jeudi 1 octobre 2009

le dernier texte (remix)
je me rends compte que j'ai écrit à toute vitesse, sans contrôler l'ordre de mes idées, pas moins de sept textes en quelques jours, sept textes directement liés au cinéma ... ... .... ça ne m'était pas arrivé depuis très longtemps ... ... c'est beaucoup ... ... c'est trop ... ....
je les laisse reposer ... ... je les réarrangerais, j'y reviendrais, mais je m'interdis d'en écrire d'autres .... trop, c'est trop .. ... sept, c'est bien, non?
... and now, let's forget about cinema, here comes the good old sweet sound of muuuuuusiiiiiiic ....

bob dylan/down the highway (electric guitar heretic mix, dubbing by sbtasche/ dallas, texas 35 year old living in goa, india)


CROONER CORNER: frankie laine takes lead vocal on a delightful 1944 charles brown trio session ... followed by six or seven of the greatest crooner performances ever
(films d'occasion productions)

charles brown trio & frankie laine/maureen

frank sinatra & axel stordahl/i'll be seeing you (1961)/david allyn & johnny mandel/the folks who live on the hill

shirley horn with benny carter/peggy lee with benny carter (1995)

beverly kenney/i walk a little faster/june christy, they didn't believe me

bing crosby & bob scobey/along the way (1957)

matkich bladi
l'éternel retour de r.h. harris, the loveliest soul voice ever: écoutez les accents de sam cooke, marvin gaye, al green, michael jackson, ils sont tous là, dans cette voix divine, celle d'un homme grassouillet, sans charisme, le seul à savoir dans sa voix de miel que les violons ont toujours raison

r.h. harris & the soul stirrers/i'm still living on mother's prayer (alternate long version, 1950/les films d'occasion productions)
cette voix vient de loin, des black minstrels du 19ème siècle aux fureurs androgynes de prince, en passant par sam cooke, little richard, curtis mayfield, marvin gaye, al green, michael jackson ....
en voici un résumé: rh harris/james brown


rh harris/soul stirrers/silent night (1948)/james brown/try me (1959)
le jeune johnny hartman, léger baryton pas encore sous influence nat king cole, chante what's to become of me, tendance dick haymes ou frank sinatra (1947/films d'occasion production)
bob neuwirth is older than dylan, probably 70 already, not singing much, mostly painting and living from the paintings he sells ... sad story, being eaten alive by bob dylan's shadow ... and bob's horrible selfishness and egocentered way of living and thinking ... and killing people sometimes

bob neuwirth/heroes (1996)


bob neuwirth/lucky too/nashville/beautiful day/cloudy day (1996)

bob neuwirth/annabelle lee (1987-1988)
une très envoûtante, très surprenante, reprise de la plus étrange, la plus poignante, la plus fordienne  chanson des basement tapes

suzzy and maggie roche/clothes line saga 
le retour de dylan, léger comme la danse, léger comme l'oubli

bob dylan/forgetful heart (seattle/washington, 5 octobre 2009)
un très rare clip d'un très jeune kinky friedman

kinky friedman/twinkle (lasso from el paso, 1976)


KINKY FRIEDMAN A PARIS

En face de moi, sur la toute petite scène de l’Archipel, il souriait sous son chapeau noir assorti à ses moustaches. Avant même qu’il ait chanté la moindre note, cela tenait du miracle. Voir Kinky Friedman à Paris, qui aurait cru ça possible ? Le légendaire candidat au poste de gouverneur du Texas, mélange de Coluche et de Groucho Marx, l’écrivain-culte des polars à succès hantés par les fantômes de Hank Williams, l’ancienne star de la Rolling Thunder Review (aux côtés de son vieux pote, le minstrel blanc Bob Dylan), et surtout le légendaire chanteur country du Texas, l’auteur de They Ain’t Makin' Jews Like Jesus Anymore (Ils ne font plus de juifs comme Jésus) se tenait à quelques mètres de moi … et il chantait. J’étais heureux comme un enfant, il n’en fallait pas plus à mon bonheur, même si je maudissais intérieurement l’ignorance musicale et la paresse crasse des journalistes parisiens, qui les tenaient éloignés de cette petite scène de rien du tout qui créait l’événement, un événement au moins aussi important que les concerts de Prince au Grand Palais.
Peu de gens savent que le cow boy juif du Texas vaut largement Townes Van Zandt, Willie Nelson, Terry Allen, Joe Ely, Jimmie Dale Gilmore, Guy Clark, Steve Young ...ou même Buddy Holly, tous ceux qui ont fait du Texas l’état qui chante le mieux, et depuis longtemps. Qui le sait, ici ? Il n'y avait dans la salle que des allemands, des hollandais, des américains ... moi qui vais au concert une fois tous les trois ans, j'avais un peu honte d'être français. Mais la musique balaie tout ça, surtout quand elle est douce et sucrée comme celle de Kinky. Autant le personnage est drôle et sévère, rigolard, imposant, autant sa musique est murmurée, fragile, presque féminine. A part ses succès remuants comme Asshole from El Paso, un pastiche endiablé de Okie From Muskogee, la chanson red neck et réac de Merle Haggard, il n’a chanté toute la soirée que des standards country et des ballades, les siennes (Sold American ou Autograph, reprise par Delbert McClinton) ou celles des autres (Woody Guthrie surtout, dont il reprend Pretty Boy Floyd avec une fidélité touchante). Mais c’est avec la jolie ballade de Peter La Farge, The Ballad of Ira Hayes, qu’il est peut-être le plus convaincant : n’insistant jamais sur le pathos des paroles, il la survole du bout des lèvres, du bout de l’âme, lui redonnant toute sa dignité originelle, à la fois subtile et mélodramatique, celle qui décrit la vie d’un Indien de l’Arizona, emporté par la déchéance, la honte et l’alcool après avoir été un combattant héroïque à la bataille d’Iwo Jima. Même si Dylan l’a interprétée avec tendresse, la version de Kinky Friedman est infiniment plus subtile, meurtrie, comme tournée vers l’intérieur. C’est ce mélange intime de burlesque (avec son vieux complice Little Jewford en Harpo Marx écarquillé) et de fragilité mélodique que Kinky sait le mieux communiquer à un public qui l’aime d’amour depuis longtemps. On ne remerciera jamais assez Karel Beer d’avoir bricolé en secret la venue de ce héros américain, comme il l’a fait par le passé avec Guy Clark, Chip Taylor et tant d’autres.
(à paraître dans ROLLING STONE)

