a short students' film about bert williams, the great negro acting as black minstrel as early as 1901 (his first records) ... just a pity the soundrack's invaded by contemporary rap music, until the very end when you can actually hear bert williams' charming and strangely dated way of singing ... what if this blackface was bing crosby's real music master?
lovesick blues/both versions, emmett miller's original (june, 12, 1928), and hank williams' one, twenty years later (1949) ...please judge and compare ...
watch for emmett miller's yodel at 0.42 ...(yes sir, mr bones, 1951)
just routine, you know, old vaudeville stuff ... but what a routine, man ... (1951)
shine/louis armstrong's fabulous minstrel vaudeville version, with young louis simultaneously playing the role of black man and of transvestite (from the film a rhapsody in blue, 1932)
sammy davis, aged 6 (1931 vaudeville at its best)
bob dylan acting as the only WHITE minstrel ever (tangled up in blue, from renaldo and clara, 1975)/a late vaudeville/minstrel version of mississippi sheik's blood in my eyes for you (1993)/and another splendid performance in WHITE MINSTREL make up (never let me go, from renaldo and clara, 1975)
... c'est une histoire qui remonte à l'aube des temps ... le visage d'enfant de jane bowles, son visage d'ange blessé, claudiquant à travers des amours impossibles et des vies risquées, de vrais personnages, toujours tenus à bonne distance ... .... une littérature totale et minimale, aristocratique, américaine, juive, passionnée, idéale ... avec la musique de paul sous leur deux visages androgynes ...
j'écrivais il y a dix ans que la cinéphilisation frénétique de la vie avait commencé le 11 septembre 2001, avec le besoin de se passer et de se repasser en boucle, par une sinistre addiction instantanée, les images des tours en feu .... avec dsk, la même addiction aux images télé se reproduit, comme un sinistre feuilleton répétitif .... ce n'est pas le réel qui envahit la vie (comme on le croit un peu partout, à cannes ou ailleurs) mais bien la télévision et la cinéphilie de la vie qui brouillent une fois pour toutes le réel ....
l'invraisemblable vérité/beyond a reasonnable doubt (fritz lang, 1956)
shine/bing crosby & the mills brothers (1931) shine/louis armstrong's fabulous minstrel vaudeville version, simultaneously playing the role of black man and of transvestite (from the film a rhapsody in blue, 1932)
shine/freddy taylor singing with django reinhardt & stéphane grapelly (1936)/joe brown's great cockney vaudeville version (1961)
louis armstrong estle premier à donner à cette chanson anti-raciste (composée en 1910) des airs ouvertements ambigüs .... he's one of the best examples of BLACK MINSTREL VAUDEVILLE PARODY (at the same time a blackminstrel and a transgenre queen) ... .... .... ... .... .... C'EST QUOI UN BLACK MINSTREL? voyez ces images sublimes d'évidence sensuelle et théorique à la fois, où le très jeune armstrong joue au BLACK MINSTREL et au TRAVESTI: no use quoting nick tosches or jacques lacan, all is here: this is black minstrelsy in itself, as well as "travestissement" and queer theory... (joe brown représente ici la tradition anglaise du music hall cockney, vaudevillesque, pré punk)
law and order/new york, unité spéciale, starring jayne mansfield's daughter,mariska hargitay every monday around 10.30 pm, DSK guests on new york unité spéciale, starring jayne mansfield's daughter, mariska hargitay (father was tarzan, she's been raped when she was small, that's why she's so hard on rapists) ... if you think it's an hallucination, you may be right .... or you may be dickwolfing, or cinephilizing again ....
way of a gaucho (gene tierney/jacques tourneur, 1952)
sunny goodge street/oh deed i do/catch the wind/three of donovan's most fragile, almost forgotten, early songs (oh, deed i do was written by bert jansch)
forgetful(a lovely song by john handy, who wrote it in the boyd raeburn big band days, where david allyn sort of got his start ... someday, i may post the early boyd raeburn/david allyn version)/greatest baritone ever/rarest of subtle jazz singers
"dylan envoie toujours une place VIP pour izzy young... dylan sait qu’il est là ... dans la salle ... attentif ... à stockholm il donnera toujours un peu plus que les autres soirs ... à cause de la présence d’izzy ... il ne peut pas être médiocre à stockholm ... comme de jouer devant son père ..."
