mercredi 1 décembre 2010

quand j'ai connu edward ludwig ...

quand j'ai connu edward ludwig, c'était l'été 1965 ... il était encore sous contrat avec allied artists, une petite compagnie pour laquelle il avait tourné un film que j'adore, the gun hawk (le justicier de l'ouest) deux ans plus tôt ... samuel fuller travaillait aussi pour allied artists mais avec plus de liberté à l'évidence, que ludwig ... ils avaient tourné shock corridor et the gun hawk à quelques semaines de distance, mais ludwig avait dû demander la permission, presque en tremblant (je n'invente rien), à son directeur de production, pour accorder un entretien au jeune rédacteur des cahiers du cinéma que j'étais ... on n'imagine pas fuller faire oeuvre de telles précautions ... un an plus tard, toujours avec allied artists, sam fuller tournera un second film, the naked kiss ...
même si edward ludwig, réalisait des films depuis 1920 (au départ sous le nom d'eward i. luddy), et même s'il avait dirigé des stars comme zazu pitts, edward g. robinson, mickey rooney, john wayne, james stewart, yvonne de carlo, melvyn douglas, deanna durbin, il était devenu timide et même peureux avec l'âge ... le système des studios pouvait briser les nerfs des réalisateurs les moins téméraires ...

that certain age (edward ludwig, 1938)

rajouter qu'
allied artists, entre 1955 et 1964 a réalisé une trentaine de films de toute beauté, signés tourneur (wichita, 1955), don siegel (invasion of the body snatchers, crime on the street), roger corman (attack of the crab monsters, not of this earth, 1956), william wyler (friendly persuasion, 1956), billy wilder (love in the afternoon/ariane, 1957), edgar g. ulmer (daughter of dr. jekyll, 1957), anthony mann (el cid, 1961, 55 days at peking, 1963), peter ustinov (billy budd, 1962), stuart heisler (hitler, 1964) ... ...
edward ludwig ne devait plus faire grand chose après ce merveilleux gun hawk qui raconte, en 1963, l'agonie du dernier et plus rapide tireur de l'ouest, atteint d'un cancer, et qu'on voit littéralement se décomposer à vue d'oeil à l'écran .. on appelle ça la mort au travail ...
juste avant, ludwig avait réalisé un beau film d'épouvante le scorpion noir (1957), et un épisode de bonanza en 1959 ... .. il signera encore un autre épisode de série télé (branded/le proscrit) en 1966 et attendra sagement la mort en rêvant à sa russie natale, dans sa petite maison au soleil de californie ... elle arrivera seize ans plus tard, en 1982 ... il venait d'avoir 84 ans ...

Aucun commentaire:


" invraisemblable ou pas, crois-moi, c'est la vérité -et il n'y en a pas deux ..."