lundi 28 septembre 2009

le premier spectateur
c'était il y a longtemps ... plus d'un siècle, c'est beaucoup, c'est peu ... en regard de l'art,de l'art d'usine, c'est infinitésimal ... des gens ont eu peur, un par un ou ensemble, ils ont eu peur ... c'était le premier, les premiers spectateurs de quelque chose qui n'avait pas encore de nom ... ils ont eu peur des premières images qui s'agitaient devant eux: un train, une pirogue, des ouvrières ... ... et puis ce furent des tour des passe passe, des jongleries, des clowneries, des gigotis, des gigotas, des numéros de magiciens, et même des yodels tyroliens passés au brou de noix du mississippi ....... ..
le cinéma forain se faisait dans les foires, on ne connaissait pas le nom des artistes de cirque qui organisaient toutes ces images (lumière, méliès, ce n'était que des noms de code, les plus connus, pour tous les opérateurs qui produisaient tous ces inédits au grand jour), le cinéma forain s'improvisait sous des tentes, des chapiteaux, les mêmes chapiteaux qui parcouraient au même moment l'Amérique pour vendre des élixirs, mettre en scène des cow boys, exhiber des peaux rouges, présenter à des petits blancs ahuris qui n'avaient jamais vu de noirs, des travestis raciaux, ces extraordinaires black minstrels dont emmett miller est le dernier, le dernier à être enregistré et filmé, en tout cas ...

emmett miller (à droite) not his singing yodel, i'm afraid, just his magician's late screaming yodel
et puis, et puis, et puis ... ....
un jour naquirent, sans qu'on même s'en rende compte, des films formatés, muets, parlants, qui racontaient des histoires en une heure trente, des histoires jouées par des acteurs .. .. ... les premiers spectateurs avaient disparu sans même qu'on s'en rende compte ... ... faut-il les faire revenir? sans doute pas .. .. ... mais ce qu'il faut faire revenir, par n'importe quel moyen, c'est l'éblouissement gamin devant les premières images .. .. .. un seul homme a vraiment essayé .. .. il s'appelle werner nekes ...

johnny flash (werner nekes)
pas vraiment représentatif de nekes, mais il se fait rare sur youtube: disons surtout qu'il est le seul cinéaste expérimental à avoir travaillé sur la caméra elle même, les focales, les objectifs, s'inspirant même des objets de pré-cinéma qu'il collectionne ... pour essayer de faire de la caméra autre chose que l'objet utilitaire et marchand qu'elle est devenue ... son idée, c'est de revenir à lumière ... et puis de changer de direction, de bifurquer, d'aller ailleurs ...
(à suivre)

le premier white minstrel

portrait de dylan en jeune travesti
on parlait de la grande figure oubliée des travestis raciaux, on évoquait le maître caché du jeune bob dylan, "the minstrel man from georgia", emmett miller ... ... c'était le plus grand des blackface, des black minstrels, ces blancs grimmés grossièrement en noirs, qui rigolaient et chantaient "comme des noirs"... .... .... ...
un jour, il y a plus de trente ans, précisément en 1975, avant de partir sur les routes avec sa troupe bigarrées d'amis, d'amantes, de charlatans, de cracheurs de feu, de violonistes, de danseuses, et même de cow boy juifs (kinky friedman, le plus grand chanteur juif du texas), pour sa toute première rolling thunder revue, dylan a eu une drôle de vision: il a rêvé qu'il était un minstrel, un white minstrel ....
... .... il connaîssait par coeur l'oeuvre complète du blackface emmett miller, celui qui a révélé hank williams à lui-même avec lovesick blues, celui qui a inventé cet étrange yodel sauvage qui a tant impressionné howlin' wolf, captain beefheart -et bob wills, et merle haggard, et lefty frizzell .... .....
... .... mais bob dylan connaisssait surtout bert williams, l'une des premières superstars du cinéma et de la chanson, dès 1912, il savait que c'était un noir qui se grimait ... en noir
... bert williams était célèbre pour cette étrange routine de vaudeville, mais il n'était certainement pas le seul (sammy davis enfant, armstrong jeune homme, et beaucoup d'autres se grossissaient les traits pour paraître plus noirs, pour devenir des nègres plus nègres que les nègres) ......
... .... ... le seul qui a survécu (en films rares, en disques crachottants), le seul qui témoigne de cette préhistoire archaïque des black minstrels, c'est bert williams, le plus célèbre des noirs déguisés en noirs ... ....

