarre, il les met de côté .... rappelez-vous, dylan vient d'avoir 50 ans, il invente en douce, dans son coin, un merveilleux folk celtique et arabisant inédit
seems like dylan is inventing a kind of new music here, between early jazz and some strange sydbarretian folk rock, it's a speedy blind willie mc tell to me, a masterpiece in modern archaic music
bob dylan/polly vaughan (david bromberg sessions, 1992)
une autre superbe chanson des mêmes sessions, écrite par david bromberg
bob dylan/catskills serenade (david bromberg sessions, 1992)
seems like dylan is inventing a kind of new music here, between early jazz and some strange sydbarretian folk rock, it's a speedy blind willie mc tell to me, a masterpiece in modern archaic music
bob dylan/polly vaughan (david bromberg sessions, 1992)
une autre superbe chanson des mêmes sessions, écrite par david bromberg
bob dylan/catskills serenade (david bromberg sessions, 1992)
samedi 14 novembre 2009
dimanche 1 novembre 2009
samedi 17 octobre 2009
mercredi 14 octobre 2009
jeudi 1 octobre 2009
bob dylan/positively van gogh (version complète) bob dylan/positively van gogh (1966/denver tapes, version complète) When I'd ask why the painting was deadly Nobody could pick up my sign 'Cept for the cook, she was always friendly But she'd only ask, "What's on your mind?" She'd say that especially when it was raining I'd say "Oh, I don't know" But then she'd press and I'd say, "You see that painting? Do you think it's been done by Van Gogh?" The cook she said call her Maria She'd always point for the same boy to come forth Saying, "He trades cattle, it's his own idea And he also makes trips to the north. Have you ever seen his naked calf bleed?" I'd say, "Oh no, why does it show?" And she'd whisper in my ear that he's a half breed And I'd say, "Fine, but can he paint like Van Gogh?" I can't remember his name he never gave it But I always figured he could go home Til when he'd gave me his card and said, "Save it" I could see by his eyes he was alone. (? I could understand ?) how his four leaf clover Drawn on his calling card showed That it was given back to him a-many times over And it most definitely was not done by Van Gogh. (It was either she or maid?) just to please me Though I sensed she could not understand And she made a thing out of it by saying, "Go easy He's a straight, but he's a very crooked-straight man." And I'd say, "Does the girl in the calendar doubt it? And by the way is it Marilyn Monroe?" But she'd just [speak?] softly and say, "Why you wanna know about it?" And I'd say, "I was just wondering if she ever sat for Van Gogh?" It was either her or the straight man who introduced me To Jeanette, Camilla's friend Who later on falsely accused me of stealing her locket and pen When I said "I don't have the locket" She said "You steal pictures of everybody's mother I know" And I said "There's no locket No picture of any mother I would pocket Unless it's been done by Van Gogh."
le dernier spectateur
1. dire d'abord que j'ai eu tort de regretter trop longtemps ces salles de cinéma hautes en couleur de mon enfance, où les spectateurs se disputaient, souvent bruyamment, à longueur de séances... ... .... je croyais que ce qui avait disparu du cinéma, c'était ce côté hétéroclite, mélangé socialement, du public.... ..... j'avais évidemment tort, le cinéma -art populaire, art d'usine- n'a jamais été fréquenté que par les pauvres gens, il était méprisé par les intellectuels et les bourgeois.... ... ... ... c'est ce cinéma que j'aimais, c'est ce cinéma que j'aime encore.
2. dire ensuite (c'est important) qu'après une courte période intermédiaire où le populo et l'intello se sont mélangés dans les salles, le cinéma a fini par ne plus être fréquenté que par ceux qui ont les moyens de se l'offrir, les bourgeois, les petit-bourgeois surtout, ceux qui savent parler des films ... parler et parler encore, sur le trottoir ou la feuille blanche, mais qui ne savent plus se prendre pour les personnages (toi morgan, moi gabin, moi tarzan, toi jane), qui ne savent plus s'identifier aux héros, qui ne savent plus "vivre les films"...
blossom dearie/old tyme movie love affair (films d'occasion prod)
3. dire aussi qu'une fois le spectateur populaire disparu, il ne restait plus au cinéma en tant qu'art d'usine à s'effacer... s'effacer sur la pointe des pieds... celà fait trente ans ou quarante qu'il s'y efforce ...