every monday around 10.30 pm, DSK guests on new york unité spéciale, starring jayne mansfield's daughter, mariska hargitay (father was tarzan, she's been raped when she was small, that's why she's so hard on rapists) ... if you think it's an hallucination, you may be right .... or you may be dickwolfing, or cinephilizing again .... law and order/new york, unité spéciale, starring jayne mansfield's daughter,mariska hargitay
Dans le système judiciaire, les crimes sexuels sont considérés comme particulièrement monstrueux. A New York, les inspecteurs qui enquêtent sur ces crimes sont membres d'une unité d'élite, appelée Unité Spéciale pour les Victimes. Voici leurs histoires...
it's only a paper moon/composed by harold arlen, written by e. y. harburg (and billy rose) in 1932 .... originally recorded by the fabulous cliff edwards (ukulele ike) in 1933, and by the nat king cole trio on january 17, 1944 ...
"quand j'ai vu dsk à la télévision devant le juge, humilié, à la dérive, je me suis dit: "ça, c'est une leçon de cinéma." ..... la vie est plus forte que la fiction ..." alain cavalier, le figaro, 19 mai 2011 .... ..... preuve qu'on peut être le plus intelligent, le plus fin des cinéastes, et se tromper sur le rapport du réel au cinéma .... dsk à la télé, c'est la preuve que c'est au contraire la fiction qui est plus forte que la vie .... ..... et qu'elle ne fait que signer depuis la destruction des twin towers il y a dix ans, le retour d'une cinéphilie aberrante, compulsive, addictive .... on veut voir et revoir l'homme humilié, les centrales nucléaires explosées, les tours en feu, perdre tout sens du réel, s'abimer une bonne fois pour toutes dans l'aveuglement cinéphile des images ... personne n'échappe à la cinéphilisation du réel, personne .... ..... il faudrait être un saint (ou un aveugle) pour y échapper.... personne ne peut se passer de la drogue répétitive du réel lyophilisé, de ses boucles hypnotiques, de la lyophilisation cinéphile des images télé .... la fiction est un cauchemar dont on ne se réveille pas .... dis-moi que je rêve, maman, dis-moi que je rêve ....
il est bien évident que l'idée de société du spectacle, aussi simpliste soit-elle, est maintenant dans le domaine public ... .... celle de cinéphilisation du monde, que je réintroduis ici, dix ans après sa première apparition, est-elle si abstraite que personne ne trouve à y objecter ou à y redire? .... ou mes neurones, à l'approche dylanienne de mes 70 ans, sont-ils singulièrement explosés?
(ou suffit-il de répéter une dernière fois à la face du monde la prophétie de mac luhan, datée 1964: the medium is the message/le message, c'est le medium?) ".....en réalité et en pratique, le vrai message, c'est le médium lui-même, c'est-à-dire, tout simplement, que les effets d'un médium sur l'individu ou sur la société dépendent du changement d'échelle que produit chaque nouvelle technologie, chaque prolongement de nous-mêmes, dans notre vie. marshall mc luhan
comme chaque année je me saoule d'images cannoises sur toutes les chaînes télé .... à quoi ça me sert, direz-vous, moi qui ai le cinéma en horreur? à rien ... à souffrir ... à m'éloigner encore plus de ce cinéma dont je suis déjà si loin ... à réfléchir dans la douleur? deux ou trois remarques pour 2011: aucun film ne m'intéresse, ils ont pour seule habileté d'être plus intelligents -pas difficile- que ceux qui écrivent sur eux ... depuis 20 ans qu'ils s'y préparent, les cinéastes savent enfin parler 1000 fois mieux de leurs films que les critiques ... les films sont livrés avec leur mode d'emploi ... plus de place pour le spectateur, plus de place pour le rêve, plus de place pour le cinéma ....
toute émotion m'a toujours été familière ....en même temps, toute émotion m'est suspecte .... pourquoi faire se rencontrer l'enfant aux cheveux verts, un losey brechtien de 1948, et le dégoût grandissant devant cette télévision/dsk que je ne peux pas me résoudre à ne pas regarder? ... disons que c'est ma cinéphilie à moi qui tourne en boucle, nauséabonde et fiévreuse ... ou quelque chose comme ça...