bert williams (bande-annonce d'un documentaire fait par des lycéens noirs américains/trop de rap, mais les images de bert williams sont trop rares pour qu'on s'en prive ... écoutez bien: à partir de 1.50, il chante "nobody", l'un de ses tubes)

bert williams/he's a cousin of mine (1906) ... étrangement bert williams, ce célèbre black minstrel noir chante "plus blanc" (comme rudy vallée ou un pré-bing crosby) que le black minstrel blanc emmett miller ... même si sam cooke a repris sa chanson

... .... .... des noirs grimés en noir, ah ah ah ..... ..... l'idée était trop belle, trop conceptuelle, trop poétique, trop fantasmatique, trop allégorique, trop dylanienne en un mot.. ... ... quand l'idée du cirque ambulant de la "rolling thunder revue" lui est venue, quand il s'est décidé de remettre charlie chaplin et le vaudeville à la mode, bob dylan l'a su en un éclair: il allait être le premier chanteur blanc ... à se grimer en blanc ...
(à suivre)

vendredi 25 septembre 2009

dylan, godard .... and me
introduction en anglais ... pourquoi? comme ça, comme une chanson ....
i bet the last modern movie will be a godard movie ... a thousand spliced images for a new century.. i bet the last contemporary song will be a dylan song, a thousand words, a thousand new characters, a new tribe of friends, enemies, new music for centuries to come ...

bob dylan/positively van gogh
ne pas oublier que dans des circonstances mystérieuses, jamais complètement élucidées, la vie de ces deux la a basculé .... pas au même moment mais presque, a la fin des années soixante, leurs vies se sont déchirées, scindées en deux .... .... a quelques mois près, dans un même accident de moto .... vies fracturées, nouvelle identité schizoïde ... un art éclaté, radicalement nouveau se met en place: ni le cinéma, ni la musique ne s'en remettront ... deux maîtres sont en train de naître .... ou plutôt de renaître a l'art et a la vie .... ... ...
... une même méfiance, un dégoût presque pathologique pour les fans, ces groupies envahissants qui les terrorisent, les rapproche encore plus: dylan parle de ces admirateurs puants qui rampent sur le toît de sa maison pour le voir de plus près, godard imagine un personnage homonyme, joué par dutronc (dans sauve qui peut la vie) qu'un admirateur veut enculer...
... et moi, au fait? qu'est ce que je viens faire là-dedans ... disons que j'ai eu longtemps, comme beaucoup, la tentation d'être moi aussi quelque chose comme le dernier cinéaste .... c'était à la fin du siècle dernier, quand je croyais encore réaliser avant l'an 2000 la version définitive de l'escalier de la haine, celle que j'appelais le juif de lascaux ... qui devait être dans ma tête quelque chose comme "le dernier film", un mélange inédit de dodesk'aden et de skorecki/fellini ... en y renonçant, j'ai renoncé aussi à cette ambition puérile .... être le dernier cinéaste ... je laisse cela à godard, à garrel, à tant d'autres qui occupent déjà la place ....
(a suivre.....)
melville et moi (remix)
du temps où j'écrivais au jour le jour sur le cinéma, je n'y allais déjà plus, et parler de vieux films en étant le plus loin possible de cet art industriel qui virait de plus en plus à l'industrie ... produisait des effets, des flashs inédits ailleurs, dans la littérature cinéphile ordinaire ... ... c'est la musique, et elle seule, qui me fait vivre depuis plus de vingt ans ... c'est avec l'expérience sensible (et non plus intellectuelle) de la musique que je me permets d'écrire encore de temps en temps sur le cinéma
j'ai toujours aimé melville -et surtout adoré un flic, son dernier film si maniéré qu'il en devient, paradoxe rarissime, déchirant de vérité.... l'émotion vient pour une fois du trop de mise en scène, d'une sorte d'usure en direct qui se transforme en larmes ... ... ... ... tout ça pour dire que j'ai vu l'autre jour le deuxième souffle à la télé et que je suis passé insensiblement -et en direct- de l'admiration à la détestation... .... .... c'est du cinéma filmé au pire sens du mot, surligné, apprêté, artificiel, distancié, mythologisant, référencé cinéma à tous les étages -et en plus en noir et blanc (en 1966, faut le faire)... ... ... jean renoir au moins (pas mon cinéaste préféré) préférait la vie au cinéma, même dans le cinéma il préférait la vie. ... ... ... dans ce sens là, sa leçon de cinéma accidentel a été bien oubliée (même par pialat, qui le singeait artificiellement) .... .... .... .... si hawks avec rio bravo (1958) était le premier postcinéaste, flamboyant d'humour et de vie, melville avec le deuxième souffle, enterre huit ans plus tard le bébé avec l'eau du bain: plus de vie, plus de larmes, plus de rires, juste des effets-cinéma à en crever ... ... on en est là depuis plus de quarante ans, dans un désespérant sur-place dont personne ne semble se soucier.... .... ....
.. et moi, au fait? qu'est ce que je viens faire là-dedans ... disons que j'ai sans le savoir, du moins sans l'avoir prévu, préparé avec cinéphiles 3 (les ruses de frédéric), et skorecki déménage, le retour à un cinéma plus modeste, plus léger, situé le plus loin possible des sentiers battus du cinéma filmé ... un cinéma pochette-surprise, fidèle à l'appellation originelle des "films d'occasion" ("loin du cinéma productions"), qui dit mieux quelle était mon ambition de producteur .... créer autre chose, ailleurs, qui délaisse le cinéma pour les rires et les larmes enfantines de la vie comme elle va ... ... ... .... .... .... à d'autres maintenant de bricoler, le plus loin possible de ce cinéma plus froid que la mort qui squatte les salles, des films rigolos, sans prétention, pour des spectateurs impatients de naître au grand jour ...
... .... parmi mes amis cinéastes (patrice kirchhofer, stavros tornes, jean-claude biette), et mes copains (jean-claude brisseau, joseph morder, pierre léon, laurent achard, pierre brody, vladimir léon, harold manning ...), l'unanimité est loin d'être faite autour de cette question d'un cinéma modeste à venir -un cinéma personnel, disons ... il y a autant d'opinions que d'individus, ce qui n'est pas plus mal après tout ... signe que cette tribu est vivante, hétéroclite, frondeuse .... et qu'elle pondra des oeufs dont naîtront des films, dont naîtront des films, dont naîtront des films .... ....
(a suivre)
les cinéphiles (le retour de jean)/skorecki,cressolle,abdi (1988)