4. insister sur une chose qu'on a trop tendance à oublier: les spectateurs font les films, ils les défont aussi ... à force de s'être absentés des salles, ils ont conduit le cinéma en tant qu'art d'usine ... à s'absenter de lui-même
5. ... ... .... c'est l'une des raisons pour lesquelles, sans doute, mon désir de faire des films a presque totalement disparu ... pour qui filmer? ... pour qui?
PS. mon ami patrice kirchhofer, cinéaste expérimental qui bricole depuis toujours dans sa cuisine des films pour personne, n 'a pas ce problème ... l'abrutissement du spectateur, son absence, ou même sa mort avérée, ne l'affectent pas ... celà ne modifie en rien son désir de filmer... je l'envie énormément ...
1. dire d'abord que j'ai eu tort de regretter trop longtemps ces salles de cinéma hautes en couleur de mon enfance, où les spectateurs se disputaient, souvent bruyamment, à longueur de séances... ... .... je croyais que ce qui avait disparu du cinéma, c'était ce côté hétéroclite, mélangé socialement, du public.... ..... j'avais évidemment tort, le cinéma -art populaire, art d'usine- n'a jamais été fréquenté que par les pauvres gens, il était méprisé par les intellectuels et les bourgeois.... ... ... ... c'est ce cinéma que j'aimais, c'est ce cinéma que j'aime encore.
2. dire ensuite (c'est important) qu'après une courte période intermédiaire où le populo et l'intello se sont mélangés dans les salles, le cinéma a fini par ne plus être fréquenté que par ceux qui ont les moyens de se l'offrir, les bourgeois, les petit-bourgeois surtout, ceux qui savent parler des films ... parler et parler encore, sur le trottoir ou la feuille blanche, mais qui ne savent plus se prendre pour les personnages (toi morgan, moi gabin, moi tarzan, toi jane), qui ne savent plus s'identifier aux héros, qui ne savent plus "vivre les films"...
blossom dearie/old tyme movie love affair (films d'occasion prod)
3. dire aussi qu'une fois le spectateur populaire disparu, il ne restait plus au cinéma en tant qu'art d'usine à s'effacer... s'effacer sur la pointe des pieds... celà fait trente ans ou quarante qu'il s'y efforce ...
4. insister sur une chose qu'on a trop tendance à oublier: les spectateurs font les films, ils les défont aussi ... à force de s'être absentés des salles, ils ont conduit le cinéma en tant qu'art d'usine ... à s'absenter de lui-même
5. ... ... .... c'est l'une des raisons pour lesquelles, sans doute, mon désir de faire des films a presque totalement disparu ... pour qui filmer? ... pour qui?
PS. mon ami patrice kirchhofer, cinéaste expérimental qui bricole depuis toujours dans sa cuisine des films pour personne, n 'a pas ce problème ... l'abrutissement du spectateur, son absence, ou même sa mort avérée, ne l'affectent pas ... celà ne modifie en rien son désir de filmer... je l'envie énormément ...
deux ou trois choses que je sais sur bert williams ...
... né aux antilles en 1874, arrivé à new york à l'âge dix ans (il y meurt en 1922), le grand black minstrel NOIR bert williams a été une très grande vedette du vaudeville (sous le chapiteau, à broadway, mais aussi au cinéma)... ... .... w c fields, qui l'adorait, disait de lui qu'il était "l'homme le plus drôle qu'il ait jamais vu de sa vie ... ... mais aussi le plus triste." ... écouter "nobody", c'est constater que son style est étrangement plus proche des premiers crooners blancs, qui l'ont suivi (comme bing crosby) que du style nègre si bien imité par emmett miller, le grand black minstrel BLANC ....
bert williams/orginal version of "nobody" (1913)
bing crosby singing bert williams' early hit, "nobody", in an early thirties philco radio time program ... song starts only at 3.21, after the minstrel jokes (told with al jolson)
PS. j'ai mis longtemps à me faire à la drôle de voix trafiquée d'emmett miller, à son yodel hurleur pré-howling wolf, à sa voix sous influence georgienne d'extraterrestre déguisé en nègre,
emmett miller/i ain't got nobody (films d'occasion productions)
.. ... à ce son étrange, à ces jazzmen déplacés (emmett miller devait sonner bien plus "country" en vérité)....