"you must be kidding, man .... that's the most depressing thing i've ever heard ..."
After a concert in March 1966, on board a private plane in Lincoln, Nebraska, bound for Denver, the singer told critic Robert Shelton: "I kicked a heroin habit in New York City. I got very, very strung out for a while, I mean really, very strung out. And I kicked the habit." It has long been conjectured that Dylan suffered from a drug problem in the mid-60s, but the rumours have never previously been substantiated. "Death to me is nothing as long as I can die fast," he told Shelton. "Many times I've known I could have been able to die fast, and I could have easily gone over and done it. "I'll admit to having this suicidal thing ... but I came through this time." GUARDIAN, may 23, 2011
j'ai lu ce qu'eric neuhoff a écrit sur les dardenne dans le figaro d'aujourd'hui, je n'avais pas mangé, j'ai pourtant tout vomi ... je l'avais vu au club avec beigbeder, il ressemble de plus en plus à un mussolini qui aurait perdu toute sa graisse ... même maigre, ce petit fasciste de salon n'exprime que la haine et le mépris ... je l'aimais mieux quand il travaillait au figaro madame ... ça lui allait tellement bien ...
bukka white laughs and sings his old rap/blues, howlin' wolf encourages him, alan lomax films the whole thing in a fake juke joint around newport ... (1966)
molly picon (מאָלי פּיקאָן; february 28, 1898 – april 6, 1992) was the most famous yiddish speaking actress ... on a very old photograph, taken before i was born, my mother looks somewhat like her ... on an even older photograph my father looks like gary cooper in a fritz lang thriller ... what a couple that would be: molly picon and gary cooper, speaking and kissing in yiddish ...
Quel rapport entre Isaac Bashevis Singer et Bob Dylan? Le premier a eu le prix Nobel, le second a failli l’avoir, c’est ça ? Ah non, pas du tout. C’est plus simple et plus tordu à la fois. Disons qu’ils occupent ma tête à plein temps, et en même temps. Il n’y a de place pour rien d’autre. Je lis et relis les nouvelles de Singer, surtout celles qui se passent au lendemain de la guerre dans les cafeterias des quartiers juifs de New York, où on ne parle que le yiddish, un invraisemblable yiddish mélangé de polonais et d’américain; en même temps, je ne cesse d’écouter et de réécouter les fabuleux concerts piratés de Dylan, surtout ceux de l’année 2000, merveilles inaccessibles dont la seule clé d’entrée sur youtube s’appelle aujourd’hui hollis1960 (dépechez vous d’aller y voir avant que le web sheriff de Sony/youtube en interdise l’accès, ce qui ne saurait tarder …). Pour le moment, il m’est impossible de penser à Dylan sans penser à Singer, ou de lire Singer sans entendre l’impossible voix nasale de Dylan. Savoir que Dylan est né juif dans un patelin perdu des montagnes du Minnesota ne me sert pas à grand chose. Outre qu’il n’a pas eu d’éducation religieuse, il s’est publiquement converti au christianisme, et a même été chanter pour le pape, ce qui ferait ricaner Isaac Singer, qui se moque souvent dans ses textes des juifs polonais convertis, mais ni l’époque, ni le pays (la Pologne sous les nazis) n’ont grand chose à voir avec l’Amérique d’aujourd’hui. Je pourrais ne pas finir mon histoire et me contenter de penser qu’ils m’occupent la tête en même temps, un point c’est tout. Mais ce n’est pas suffisant pour l’obsessionnel que je suis. Il doit bien y avoir autre chose. En lisant encore, en écoutant davantage, je crois que j’ai trouvé : dans la musique des mots d’Isaac Bashevis Singer, dans celle du converti Dylan, quelque chose d’identique passe quand même. Pour Singer, c’est évident, c’est la mixture du yiddish et de l’anglais qui a une magie simple et pittoresque à la fois, un truc que n’importe qui peut comprendre. A écouter le Dylan de 2000, surtout celui du concert du 25 septembre à Portsmouth, on est bien obligé de constater que ce sont des larmes juives qui sortent de sa bouche. Des hoquets, des gémissements, des frémissements. Allez directement écouter sa version de Frankie Lee and Judas Priest de Portsmouth, on dirait qu’un diable, un lutin (un dibbuk, dans la langue de Singer) a pris possession de son corps.