jeudi 24 septembre 2009

Dylan à 70 ans
(à paraître dans ROLLING STONE)

Il les a presque, le vieux con. L’heure du bilan? Pourquoi pas†? Bob Dylan n’a jamais bien chanté, que ce soit clair entre nous. Il peut Ítre criard et inspirÈ en studio (comme lors des sessions new yorkaises de Highway 61 Revisited, l’ÈtÈ 1965 -je le sais, j’y Ètais), et c’est ‡ peu prËs tout. Il se lasse trop vite de ses propres chansons, ne sachant que les rÈarranger, les triturer, les dÈmolir pour les rendre mÈconnaissables (et souvent inaudibles). On trouve des choses extraordinaires enregistrÈes en concert sur youtube, mais pour une belle chanson, il y en a une centaine d’inÈcoutables. A part quelques concerts fulgurants, droguÈs, sous acide ou hÈroÔne (ou ce que vous voulez, vous avez le choix), donnÈs en 1966 (et le miracle toujours inexplicable de l’annÈe 2000 -une vraie Èpiphanie- o_ il n’a livrÈ en concert que des chefs d’œuvre d’Èquilibre et d’Èmotion), bob dylan chante toujours comme un pied (ou un canard, ou ce que vous voulez). Je l’ai encore vÈrifiÈ en 2003, lors de deux concerts ‡ Hambourg dans une toute petite salle (moins de 1800 personnes chaque soir ‡ tout casser), c’Ètait une horreur, et mÍme ‡ vingt mËtres de lui, avec une sono impeccable, je n’ai presque reconnu aucune chanson.
Tout Áa pour dire que depuis quelques mois, le vieux Dylan m’Èpate de nouveau†: il retrouve le sens de la mÈlodie, chuchotÈe, chantÈe, grommelÈe, lui qui avait perdu depuis des annÈes ce sens de la mÈlodie, la mÈlodie originelle de ses chansons en tout cas, ‡ force de les dÈmembrer, de les dÈtourner, de les massacrer. Quelques chansons live sur you tube tÈmoignent de cette nouvelle Èpiphanie, de cet art retrouvÈ d’inventer sur place, en direct, une Èmotion toute bÍte, faite de notes et de mots. Il gigote mÍme ‡ la guitare de temps en temps comme le clone de Little Richard qu’il Ètait ‡ quinze ans, ses genoux redevenant par miracle pris dans une danse de saint gui guillerette, Èpileptique, communicative et nerveuse. Regardez le chanter sur youtube il y a un mois _ (le 2 juillet exactement) l’une des nouvelles chansons de son dernier disque, la sublime This Dream of You (http://www.youtube.com/watch?v=VVhWDvgAjjo), il y a deux versions du mÍme concert, prÈfÈrez celle l‡, postÈe par expecting34, l’image est rudimentaire mais le son est remarquable pour une fois, presque un son de studio), Áa vous donnera une idÈe. Je suis s°r que son disque de chansons de NoÎl, dont se moquent ‡ l’avance les puristes, sera une merveille cristalline et mercuriale. Les AmÈricains sont trËs forts sur les chansons avec rennes, hotte remplie de cadeau, neige Ètincelante, ferveur familiale. Ils ont un sens de l’Èquilibre et du bonheur, eux. AprËs tout, c’est le grand Irving Berlin, l’analphabËte ‡ l’accent yiddish du shtetl, qui a Ècrit en 1940 White Christmas, la chanson la plus vendue des tous les temps. Ecoutez les versions de Sinatra, Presley ou Bing Crosby si vous ne me croyez pas. Et celles de Presley, des Drifters, de Charlie Parker, ou mÍme de Tony Bennett. C’est une sacrÈe belle chanson, si vous voulez mon avis. Vous ne le voulez pas†? Trop tard, vous l’avez.

ethel waters: sex, rape and other things ...

sa mère a douze ans quand elle accouche d'ethel, le père, blanc, est l'homme qui l'a violée... mieux que bessie smith, ethel waters annonce billie holiday (et lee wiley)

ethel waters/bread and gravy (1939)/films d'occasion prod
heavily sexual double entendre bluesy ballad (written by the one and only hoagy carmichael)

ethel waters/supper time (1933)
sur une musique et des paroles pré-strange fruit d'irving berlin (mon homme a été lynché, faut mettre le dîner...), ethel waters devient en 1933 la première superstar noire ...