je mettrais bien plus longtemps, des années sans doute, à me faire à l'art inédit, oublié, de bert williams, ce noir grimmé en noir... .... à noter que pour bert williams, il y a trois cd indispensables sous label archeophone, des savants fous doublés de mélomanes qui ont su restituer avec amour le son ... des cylindres ... certaines chansons qu'on n'avait plus écoutés depuis 1900 ....
ne pas oublier que la musique, pour moi, ce sont les disques, et rien d'autre .... .
avec archeophone, la bibliothèque sonore a reculé d'un coup, d'un seul, de vingt ans...
mais pour "entendre" ces disques, il faut du temps ... on n'écoute pas impunément, en quelques secondes, vingt ans de musique inédites à nos oreilles ... c'est de la sf ... c'est très étrange, vraiment très étrange ...
celà fait 2/3 ans que j'écoute bert williams, et je commence à peine à habituer mes oreilles (formatées pour reconnaître des musiques seulement à partir de 1927), à ces chansons étrangement désuètes de bert williams, des chansons de 1905 ou 1907 (sans compter les autres rééditions d'archeophone, qui commencent à vers.... 1885, ou quelque chose comme ça): on est là dans un monde ancien, oublié, inécouté, radicalement nouveau, définitivement incompréhensible et sans doute pour toujours travesti à nos oreilles...
... né aux antilles en 1874, arrivé à new york à l'âge dix ans (il y meurt en 1922), le grand black minstrel NOIR bert williams a été une très grande vedette du vaudeville (sous le chapiteau, à broadway, mais aussi au cinéma)... ... .... w c fields, qui l'adorait, disait de lui qu'il était "l'homme le plus drôle qu'il ait jamais vu de sa vie ... ... mais aussi le plus triste." ... écouter "nobody", c'est constater que son style est étrangement plus proche des premiers crooners blancs, qui l'ont suivi (comme bing crosby) que du style nègre si bien imité par emmett miller, le grand black minstrel BLANC ....
bert williams/orginal version of "nobody" (1913)
bing crosby singing bert williams' early hit, "nobody", in an early thirties philco radio time program ... song starts only at 3.21, after the minstrel jokes (told with al jolson)
PS. j'ai mis longtemps à me faire à la drôle de voix trafiquée d'emmett miller, à son yodel hurleur pré-howling wolf, à sa voix sous influence georgienne d'extraterrestre déguisé en nègre,
emmett miller/i ain't got nobody (films d'occasion productions)
.. ... à ce son étrange, à ces jazzmen déplacés (emmett miller devait sonner bien plus "country" en vérité)....
je mettrais bien plus longtemps, des années sans doute, à me faire à l'art inédit, oublié, de bert williams, ce noir grimmé en noir... .... à noter que pour bert williams, il y a trois cd indispensables sous label archeophone, des savants fous doublés de mélomanes qui ont su restituer avec amour le son ... des cylindres ... certaines chansons qu'on n'avait plus écoutés depuis 1900 ....
ne pas oublier que la musique, pour moi, ce sont les disques, et rien d'autre .... .
avec archeophone, la bibliothèque sonore a reculé d'un coup, d'un seul, de vingt ans...
mais pour "entendre" ces disques, il faut du temps ... on n'écoute pas impunément, en quelques secondes, vingt ans de musique inédites à nos oreilles ... c'est de la sf ... c'est très étrange, vraiment très étrange ...
celà fait 2/3 ans que j'écoute bert williams, et je commence à peine à habituer mes oreilles (formatées pour reconnaître des musiques seulement à partir de 1927), à ces chansons étrangement désuètes de bert williams, des chansons de 1905 ou 1907 (sans compter les autres rééditions d'archeophone, qui commencent à vers.... 1885, ou quelque chose comme ça): on est là dans un monde ancien, oublié, inécouté, radicalement nouveau, définitivement incompréhensible et sans doute pour toujours travesti à nos oreilles...
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" invraisemblable ou pas, crois-moi, c'est la vérité -et il n'y en a pas deux ..."