frankie lee and judas priest(portsmouth, 25 septembre 2000)
PS. Si ces histoires juives un peu tarabiscotées vous passent par dessus la tête, et si vous préférez les histoires de crooners, de vrais crooners, procurez vous au plus vite New in Town/Glad to be There (GAMBIT/distribution Socadisc), qui réunit en un seul cd les deux somptueux albums qu’Ed Townsend a enregistré en 1960 avec l’un des meilleurs arrangeurs de Sinatra, Nelson Riddle. Tout y est, cordes, volupté, économie, standards susurrés …. Sans oublier l’essentiel: une voix à faire chavirer les filles, ou les garçons qui n’ont pas perdu leur cœur de fille. Un détail, qui compte : Ed Townsend était noir.
ten years before he died, here's what isaac singer had to say: "at its best, art can be nothing more than a means of forgetting the human disaster for a while ...
i am still working hard to make this "while" worthwile" ( july 6, 1981)
isaac bashevis singer venait de la même voïvodie, la même province de pologne que celle de mes parents, nés à peu près en même temps que lui (mais morts beaucoup plus tôt) ... le plus important, c'est qu'ils parlaient le même yiddish, ils le parlaient avec le même accent ... je me dis que zelig et czarna devaient avoir les mêmes souvenirs que lui ... mêmes souvenirs, mêmes histoires, mêmes odeurs, même yiddish ... je me souviens que la machine à coudre de mon père, à paris, était une singer ... ce petit bonhomme là parle pour eux, qui ont si peu parlé ...
(je me lasse pas de voir et de revoir ce petit film, d'écouter l'accent rusé, criard, fatigué, d'isaac singer, et je ris à chaque fois tout haut de ses réponses aux journalistes, des réponses qui rendraient les plus savoureux dialogues de woody allen d'une lourdeur de béton armé)
house of gold .... a great hank willams religious song, two lovely and very different versions: bob dylan's rare 1989 interpretation, and the secret sisters' recent one
A FEW DAYS AGO IN CHINA/a simple twist of fate/ just a song and dance man, as a friend just said, still under heavy emmett miller's vaudeville influence ...
same song, same time (around 1966/1986), different bentonia styles: jack owens on record (with bud spires on harmonica), skip james on film (alan lomax, staging a fake juke joint looking as real as a real one) ... who do you love?
les toutes dernières images du tout dernier film de mizoguchi, la rue de la honte (1956) .... son film suivant devait commencer par un cercueil, suivi d'un flashback
... if he had become a cantor, a great hazan ... like david roitman (1884 - 1943), who died the very year i was born, and who remains my very favourite cantor along with pinchik and berele chagy (and one of the oldest to have left vinyl traces -his best recordings date from before world war one) ....
... then i imagine my father might have sounded like that ...
james & bobby purify sang i'm your puppet first in the early sixties/dan penn had composed it, among other great soul standards: dark end of the street, do right woman, cry like a baby ...... here's the original black soul version of i'm your puppet ... along with the original dan penn (and spooner oldham) white country standard (or demo) it came from ...
i'm your puppet/james & bobby purify/dan penn with spooner oldham on keyboard
best baritone ever? .... .... better than johnny hartman, billy eckstine, brook benton? i think so ... what a deep honey voice, man ...
since i fell for you/buddy and ella johnson (1947) ... i just post this forgotten sweet masterpiece by the fascinating miss ella johnson and her brother buddy, to remind listeners that arthur prysock started in buddy johnson's band in 1944 ...
mon père aimait les chanteuses, il les écoutait à la radio en travaillant, toute la journée … sa préférée-«voix d’ange », disait-il-c’était frida boccara … j’ai été jusqu’à acheter récemment un 30 cm d’elle pour voir si c’était vrai, je n’y ai rien trouvé d’angélique … voix d’ange, pour moi, ça s’appliquerait plutôt à robert wyatt ou billie holiday, le couple mixte du septième ciel de mon paradis perso … pas celui de mon père, apparemment … il s’appelait zelig, ma mère c’était czarna, et l’un de mes grand pères s’appelait aaron … il devait aider quelque prophète perdu à ne pas bégayer en public, pas trop en tout cas … pourquoi je raconte tout ça aujourd’hui, moi qui ne parle jamais de ma famille, ni de ceux que j’ai connus (mon père, ma mère, ma sœur, ma cousine tsella de new york, et sa vieille mère que j’ai croisée à paris, venant de pologne-c’ était la sœur aînée de ma mère-sur le chemin de l’Amérique où elle mourra deux ou trois semaines plus tard), ni de ceux que j’appelle les fantômes de la famille,une bonne centaine de personnes dont je ne connaîtrais jamais ni les noms, ni les visages …. ?