lundi 21 septembre 2009

deux ou trois idées sur les derniers films que j'ai vus à la télé
de temps en temps je laisse la télé venir à moi ... l'autre jour j'ai vu la moitié de nosferatu dans une copie toute neuve (d'une beauté éblouissante, mais qui n'apporte rien, elle tendrait même plutôt à "esthétiser" le film un peu trop), et hier j'ai revu le grand sommeil en v.f... bogart est évidemment obscène, mais il passe mieux en français que prévu, comme une sorte de jeune robert dalban qui ferait les grimaces de dylan mieux que dylan ... la voix de bacall est correctement grave, j'avais oublié que cette jeune juive chantait si bien ... sinon, comme chacun l'a remarqué, c'est une comédie loufoque déguisée en detective story ... hawks est familier de ce genre d'inversion ... il l'a déjà dit lui-même souvent ...
à propos d'inversion, je jeune héros de nosferatu est décidément un "inverti", comme on le disait des efféminés d'hier ... c'est un travelo très réussi, aux fesses correctement rebondies, et sa femme est tout aussi correctement masculine ... celà a-t-il un rapport avec le vampirisme? ... je n'en sais rien, mais celà a évidemment un rapport avec les penchants sexuels du jeune murnau ...
ps. je n'aime pas beaucoup le muet (sauf chaplin évidemment) et hawks m'a toujours semblé un peu raide, un peu froid (sauf quand il prend gary cooper, aux beaux yeux de biche si féminins -ou angie dickinson, ou encore paula prentiss, si masculines, pour leur mettre dans les bras un rougissant john wayne ou un maladroit rock hudson)
(à suivre)
modestie/orgueil (post scriptum)
20 ans déja que le désir de filmer m'a quitté ... plus exactement, c'est la necessité d'ajouter un mauvais film de plus à tous les films médiocres qui se faisaient qui m'est apparue ridicule... .... je me suis interdit de filmer, je me suis privé du plaisir de faire des films ... cinq ou six ans plus tard, j'ai ressenti un drôle de truc: il m'a semblé que chacune de mes petites chroniques au jour le jour valait un film ... orgueil? sans doute ... j'ai pensé, je le pense encore, que j'étais le seul a penser encore le cinéma ... en particulier parce que je n"y allais plus ... c'est du dehors, le plus loin possible du cinéma, que je parlais encore des films, ceux du passé, ceux du présent ........
.... il y a deux ou trois ans, en refaisant sans trop de conviction un petit film (cinéphiles 3/les ruses de frédéric), je pensais juste à faire le moins mal possible .... modestie? manque d'illusions? comme vous voulez ... ... c'est en voyant ce film terminé que j'ai compris que c'était mieux que ca ... j'en étais très fier, j'en suis encore très fier ... ... modestie ou orgueil, appelez ca comme vous voulez ... .... j'ai juste eu l'impression que quelque chose de vivant (la même chose dont j'étais fier dans mes chroniques de libé), un cinéma modeste et rigolo, était revenu ... orgueil? modestie? à vous de voir ...
pourquoi je suis content de cinéphiles 3 (et dans une moindre mesure du retour des cinéphiles, et de skorecki déménage)
1. les acteurs n'y jouent pas dans la triste tradition pialat/cassavettes ... comment font-ils? à vous de deviner ... sans le préparer, sans le savoir, j'ai travaillé à une nouvelle manière de dire des dialogues ... ... je ne disais pas autre chose dans mes chroniques, je ne cherchais pas autre chose
2. les enfants ne jouent pas comme ailleurs .... ils sont une des vérités inattendues de ces films
3. ni C3 (les ruses de frédéric), ni le retour des cinéphiles, ni skorecki déménage, n'a comme unique sujet -au contraire de 99% des films qui se font en france- le cinéma ... ces trois films montrent des corps parlants, ils les exhibent, ils les trimballent .... disons qu'ils sontà la fois straubiens ... et enfantins
4. je n'ai pas ressenti le besoin de mettre en scène skorecki déménage, raphaël girault l'a fait à ma place ... la réalisation n'est rien, seul le film compte ...
5. j'ai fait ces trois films en deux ans ... je croyais être sans désir de cinéma, je croyais filmer à la vitesse d'un escargot sous anxyolitique, en vérité je n'ai jamais fait autant de films en si peu de temps ... aller vite ou lentement, quelle importance ....
(à suivre)

pierre pinchik chante les dix martyrs


pierre pinchik/eileh ezk'roh (1930) (films d'occasion productions)
c'était le plus grand cantor de tous les temps ... c'est peut-être la plus belle musique du monde ... peut-être, ou sûrement ...

lundi 7 septembre 2009

roy orbison, it's over: première et dernière version, deux jours avant sa mort


1. hollande (1965) ... ..../2. highland heights, ohio (4/12/88)

mardi 1 septembre 2009

qui aime le nouveau papier peint bleu .....