Mon père chantait à la synagogue, c’est l’une de très rares choses qu’il m’ait dit de lui … il est mort en 1970, j’ai dû écouter pour la première fois les chants sublimes d’un vrai cantor, yossele rosenblatt, je crois, à new york, en 1962 ou 63 … j'ai ramené le coffret noir de rosenblatt à paris, mon père a écouté ça sans dire un mot, le disque grattait pas mal, il n’avait pas l’habitude …je crois qu’il préférait frida boccara ...
the jazz singer/al jolson écoute yossele rosenblatt chanter (1927)
je devais avoir quinze ans quand c'est arrivé ... c'était une fin d'après midi, mon père était à la machine, il était tailleur pour dames, tailleur à domicile comme on disait ... dans ces années là, si je me souviens bien, sa chanteuse favorite, celle qu'il écoutait tout le temps, dès qu'il en avait l'occasion, c'est à dire dès qu'elle passait à la radio, c'était frida boccara ... il ne parlait pas plus que d'habitude ce jour-là, c'est à dire qu'il ne parlait pas ... ma mère était partie acheter du pain, ou livrer les vêtements à la silhouette parisienne, dans le neuvième arrondissement ... j'ai dû dire un truc qui ne lui a pas pas plu, à zelig ... quoi? aucune importance ... les ciseaux sont partis en une fraction de seconde ... ils ont traversé la pièce en sifflant ... j'ai juste eu le temps de me baisser, je les ai senti me frôler le haut de la tête ... c'était moins une ... heureusement que j'avais les cheveux longs à l'époque, plus longs en tout cas qu'il n'étaient permis... est-ce que frida boccara chantait à la radio cet après-midi là? .... peu probable ... elle n'était pas très connue à l'époque ....
en 1958, c'était plutôt l'heure d'andré claveau, un chanteur gominé qui concourait à l'eurovision avec dors mon amour, et pour lequel le jeune skorecki, j'ai un peu honte de l'avouer, avait des penchants androgynes ...
... on enterrait ma mère au cimetière juif de pantin .... il n'y avait pas grand monde, mes souvenirs sont un peu flous ... il devait y avoir jacqueline kremski, la meilleure amie de maman, qu'elle considérait comme sa deuxième mère ... ... je ne reconnaissais presque personne, mais je me doutais qu'il y avait des vieux amis de ma mère ... j'entendais ici et là des bribes d'accent yiddish, et j'imaginais les numéros infamants d'auschwitz tatoués sur les bras, sous les chemises amidonnées ... je n'osais dire bonjour à personne de peur d'avoir oublié les noms ... il y avait surtout cette petite dame, celle là je ne l'oublierai jamais ... elle vendait du fil à coudre et faisait des retouches dans sa petite boutique, en bas de la rue tlemcen ... elle était toute frêle, toute petite, exactement comme maman ... j'ai serré la main de ma soeur, elle a serré la mienne, on devait pleurer de drôles de larmes à peine humides ... saleté de dignité, quand tu nous tiens ... .... des années plus tard, je suis retourné à pantin, j'ai eu un mal fou à retrouver où mes parents étaient enterrés .... je m'étais juré de faire réciter la prière des morts, le kaddish, sur leur tombe ... je ne l'ai jamais fait ... un jour peut-être ....