... et qui préfère l'ancien décor à pois blanc et vert pâle?
(merci de répondre ... c'est un petit sondage)

ti frère, le meilleur élixir contre la world culture


ti frère/roseda (deuxième version, films d'occasion productions)

ça y est, dylan chante comme au bon vieux temps: good or bad? bien ou mal?


bob dylan/ballad of a thin man (16 août 2009)

bob dylan/it's not dark yet (16 août 2009)
back to business ... back to old times ... now he does sing and play like in old times ... good thing or bad thing? sometimes this new band does sound like a "blues brothers" outfit playing the old standards ... but it's ok, isn't it?

bob dylan/born in time/frankie lee & judas priest


bob dylan/ born in time, strange electric version, live field recording, feb 1998
bob dylan/frankie lee and judas priest (my all time favourite dylan live song)/cardiff, 23 septembre 2000, le meilleur concert de ces quarante-cinq dernières années

Dylan à 70 ans
(à paraître dans ROLLING STONE)

Il les a presque, le vieux con. L’heure du bilan? Pourquoi pas†? Bob Dylan n’a jamais bien chanté, que ce soit clair entre nous. Il peut Ítre criard et inspirÈ en studio (comme lors des sessions new yorkaises de Highway 61 Revisited, l’ÈtÈ 1965 -je le sais, j’y Ètais), et c’est ‡ peu prËs tout. Il se lasse trop vite de ses propres chansons, ne sachant que les rÈarranger, les triturer, les dÈmolir pour les rendre mÈconnaissables (et souvent inaudibles). On trouve des choses extraordinaires enregistrÈes en concert sur youtube, mais pour une belle chanson, il y en a une centaine d’inÈcoutables. A part quelques concerts fulgurants, droguÈs, sous acide ou hÈroÔne (ou ce que vous voulez, vous avez le choix), donnÈs en 1966 (et le miracle toujours inexplicable de l’annÈe 2000 -une vraie Èpiphanie- o_ il n’a livrÈ en concert que des chefs d’œuvre d’Èquilibre et d’Èmotion), bob dylan chante toujours comme un pied (ou un canard, ou ce que vous voulez). Je l’ai encore vÈrifiÈ en 2003, lors de deux concerts ‡ Hambourg dans une toute petite salle (moins de 1800 personnes chaque soir ‡ tout casser), c’Ètait une horreur, et mÍme ‡ vingt mËtres de lui, avec une sono impeccable, je n’ai presque reconnu aucune chanson.
Tout Áa pour dire que depuis quelques mois, le vieux Dylan m’Èpate de nouveau†: il retrouve le sens de la mÈlodie, chuchotÈe, chantÈe, grommelÈe, lui qui avait perdu depuis des annÈes ce sens de la mÈlodie, la mÈlodie originelle de ses chansons en tout cas, ‡ force de les dÈmembrer, de les dÈtourner, de les massacrer. Quelques chansons live sur you tube tÈmoignent de cette nouvelle Èpiphanie, de cet art retrouvÈ d’inventer sur place, en direct, une Èmotion toute bÍte, faite de notes et de mots. Il gigote mÍme ‡ la guitare de temps en temps comme le clone de Little Richard qu’il Ètait ‡ quinze ans, ses genoux redevenant par miracle pris dans une danse de saint gui guillerette, Èpileptique, communicative et nerveuse. Regardez le chanter sur youtube il y a un mois _ (le 2 juillet exactement) l’une des nouvelles chansons de son dernier disque, la sublime This Dream of You (http://www.youtube.com/watch?v=VVhWDvgAjjo), il y a deux versions du mÍme concert, prÈfÈrez celle l‡, postÈe par expecting34, l’image est rudimentaire mais le son est remarquable pour une fois, presque un son de studio), Áa vous donnera une idÈe. Je suis s°r que son disque de chansons de NoÎl, dont se moquent ‡ l’avance les puristes, sera une merveille cristalline et mercuriale. Les AmÈricains sont trËs forts sur les chansons avec rennes, hotte remplie de cadeau, neige Ètincelante, ferveur familiale. Ils ont un sens de l’Èquilibre et du bonheur, eux. AprËs tout, c’est le grand Irving Berlin, l’analphabËte ‡ l’accent yiddish du shtetl, qui a Ècrit en 1940 White Christmas, la chanson la plus vendue des tous les temps. Ecoutez les versions de Sinatra, Presley ou Bing Crosby si vous ne me croyez pas. Et celles de Presley, des Drifters, de Charlie Parker, ou mÍme de Tony Bennett. C’est une sacrÈe belle chanson, si vous voulez mon avis. Vous ne le voulez pas†? Trop tard, vous l’avez.

dimanche 30 août 2009



skorecki déménage (willem/skorecki/billy lee riley)

samedi 29 août 2009


sweet young bob dylan/bob dylan à 30 ans (new morning, 1970)

vendredi 28 août 2009

un jour par semaine, l'envie de refaire un film me prend ...

.. ce serait une sorte de suite ludique, moulletienne et enfantine, à "skorecki déménage" ... j'ai déjà le titre: "skorecki devient producteur" ... le problème, c'est que les six autres jours de la semaine, le désir de m'y mettre s'est fait la paire ... je sais que c'est ça le sujet du film, son burlesque intime, mais ça ne change rien à l'affaire: pourquoi filmer?  pour qui? ... un demi-siècle après ça, pourquoi un film de plus?

bob dylan/young but daily growing (1961, the minesotta tapes, so young he was, si jeune il était, une vieille chanson anglo-irlandaise, et hop....)

renée, la chanson perdue de charlie rich, son chef d'oeuvre inédit (1967, hi records/films d'occasion)


après "renée"chanté desafinado par charlie rich, qu'est-ce qu'on peut bien mettre ... à part chet baker chantant sur une seule dent pour l'éternité?

chet baker/time after time (1964, belgique)
... or the one and only frank sinatra

frank sinatra/i'll be seeing you (1961/films d'occasion productions)

dylan sous lithium: la meilleure interprétation d'une de ses chansons ( just like tom thumb's blues)


the handsome family/just like tom thumb's blues (films d'occasion prod)
pour la seule fois qu'une interprétation de dylan ne le singe pas trop, on ne va pas la rater
BONUS: the handsome family, live

the handsome family/the forgotten lake (live, 2009)

vendredi 21 août 2009

et si "i don't believe you" était la seule chanson de dylan qu'il n'ait jamais réussi à massacrer?

il y a au moins trois chansons sublimes de ce disque méconnu, another side of bob dylan, avec  lesquelles on peut constater qu'il ne réussit jamais complètement à les défigurer tant elles lui sont intimement liées, it ain't me babe, my back pages ... et cet égocentré cynique magnifique, i don't believe you ... je me promet de refaire très vite cet exercice d'admiration avec l'une de mes chansons préférées, hypnotique et intime, my back pages

i don't believe you (she just acts like we never have met)/ 3 mai 2009 (edinburgh)/6 mai 2009 (dublin)


i don't believe you (she just acts like we never have met)/31 mars 1995, brixton

i don't believe you (she just acts like we never have met)/sessions produced in 1970 by bob johnston, with george harrison on guitar

i don't believe you (she just acts like we never have met), 1966 (eat the document)/ 1966, sydney, australie/films d'occasion prod)

i don't believe you (she just acts like we never have met)/1964 original studio take (from "another side of bob dylan")  /live, 1964

from joe falcon and harry choates to bob dylan: eighty years of influences, mixed and confused


joe falcon & cleoma breaux/ossen one step (1929) (films d'occasion production)

harry choates/the right key (but the wrong keyhole)/1947

bob dylan/my wife's hometown (together through life, 2009)

LAKE TAHOE, le 16 août 2009, pour l'anniversaire de la mort d'ELVIS, le 16 août 1977


bob dylan/heartbreak hotel, monter le son au maximum, he's still wild
huit jours plus tôt, il chantait presque comme avant ...

bob dylan/a hard rain's-a-gonna fall (louisville, kentucky, 7 août 2009)

from floyd tillman to willie nelson: naissance d'un style cool, jazzy, minimaliste, ouaté, décalé


floyd tillman/i'll never slip around again (1949) (films d'occasion productions)

willie nelson/are you sure (1963) (films d'occasion productions)
BONUS: floyd tillman/live (slippin' around, hank garland on guitar)

il y a fort à parier que ses airs de fernandel rigolard n'ont pas contribué à faire du géniequ'était floyd tillman ("l'égal de hank williams et de lefty frizzel", disait colin escott), la star country qu'il aurait dû être (d'autres se sont chargés de faire de ses chansons des ventes à millions)

harry nilsson, gordon jenkins/le grand retour de la ballade


nilsson/jenkins/i'm always chasing rainbows/i wonder who's kissing her now/what'll i do (BBC, 1973, ré-enregistrement simulé de "a little schmilsson in the night")
la pureté absolue du crooning ultime, la délicatesse d'une caresse, mieux que sinatra et johnny hartman réunis

deux autres pièces précieuses des frères dagar


le dhrupad du raga malkosh (1955)/le dhamar du raga todi (1957)

Quand dylan faisait le prêcheur, c'était du black heavy gospel, et ça swinguait bien quand même ...


bob dylan's sermon (when you're gonna wake up?)/1979

un adagio (alap) très lent des dagar brothers (1960)


attention: ralentir
pour le profane, celui qui ne connaît rien au style dhrupad, le plus ancien de la musique classique hindoustani, c'est très lent, très monotone ... certains ont cru entendre un frigo ou un aspirateur ... c'est en fait l'une des plus belles choses au monde, elle se mérite évidemment (films d'occasion prod)


dagar brothers/khyal (rythme plus rapide, 1960)/ces deux extraits ont été enregistrés par alain daniélou 

vendredi 14 août 2009

bob dylan, voix de fille: un superbe inédit de 1987, inattendu


bob dylan/just when i needed you most (sunset sound, hollywood, 1987)/version originale de randy van warmer (top of the pops/1979)
BONUS GORDON LIGHTFOOT/im not supposed to care

bob dylan/i'm not supposed to care 1 & 2 (gordon lightfoot)/1998

le plus grand ténor mexicain, pedro vargas, avec ses girls, et dans la version la plus lente qui soit de nature boy


pedro vargas/pecado

pedro vargas/yo vivo asi (nature boy, 1947) (films d'occasion production)
BONUS/nat king cole sings "nature boy"

le temps presse: bob dylan/high water everywhere/for charley patton (niagara falls, 2001)


BONUS 1976/visions of johanna (rolling thunder review)

vendredi 7 août 2009

1966 best electric version of "ballad of a thin man": une version speed, droguée, cocaïnée, héroïnée, sublime


BONUS 2001/thirty five years later, the man still croons like hell

bob dylan/to ramona (liverpool, 12 juillet 2007)

josé antonio mendez, le grand crooner cubain/no me hables de amor/si me comprendierias


no me hables de amor/1955 (films d'occasion prod)

si me comprendieras (1967)

sam cooke, best black voice ever ...after rh harris


nothing can change this love (rare live version)

nothing can change this love (rare doo wop version)

l'une des plus belles chansons de dylan, 4th time around, dans deux versions sublimes (2000)


5 octobre 2000, londres

toujours 2000, le son est moins bon, les images sont belles
BONUS 2001/4th time around, encore

liverpool, 12 juillet 2001
(voir aussi sur youtube la plus belle version, celle de 1966 à melbourne, réalisée par "les films d'occasion")

frank sinatra and the hi lo's, de retour parmi nous


the hi lo's plus one/i'll never smile again (skip the jokes, c'est très court, ça commence à 1.20)

si vous avez un commentaire, une émotion à transmettre, même vague, ce serait délicieux: je n'attend rien moins de vous

la musique se passe de mots, je le sais, mais après trois ans de quasi-silence (sur youtube, on commente des quatre coins du monde toutes les musiques que je vidéo-bricole), j'ai de plus en plus de mal à supporter de ne pas en recevoir, des mots, d'ignorer même qui passe, qui écoute, qui ressent ... je ne vais pas à la pêche aux voix, je ne blogue pas pour ça ...encore que ...