... je devais avoir 25 ans, elle ne m'avait jamais vu avec une fille, je pense qu'elle croyait que j'étais pédé ... c'était aux 3/4 faux, disons que ce n'était pas le plus important ... elle a tout mal fait: présentation de la mère, du père, de la fille .... deux ou trois ans plus tard, j'ai vu le marieur américain d'edgar g. ulmer, ce film drôle et déchirant qui parlait yiddisch comme mes parents entre eux .... moi, je n'ai jamais parlé yiddisch, pour ma mère j'étais juste bon à devenir un schnorrer, un va-nu-pieds ... mais quand j'ai vu le film d'ulmer, tout d'un coup mon yiddisch m'est revenu ...
edgar g ulmer/le marieur américain (1940), un film américain en yiddish
... que les chanteuses, c'est la seule chose dont je me souviens de lui avec certitude ... moi, je n'aime que les voix d'hommes ... pas n'importe lesquelles, attention ... seules celles qui muent imperceptiblement me tirent les larmes ... vers quoi muent-elles, ces voix? ainsi du cantor berele chagy: est-ce sa part féminine qui m'émeut, ou cette angélique propension à se rapprocher imperceptiblement de dieu?
... je ne savais pas que trois ans après ces images raresd'un jeune elvis en pleine grâce féline, j'allais le rencontrer, lui parler longuement, le voir de près ...
... .... in a strange artist community, the exploding galaxy, built around kinetic artist david medalla ... it was a high house, located way up north of the city, at 99 balls pond road. ... if i remember well, last time i was there was late 1968, just before i left for india ... must have been around this time i went to small clubs to hear groups i loved, the soft machine (jimi hendrix, completely stoned and spaced, played approximative bass with them once), my favourite group at the time, the move ... .... and of course syd barrett's pink floyd, complete with light show, that i saw more than once, totally in love with syd's songs, syd's ways, syd's voice ... and his ever so strange resemblance with young robert taylor in george cukor's camille, in front of greta garbo ...
. ... ... i was not the only french long haired weirdo to live there ... approximate dandy patrick deval was there with his girl friend, eve ridoux (i don't think his other girl, jackie raynal, was there) .... if my memory serves me well, neo-hindu freak christian ledoux also used to come and go .... music, incense, drugs ... i didn't take any at the time, which may explain the slight distance i had to others who did, and the faint memories i have of this distant past ... ah, yes, i almost forgot: laura must have been there too (i had used her in my first film, les pieds dans les nuages, in 1966), she may even have been the one who dragged me there initially, medalla being a marcel duchamp freak, and knowing laura was quite close to duchamp herself .... there was an elegant gay hippie she adored, with lawrence of arabia looks, called jeffrey ... i think he's dead now ...
the original cohens (ada jones and len spencer)/a vaudeville routine from 1905, something between jewish parody and chaplin himself ... yiddish minstrels?
johnnie ray entered the studio in october 1951 and recorded cry with the four lads ... in doing so, he inventend white rock and roll three or four years before elvis ... he was gay and partly deaf ... which means he didn't hear precisely what he sang
elvis presley entered the recording booth for the first time in 1953, he recorded two songs, this one, my happiness, specifically for his beloved mother ...
now wh'o's rocking here? elvis in 1953? or johnnie ray two years before?
cantor mordechai hershmann/witness the fabulous change in his voice at 3.46, and then again at 6. .... try to imagine how he manages to reach some unknown kind of falsetto without any visible effort ...
can you believe that? ... .... crazy sensual/spiritual stuff ... something like i shall be released mixed up with lay lay lady lay .... how is it possible not to love it?
i shall be released/providence, rhode island, 1997
absolutely sweet marie, ravin' and swayin' and rockin' rare song from blonde on blonde ... philadalphia, august 1997
i'm trying to figure out which voices, back or white, are closest to heaven ... men acting as women, whites disguised as blacks, spiritual singers closing their eyes on the world ... here's the first one of them, the one and only emmett miller, inventor of the freakiest yodel ever ...
travesti racial ou travesti sexuel...ou les deux à la fois ... et si c'était une seule et même chose ... devenir noir, devenir femme, devenir étrange ...
.... heard blowin' in the wind, he said black people should have a song like this ... so he wrote a change is gonna come ... the strange feeling when i hear both versions is that even if i damn know bob dylan is singing sam cooke's words and music, i can't help but think it's the opposite ... and that sam cooke is singing a dylan song ... what if he was?
is you or is you ain't my baby?/louis jordan (1944) ... ... .... all that jazz happened before anything (bill haley, elvis, carl perkins) happened ... anything white, i mean ... there was a time for a black paradise, a black garden of eden ...or so it seems ...