last rocking version of highway 61 in duluth, de retour chez lui, dylan est transfiguré ...il ressemble à harpo marx déguisé en savant fou ...


bob dylan/highway 61 revisited (duluth, minnesotta, 7.3.1999)
BONUS DULUTH 99:  dylan a 58 ans, il en paraît dix de plus avec sa tête de vieux bogart déguisé en  garfunkel ... mais la musique ....


1. stuck inside of mobile (with the memphis blues again)
2. blowin' in the wind/ 3. make you feel my love
4. a rocking version of buddy holly's "not fade away"
5. tangled up in blue/6. trying to get to heaven

dylan est un chanteur pour filles ... la preuve, le 21 juillet 2009, à la guitare, à rhode island, avec i'll be your baby tonight


dylan est devenu un maître dans ce seul exercice qu'il accomplit encore parfaitement dans ses trois derniers disques: la chanson douce, la ballade sentimentale, l'amour désuet, l'art archaïque de la chanson des années 20 ... i'll be your baby tonight étant l'une des matrices de ses nouvelles compositions, he's fabulous at it (il est encore meilleur, check youtube, dans sa version du 1er juillet 2009 de cette chanson nashvillienne, but image is awful, so i used this version ...)

une belle version alanguie de "mississippi" (10/02/2002, charlotte, north carolina)

mardi 28 juillet 2009

a rare demo of sam cooke, l'élève de r h harris


sam cooke/you send me (demo)

si bob dylan dit que les choses ont changé, ça doit être vrai, non?


things have changed, enregistré le 11 juillet 2009, diffusé le 19 (en hommage à michael douglas)... as good as ever ...better than ever ...

sans cette voix là, celle de rh harris, il n'y aurait ni sam cooke, ni al green, ni prince, ni michael jackson .... man il love this man


r h harris & the soul stirrers/walk around (1939)

r h harris & the soul stirrers/shine on me/today (1950)

mardi 21 juillet 2009

des nouvelles de SKORECKI DEMENAGE .... .... ...

le film est passé à marseille le 13 juillet, il y avait du monde, je crois qu'il a plu à ceux qui l'ont vu ... je me rappelle de réactions élogieuses ou chaleureuses de françoise lebrun, d'emmanuel burdeau, de deux gentils garçons tout juste virés des cahiers, et de quuelques signes d'affection et d'appréciation laissés par annick peigné giuly, chantal poupaud, jacky raynal, dominique païni et catherine bizern, la jeune femme qui s'occupe des rencontres de belfort, qui m'écrit avoir pleuré au film ... du coup, belfort prépare une intégrale skorecki pour la fin de l'année ...
le plus agréable n'était pas du côté ses compliments de cinéma (païni me comparant à stewart granger dans moonfleet, et assimilant du coup le petit louis au petit mohune -la leçon a été profitable, monsieur- ou françoise lebrun me mettant sur le même plan que clint eastwood), non, ce sont les silences intelligents et complices des grands muets qui m'ont fait chaud au coeur, d'autant que je n'attendais rien de ce festival documentaire où on m'avait relégué hors compétition ...
je n'ai rien dit ici de raphael girault, le réalisateur de ce film (j'étais plutôt producteur, à l'américaine, avec final cut et tout), il était invité aussi et a eu l'air de s'amuser .... moi j'ai regardé les marseillais en ville et la télé à l'hôtel(à suivre)

dimanche 28 juin 2009

bob dylan in real close up (12 avril 2009)


bob dylan/most likely you'll go your way (and i'll go mine) (amsterdam, 2009)

on n'est jamais déçu au paradis: trois versions à souhaiter mourir au plus vite


no disappointment in heaven/bob wills (1936)/tommy duncan, vocals

no disappointment in heaven/blue sky boys (1937)
BONUS: old bob wills singing

no disappointment in heaven/bob wills (1964)/bob wills, vocals

dylan 1965 bricolé/remixé par un musicien indien


bob dylan/rocks and gravel (outtake des freewheelin' bob dylan sessions), bricolé par Jahbil http://thesixtyone.com/jbill, patankhot en inde

the ballad of bobby bob and nino nino (remix)


the house of the rising sun/la maison d'orient
et si toutes ces psalmodies qui ont défiguré les plus belles mélodies de dylan pendant des années n'étaient que la face visible du mirage arabo andalou, dans sa version flamenco la plus destroy, là où les cantillations du hazzan rivalisent en stridence avec les chevrotements monotones du muezzin?   (A Suivre)

dimanche 21 juin 2009

quelques secondes parmi les plus précieuses de l'histoire de la musique (et du cinéma)


emmett miller est à droite, évidemment

leon redbone/.emmett miller/les racines de bob dylan, les vraies

two sweet versions of "all i have to do is dream"


bob dylan (with carl perkins, 1969)
everly brothers (1961/with cathy's clown)

the day bob dylan dreamed of just like a woman, here's what it may have sounded like ......


bob dylan/just like a woman (date unknown)

" invraisemblable ou pas, crois-moi, c'est la vérité -et il n'y en a pas deux ..."